Gabon : Dynamique unitaire, parti politique ou syndicat ?

Jean Remy Yama, le président de Dynamique unitaireJean Remy Yama, le président de Dynamique unitaire
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« Si Jean Remy Yama veut se compromettre sur le terrain de la politique, il est dans son intérêt de laisser notre syndicat libre et créer son parti politique s’il ne veut pas signer son adhésion officielle chez Jean Ping qui, semble-t-il, finance même jusqu’à ses déplacements à l’étranger ».

Cette opinion d’un fonctionnaire très remonté est révélatrice du climat de tensions qui couve actuellement au sein de Dynamique unitaire où des voies se font de plus en plus entendre pour dénoncer l’embrigadement de leur organisation par des mains noires des acteurs politiques de l’opposition.

Inutile d’y aller par quatre chemins ! Jean Remy Yama, président de Dynamique unitaire, syndicat dont le gros des troupes se recrutent au sein de l’enseignement supérieur, fait la politique.

C’est bien plus que de la politique. Il roule pour l’opposition, enfonce-t-on le clou par des membres à part entière de Dynamique unitaire qui n’en peuvent plus!

L’accusation est partagée par des nombreux Gabonais pour qui les postures qu’affiche le président de Dynamique unitaire s’écartent manifestement de ce que l’on est en droit d’attendre d’une organisation de défense des intérêts des travailleurs.

Au fil du temps, cette accusation devient presque récurrente au sein de l’opinion au regard du jeu aux contours plutôt flous auquel se livre son président jean Remy Yama.

Le rassemblement des fonctionnaires au terrain de Basket d’Awendje le jeudi 2 août dernier à l’initiative de cette organisation syndicale est venu remettre en surface ce débat.

Surtout lorsqu’on prend en compte les incidents malheureux qui s’y sont produits, ceux qui seraient tentés de ne pas adhérer à cette accusation trouveraient difficilement les arguments pour s’en défendre.

Des acteurs politiques dont Alexandre Barro Chambrier et Bruno Ben Moubamba ont été littéralement agressés et maltraités. Au nom de quoi ? Silence de plomb !

Personne, commençant par Jean Remy Yama qui se donne petit à petit les allures d’un gourou n’a pu éclairer l’opinion sur cet acte insensé et empreint de sauvagerie.

Un petit détour par la définition des concepts nous édifierait davantage pour mieux cerner la problématique.

D’ordinaire, qui dit syndicat voit dans l’ordre normal des choses la défense des intérêts de ses membres (travailleurs ou fonctionnaires). Selon que les besoins le dictent, le syndicat joue le rôle d’interface, maintient le fil du dialogue entre la base et le patronat ou entre les partenaires sociaux et le pouvoir. Il joue à ce titre le rôle de force de propositions.

La question que nombreux se posent au quartier et dans l’opinion est celle de savoir quelle serait la frontière entre une formation politique (au pouvoir ou dans l’opposition) et un syndicat ou plutôt quels rapprochements possibles peuvent-ils exister entre ces entités en apparence différente pour ce qui est de leurs rayons d’actions ?

Un parti politique au pouvoir organise, dirige et gère la vie de la cité dans ses différentes articulations (politique, économique et sociale).

Un parti d’opposition comme l’indique son nom s’oppose, critique et sert d’aiguillon pour susciter une meilleure gouvernance.

De ce point de vue, au-delà du jeu démocratique qui voudrait que celle-ci travaille pour accéder au pouvoir, une formation politique de l’opposition représente également une force de propositions dans l’intérêt bien compris de faire avancer la nation.

Certes, parti politique et syndicat sont différents dans la conception, l’organisation et les objectifs. Toutefois, il est admis que des sympathies peuvent voir le jour et exister entre les uns envers les autres et inversement.

Selon que l’on est de la gauche, de la droite ou du centre, si l’on s’en tient aux clivages bien tranchés qu’on trouve chez les autres, l’on peut de ce point avoir des rapprochements ou des penchants envers telle ou telle autre organisation syndicale évoluant sur le front social.

Il ne s’agit pas ici de confondre intrusion et rapprochement. Et quand rapprochement, ça s’arrête à l’échange des idées, et non pas aux manipulations ou à l’instrumentalisation.

Parlant de Jean Remy Yama de Dynamique unitaire, des nombreuses voix s’élèvent et leurs cris d’orfraie deviennent de plus en plus audibles même dans les rangs des fonctionnaires au nom de qui il entend ou prétend mener ce combat pour dénoncer ses dérives marquées par une politisation à outrance de ce mouvement.

Pour ce fonctionnaire qui a témoigné sous couvert d’anonymat : « Jean Remy Yama est en train de se détourner de notre lutte qui privilégie le dialogue, le respect de l’autre, la capacité d’écoute, les concessions et surtout le sens de la mesure ; on parle d’une affaire de gros sous ou de financements occultes qui circulerait entre lui et certains opposants ; c’est grave ça».

La tension est vive, se dit-il, à la lumière de certaines indiscrétions. Pour nous, s’insurge un autre sans porter des gants, « Si Jean Remy Yama veut se compromettre sur le terrain de la politique, il est dans son intérêt de laisser notre syndicat libre et créer son parti politique s’il ne veut pas signer son adhésion officielle chez Jean Ping qui, semble-t-i, finance même jusqu’à ses déplacements à l’étranger ».

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William Tambwe
William Tambwe, chroniqueur et éditorialiste pour Africtelegraph.

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