Agressions à répétition contre les acteurs politiques gabonais à l’Etranger : Actes isolés ou stratégie de déstabilisation de l’économie gabonaise ?

Pr Léon NzoubaPr Leon Nzouba
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La question vaut son pesant d’or. Si l’on n’y prend garde, ce qui semble en apparence comme des actes isolés à l’initiative des bandes d’agitateurs sans objectif clairement défini pourrait à la longue révéler le visage d’un plan de déstabilisation savamment orchestré. Tentative d’éclairage point par point !

Tout le monde le sait, en deux mois successifs, deux actes d’agression ont été perpétrés contre deux personnalités de premier plan du microcosme politique gabonais en séjour à l’étranger.

A la fin du mois d’octobre dernier, fraîchement débarqué de Libreville par un vol d’Air France, c’est le professeur Léon Nzouba, par ailleurs ministre gabonais de la Santé et proche collaborateur du chef de l’Etat, Ali Bongo Ondimba, qui a été le premier à faire les frais de cette vague d’agressions dans l’hôtel où il a posé ses valises.

Des compatriotes gabonais venus par hordes organisées, bravant les rigueurs du climat, ont été identifiés par la police comme étant à la manœuvre de cette initiative.

N’eut été la célérité avec laquelle la police française s’était interposée, le pire serait arrivé, a-t-on appris de source sûre.

Récemment, pas plus tard qu’il y a une dizaine de jours, le tour est revenu à Marie Madeleine Mborantsuo, présidente de la Cour constitutionnelle du Gabon, de passer sous les griffes d’une bande d’agresseurs alors qu’elle se trouve en compagnie en séjour aux Etats-Unis d’Amérique.

S’agit-il d’actes isolés ou il s’agirait d’un plan de déstabilisation savamment orchestré destiné à briser, depuis l’étranger, l’élan vers l’émergence du Gabon insufflé par le pouvoir en place ?

Empêcher la libre circulation des officiels

Quand l’on voit comment ils sont organisés et la manière dont ils opèrent, c’est loin d’être des actes isolés, dénonce-t-on dans les milieux proches du dossier.

Vont-ils s’arrêter là ou prévoient-ils de poursuivre leur entreprise de sape ? Par ces attaques, vise-t-on simplement le Pr Léon Nzouba ou faudrait-il penser que c’est l’ensemble du pouvoir dont il est partie prenante qui est visé ? Que reprocherait-on à Marie Madeleine Mborantsuo ?

Ou alors, que se cache-t-il derrière ces agressions ? Existerait-t-il l’ombre d’un agenda ou une face cachée de l’iceberg, voilà autant de questions qui taraudent les esprits et brûlent sur toutes les lèvres.

Un dernier détail qui en dirait long sur les intentions réelles de ces bandes d’agresseurs est celui qui touche à la question du terrain qu’ils choisissent pour perpétrer leurs actes : l’étranger, notamment la France et les Etats-Unis.

Choisir le sol étranger pour commettre ces actes, est-ce le fruit d’un hasard, est-on en droit de s’interroger.

Tentative d’éclairage

L’on ne se mentirait pas à nous-mêmes. Les résultats de la dernière élection présidentielle ont révélé une nette avance au profit de l’opposition dans les représentations consulaires, notamment dans les deux pays précédemment évoqués.

Marie Madeleine Mborantsuo, Présidente de la Cour Constitutionnelle

Marie Madeleine Mborantsuo, Présidente de la Cour Constitutionnelle

Du reste, nul n’ignore, en tout cas pas les néo-opposants, l’importance des capitaux extérieurs et des apports multidimensionnels des investisseurs étrangers qu’une jeune économie comme celle du Gabon est en droit d’attendre et de bénéficier de la part de ses nombreux partenaires extérieurs.

Comme eux, nos compatriotes de la diaspora n’ignorent pas les enjeux, le poids et surtout les inconvénients pour un Etat de la taille du Gabon d’être sevré des capitaux extérieurs.

Tout comme sont-ils conscients de ce que le manque des sources de financements durables est rédhibitoire pour l’envol économique du pays non encore affranchi de la rente pétrolière ou d’autres matières premières.

Cela n’est-il pas suffisant pour servir d’indices et permettre de cerner les motivations réelles des actes d’agressions contre les personnalités gabonaises de premier plan commis sur le sol étranger ? Rien n’est moins sûr.

Que l’on ne s’y trompe pas. Menacer des ministres ou d’autres personnalités politiques gabonaises de premier plan, se dit-il, serait loin d’être le fruit du hasard.

L’objectif recherché, se dit-il, est d’empêcher aux plus proches collaborateurs du chef de l’Etat de faire le globe-trotter à la recherche et pour la mobilisation des sources de financement susceptibles d’accélérer la cadence et surtout d’asseoir les bases de la diversification de l’économie nationale, aujourd’hui ralentie par les cours erratiques des matières premières.

Limiter la capacité de mobilisation des capitaux

Que les Gabonais comprennent une fois pour toutes. Il n’y a pas mille vérités. Au-delà du Pr Léon Nzouba ou de Marie Madeleine Mborantsuo, force est de comprendre que c’est le chef de l’Etat, Ali Bongo Ondimba, et surtout l’économie gabonaise que l’on veut asphyxier.

Qui parmi les Gabonais qui aiment leur pays seraient-ils prêts à soutenir une telle initiative destinée à fragiliser la dynamique de croissance enregistrée dans le pays depuis 2009 en même temps qu’elle vient éloigner la satisfaction de leurs pressantes et légitimes attentes ? Là se situe la véritable question.

Quelles sont les chances de voir cette stratégie d’asphyxier l’économie gabonaise depuis l’étranger prospérer ? Rien n’est moins sûr, car en relations internationales, il est admis que les Etats n’ont que des intérêts et pas d’amis.

Dans le cas d’espèce, les différents Etats de résidence de nos compatriotes, partenaires du Gabon, savent où se trouvent les leurs.

Se trouvent-ils avec les autorités en place ou bien entre les mains des individus qui seraient en train de se servir de leurs territoires comme champ d’expérimentation d’une nébuleuse embryonnaire ou de terroir de déstabilisation contre un pays ami, peut-on s’interroger en épilogue.

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Lazard Obiang
Lazard possède 10 ans d'expérience dans le journalisme en ligne. Il s'occupe pour AfricTelegraph de l'actualité politique et économique au Cameroun, au Gabon et au Congo. Il travaille avec différentes presse en ligne au Gabon notemmant lenouveaugabon.com.

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