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Libreville accueille la 5e conférence NewSpace Africa

A satellite glides over Earth showcasing dramatic cloud formations and the vast expanse of space.

Photo : SpaceX / Pexels

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La capitale gabonaise sert de cadre, du 20 au 22 avril 2026, à la cinquième édition de la conférence NewSpace Africa, rendez-vous continental qui rassemble agences spatiales, opérateurs privés et représentants institutionnels autour des usages civils et commerciaux du spatial. Dans son allocution d’ouverture, Cécile Abadie, ambassadrice de l’Union européenne (UE) au Gabon, a défendu la place centrale de ce secteur dans la relation entre l’Afrique et l’Europe, en mettant en avant des applications dont les effets se mesurent déjà sur le terrain.

Pour la diplomate, le spatial n’est plus un domaine réservé aux grandes puissances technologiques ni un horizon lointain pour les économies africaines. Il s’impose au contraire comme un levier concret de développement, au service de politiques publiques aussi diverses que la gestion des ressources naturelles, la sécurité alimentaire, la surveillance environnementale ou la connectivité des zones enclavées. Cette lecture, portée de longue date par Bruxelles, trouve un écho particulier à Libreville, où le Gabon entend se positionner comme acteur régional du NewSpace.

Un partenariat adossé aux programmes européens

L’Union européenne met en avant le déploiement de ses programmes phares pour illustrer la matérialité de la coopération spatiale avec l’Afrique. Copernicus, le dispositif européen d’observation de la Terre, fournit gratuitement aux administrations et aux chercheurs africains des données satellitaires utilisées pour cartographier le couvert forestier, suivre les épisodes de sécheresse ou anticiper les risques climatiques. De son côté, la constellation de géolocalisation Galileo offre des services de positionnement précis, avec des applications dans les transports, l’agriculture de précision et la logistique.

Ces dispositifs s’inscrivent dans le cadre plus large du partenariat stratégique Afrique-Europe réaffirmé lors des derniers sommets entre l’Union africaine et l’Union européenne. Pour Cécile Abadie, le spatial se distingue par sa capacité à produire rapidement des résultats tangibles, dans un contexte où les bailleurs internationaux sont régulièrement mis au défi de démontrer l’efficacité de leurs engagements. La question des transferts de compétences et de la montée en puissance d’une industrie locale est, à ce titre, présentée comme centrale.

Le Gabon, carrefour régional du NewSpace

Le choix de Libreville pour accueillir cette cinquième édition n’est pas fortuit. Le Gabon, dont le territoire est couvert à plus de quatre-vingts pour cent par la forêt équatoriale, exploite depuis plusieurs années les données satellitaires pour surveiller son massif forestier, lutter contre l’exploitation illégale du bois et documenter ses engagements climatiques. L’Agence gabonaise d’études et d’observation spatiales (AGEOS), créée en 2010, joue un rôle d’opérateur technique et de point d’ancrage pour les coopérations internationales.

La conférence NewSpace Africa rassemble cette année des représentants d’agences spatiales africaines, des responsables de l’Agence spatiale européenne, des start-up du secteur et des investisseurs institutionnels. Les discussions portent notamment sur le financement des infrastructures spatiales, les cadres réglementaires nationaux encore en construction dans la plupart des pays du continent, ainsi que sur la coordination entre l’Agence spatiale africaine, basée au Caire, et ses partenaires internationaux.

Souveraineté des données et industrialisation

Au-delà des discours institutionnels, la rencontre de Libreville met en lumière un enjeu de souveraineté. La dépendance à l’égard des infrastructures et des données étrangères reste importante pour la plupart des États africains, qui cherchent à bâtir des capacités nationales ou mutualisées dans le domaine de l’observation de la Terre et des télécommunications par satellite. Le partenariat européen, s’il offre un accès privilégié à des ressources de haut niveau, soulève aussi la question de la structuration d’une filière industrielle africaine capable de concevoir, lancer et exploiter ses propres systèmes.

Les autorités gabonaises, tout comme leurs homologues régionaux, mettent l’accent sur la formation d’ingénieurs spécialisés, la création de pôles de recherche et l’émergence d’acteurs privés. La convergence affichée avec Bruxelles sur ces priorités devrait se traduire, dans les prochains mois, par de nouveaux programmes conjoints et par un appui accru aux initiatives de l’Union africaine dans le domaine spatial. Selon Gabon Review, Cécile Abadie a placé cette dynamique au cœur de la feuille de route européenne pour le continent.

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