En Afrique subsahariennee, les opérateurs télécoms bousculent les plateformes de streaming et SVOD

Un jeune homme manipulant son smartphone.https://africtelegraph.com/wp-content/uploads/2022/05/alex-nemo-hanse-gA3YJpTWJSs-unsplash-scaled.jpg

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En Afrique subsaharienne, les opérateurs mobiles ont capté 26 % des abonnés aux services de streaming et de vidéo à la demande (SVOD) en 2021, selon un rapport de l’entreprise française Dataxis. Les groupes comme Globacom, Airtel, MTN et Orange inquiètent même sérieusement les géants mondiaux que sont Netflix et Amazon Prime Video.

Depuis quelques années, le marché du streaming et de la vidéo à la demande (SVOD) est en croissante constante en Afrique subsaharienne. Entre 2018 et 2020, le nombre d’abonnés a presque doublé pour atteindre un peu plus de 5 millions. L’année dernière, il est passé à 6,5 millions, soit une progression de 30% sur un an. C’est ce qu’indique un récent rapport de Dataxis, une entreprise française de Business Intelligence spécialisée dans les télécoms, la télévision et les médias.

Vodacom se mesure à Netflix

L’agence constate qu’un nombre croissant d’abonnés OTT (services vidéos, audio et internet) choisissent désormais les applications des opérateurs mobiles. En effet, la part des souscriptions à des offres de groupes télécoms a atteint 26% en 2021, soit 1,7 million d’abonnements sur les 6,5 millions. En guise d’illustration de cet essor fulgurant, Dataxis indique que Video Play, le service créé par l’opérateur sud-africain Vodacom, détient à lui seul 17% des parts de marché sur cette région (1,1 millions d’abonnés). Il se place au troisième rang, juste derrière le géant américain Netflix (1,5 millions ; 23%) et le sud-africain Showmax (1,8 millions ; 27,7%).

Les opérateurs mobiles ont profité de l’attractivité de leurs abonnements internet pour créer des services adaptés. Certains ont décidé de devenir des acteurs à part entière du marché en lançant leurs propres offres tout-en-un. Ces dernières se composent de forfaits téléphonie voix et data, des accès à la télévision et aux contenus en streaming. Globacom (Nigéria), Airtel (Inde), MTN (Afrique du Sud), Vodacom (Afrique du Sud), Safaricom (Kenya) et Orange (France) font partie de ces multinationales.

Des offres en propre et des partenariats

Il faut noter que Vodacom est à l’origine de Video Play, la troisième plus grande plateforme de streaming en Afrique subsaharienne. De son côté, Safaricom a lancé son propre site Web de streaming mobile baptisée BAZE. Globacom, lui, a conçu l’application mobile Glo TV proposant des chaînes de télévision et du contenu en streaming. Pour sa part, Orange offre à ses abonnés au pass TV la possibilité de regarder gratuitement les contenus proposés sur son application mobile. Pour sa part, Airtel a choisi de proposer une application TV mobile gratuite, mais seulement accessible via ses forfaits internet.

Citons en outre MTN, qui a créé des applications télé locales comme MTN TV Côte d’Ivoire et MTN TV Zambie ou des plateformes telles que Y’ello TV Guinée et Y’ello TV Rwanda. Quelques-uns des opérateurs mobiles s’associent à d’autres acteurs pour avoir plus d’envergure. C’est encore le cas de MTN, partenaire de multiples plateformes de streaming, dont Wi-Flix, Showmax, StarNews et Kiwi (Cote Ouest Audiovisuel). Vodafone et Safaricom collaborent également avec ces entreprises. En même temps, ils se rapprochent des concurrents comme Netflix et Amazon Prime Video.

Des productions imprégnées des cultures locales

Les groupes télécoms ont su mettre la différence grâce à leurs contenus qui prennent en compte les cultures locales. Showmax, par exemple, proposent des films d’Afrique subsaharienne. En 2021, quatre de ses cinq meilleures productions venaient de cette région du continent. Face à ce positionnement payant, les géants mondiaux ont commencé à changer de stratégie. Netflix fait une entrée à Nollywood, l’industrie cinématographique nigériane, avec des coproductions. Ces différentes politiques devraient permettre l’augmentation du nombre d’abonnés au streaming et SVOD en Afrique subsaharienne dans les prochaines années. Ce bon des consommateurs sera tiré par la hausse du nombre d’abonnés à internet, qui passera à 709 millions (+50%) d’ici 2026.