Afrique : les jeunes croient en la capacité de leur continent à innover

Des jeunes africains sur un ordinateur, à l'école.Photo by X on Unsplash

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Si l’Afrique n’a pas droit de citer dans le monde technologique, les jeunes Africains croient aux potentialités de leur continent en matière d’innovation. Ils sont même convaincus que les prochains milliardaires de la tech viendront tous d’Afrique. C’est ce qu’indique une étude de l’ONG Africa No Filter menée dans neuf pays, dont l’Egypte, la Côte d’Ivoire, le Nigeria et l’Ouganda.

Quand on parle de sciences et de technologies, on cite rarement l’Afrique. Contrairement à l’Asie, l’Europe et les Etats Unis, qui comptent les plus grands nombres d’entreprises, de startups et de milliardaires de la tech. Pourtant, les jeunes Africains croient que leur continent deviendra bientôt la terre de l’innovation et des grands patrons. Ces convictions sont inscrites dans un rapport publié le 16 novembre 2022 par Africa No Filter, une ONG luttant contre les stéréotypes à propos de l’Afrique.

Une préférence pour les technologies locales disponibles

Intitulée « Africa – innovator or imitator ? Exploring narratives around Africa’s technological capabilities », cette enquête a été menée auprès de 4500 personnes âgées de 18 à 35 ans dans neuf pays africains. A savoir l’Egypte, le Maroc, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Nigeria, le Kenya, l’Ouganda, le Zimbabwe et l’Afrique du Sud. Près de deux tiers (62%) de ces jeunes viennent des milieux urbain et rural et ont un niveau d’instruction supérieur ou secondaire. Selon l’étude, 79% des sondés pensent que les pays pauvres peuvent produire des solutions technologiques innovantes, capables d’influencer le monde. Les jeunes d’Afrique de l’Ouest sont les plus optimistes (83%).

Les personnes interrogées croient d’autant à l’essor des technologies en Afrique, que la population est prête à consommer local. D’après l’étude d’Africa No Filter, la plupart des jeunes font confiance aux innovations africaines et préfèrent les utiliser quand elles sont disponibles. Cependant, seulement 9% d’entre eux ont déjà investi dans des entreprises technologiques. Tandis que 18% se disent prêts à le faire à l’avenir. Si les moyens financiers manquent, ils jugent à 59% que l’environnement africain est favorable à l’innovation.

Les prochains Bill Gates et Mark Zuckerberg en Afrique

Contre toute attente, 63% des jeunes sondés considèrent que les gouvernements ne peuvent assumer seuls le rôle de moteurs de l’innovation. Pour la moitié (50%) d’entre eux tout le monde doit contribuer à l’essor des technologies, par nécessité et par curiosité. Pour ce qui concerne les principaux obstacles à l’innovation, les jeunes Africains pointent en particulier le déficit d’infrastructures (53%), les restrictions de l’Etat (44%) et le manque d’incitations (36%). Malgré ces barrières, 72 % des sondés croient que le prochain innovateur de classe mondiale viendra d’Afrique.

Mieux, ils sont convaincus que le continent produira le plus grand nombre de milliardaires du secteur dans les prochaines années. A les croire, l’Afrique devrait bientôt avoir ses Bill Gates, Elon Musk, Mark Zuckerberg ou encore Jeff Bezos. En attendant ce moment, les jeunes Africains se réjouissent que les innovations locales commencent déjà à transformer certains secteurs. A l’image de la santé, du commerce et de la gouvernance. Ce bouillonnement dans la tech a d’ailleurs permet cette année à 109 fintech africaines de lever plus d’un milliard de dollars en financement de croissance.