Cameroun : L’appel au boycott du SDF

Ni John Fru Ndi appelle au boycottNi John Fru Ndi

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Le Social Democratic Front (SDF), qui annonce son boycott au prochain défilé du 20 mai, s’insurge contre les méthodes gouvernementales qui, selon lui, n’aident pas la paix sociale à se solidifier.

Vous avez parlé d’une énième esclandre, alors vous voilà servi ! Le chaudron continuellement éruptif du Social
Democratic Front (SDF) est depuis à peine 24 heures, le terreau fertile d’un courroux dont l’immédiate répercussion est cette marche patriotique du 20 mai. Activité à laquelle Ni John Fru Ndi et ceux de sa barque politique ne prendront pas part.

L’information est connue depuis le 7 mai par le truchement d’une lettre-circulaire au bas de laquelle est gravée l’estampille de celui qui en est l’indéboulonnable Chairman.

C’est dans les tréfonds de l’enlisement du grabuge anglophone qu’il faut aller fouiller les raisons d’un tiédissement qui fédère l’unanimité des mécontentements sans ignorer ces violons qui ont de la peine à s’accorder quand le trépidant débat sur le Code électoral exacerbe encore les oppositions.

«L’incapacité de M. Biya à trouver des solutions simples à des problèmes pertinents qui ont été posés par les syndicats, son incapacité à fournir un Code électoral à ses concitoyens et l’inertie du gouvernement expliquent la gravité de cette profonde crise sociopolitique qui s’attaque au socle véritable de notre pays bien-aimé, le Cameroun».

Le sphinx du Ntarikon Palace évoque également ce qui s’apparente à un biyaisme sourd et dédaigneux, qui édicte et implémente en vouant les autres suggestions, celles d’en-face, à l’humiliation de l’indifférence. «Nous avons suggéré au Président de la République à maintes reprises d’ouvrir un dialogue inclusif dont le clair objectif est de mettre en
exergue les problèmes cruciaux qui minent notre nation. J’ai eu l’occasion de rencontrer et de discuter avec une catégorie de camerounais d’un niveau sociopolitique important pour que nous nous réunissions et que nous trouvions une résolution véritable de cette crise et de ces autres problèmes dont souffre notre pays chéri et le sauver d’une probable destruction. M. Biya a répondu à tous nos appels avec une nonchalance et une inertie caractéristiques.»

Boycotter, c’est exister. Le vécu bientôt trentenaire du SDF est une piquante soupe dont la concoction est un savant alliage de contestation, d’exclusion intempestive (quand il arrive à des prétentieux de charrier son président et son
horripilante autocratie) et de cette bonne vielle tactique du boycott qui lui crée des misères pourtant.

En 2013, alors que le Sénat est prêt  à quitter les fonts baptismaux, l’ancien libraire a une de ses poussées de
fièvre habituelles : Ni John Fru Ndi est décidé à rencontrer le chef de l’État pour lui exprimer son insatisfaction à propos d’un scrutin au sujet duquel les partis d’opposition n’ont pas été consultés.

Il a d’ailleurs le ton très martial quand il prévient que ne pas en tenir compte aboutira à…un boycott des sénatoriales auxquelles il se présentera avant d’être battu  par Simon Achidi Achu, son challenger du RDPC.

Ceux qui usent de méticulosité pour s’insinuer dans les arcanes brumeux du SDF se souviennent encore de ce qu’a été l’appel au boycott de cette même fête de l’Unité nationale (une iconoclastie devenue rituelle) en 2009 : alors que les débats sur Elections Cameroon (Elecam) et surtout sur l’impartialité de ceux qui furent désignés pour occuper les
sièges récemment institués du Conseil électoral dudit organe sont houleux et épiques, le «très attaché au boycott» Ni John Fru Ndi avait encore fait retentir le tocsin du 20 mai à bouder.

Qui fait le malin tombe dans le ravin, dit l’adage. «Ce ne sont pas les militants du SDF qui ont défilé à la Place de l’Udéac. Le SDF n’a pas défilé officiellement sur le plan national et nous allons traduire en justice les auteurs de cette machination qui a pour but de démontrer que le SDF n’est pas un parti organisé », avait alors aboyé Jean Michel Nitcheu, courroucé du spectacle que les siens avaient servi au Boulevard du 20 mai à Douala.

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Destin Mballa
Destin Mballa, journaliste camerounais.

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