Burkina Faso : le nouveau gouvernement en ordre de bataille

Monument des martyrs à Ouagadougou.Image par Aza Lea de Pixabay

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Le premier ministre burkinabé Kyélem de Tembela a présenté mardi son gouvernement, quatre jours après sa nomination par le président de la transition. L’avocat de 64 ans a prévenu qu’il ne s’agira pas d’un équipe de « dîner gala », mais de « combat » pour sortir le Burkina Faso de sa zone de turbulence.

Nommé la semaine dernière par le président de la transition, le capitaine Ibrahim Traoré, le premier ministre burkinabé Apollinaire Kyélem de Tembela a présenté mardi son gouvernement composé de 23 membres. Parmi lesquels cinq femmes et trois militaires. Au nombre de ces derniers figure le colonel-major Kassoum Coulibaly (ministre de la Défense et des Anciens combattants), le colonel Boukare Zoungrana (Administration territoriale, décentralisation et sécurité) et le colonel Augustin Kaboré (Environnement). Les soldats sont donc aux manettes. Et pour cause.

Lancement d’un recrutement de 50 000 VDP

Dans une brève allocution donnée mercredi, Kyélem de Tembela a indiqué que son gouvernement est « un gouvernement de combat » et non « un gouvernement de dîner de gala ». Traduction : « on n’est pas là pour s’amuser, mais pour travailler avec sérieux ». Et il y a de quoi ! En effet, le Premier ministre a listé trois grands défis pour son équipe. D’abord la sécurisation du territoire, le chantier principal et prioritaire. Il souhaite que tout le monde y contribue. Que chaque Burkinabè qui se dit patriote réponde à l’appel de la mère-patrie en détresse.

Me Kyélem peut déjà se réjouir que ses compatriotes se bousculent aux portes de l’état-major des armées pour aller au front. Les autorités de la transition ont lancé cette semaine le recrutement de 50 000 volontaires pour la défense de la patrie (VDP). Ces supplétifs civils doivent renforcer les rangs de l’armée dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Chacun apportera son aide, dans sa région d’origine, pour contribuer à la protection des populations et de leurs biens. Le recrutement a été annoncé après une attaque terroriste qui a causé la mort de dix soldats et blessé une cinquantaine de personnes, le lundi 24 octobre à Djibo (nord).

Les habitants de Ouagadougou, des privilégiés

Le deuxième objectif fixé par Kyélem de Tembela est l’amélioration de la qualité de vie des Burkinabè. Ici il s’agira en premier lieu de préserver le pouvoir d’achat et d’améliorer les conditions de vie des populations. En particulier, celles vivant loin de la capitale. Le chef du gouvernement a reconnu que les habitants de Ouagadougou était des privilégiés de la République. Ailleurs, dans les régions reculées du pays, certains « n’ont pas même l’eau potable pour boire », a-t-il regretté. Me Kyélem a en outre évoqué la promotion de la salubrité ainsi que de l’hygiène. Il faudra « faire en sorte que le Burkinabè puisse vivre de façon agréable dans son environnement », a-t-il souligné.

Enfin, le Premier ministre burkinabé vise l’amélioration du système de gouvernance. Il invite les ministres à faire une analyse profonde de la situation du pays pour trouver ce « qui fait que chaque fois il y a l’instabilité politique ». Une fois ce problème identifié, son équipe pourra travailler à l’instauration d’une meilleure gouvernance. Face aux énormes défis à relever, M. Kyélem estime que « désormais le moi doit faire la place au nous au Burkina Faso ». Autrement dit « chacun de nous doit travailler pour l’intérêt supérieur de la nation », a-t-il exhorté.

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