Le Burundi cherche à cacher ses crimes et accuse des ONG

Pierre NkurunzizaPierre Nkurunziza

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Le régime du Burundi fait l’objet d’une série d’accusations de la part de l’ONU, pour son implication présumée dans les violences et disparitions forcées dans le pays. Bujumbura est, selon un rapport de l’Onu publié le 20 septembre dernier, accusé d’être responsable de graves violations des droits, systématiques et constantes. Une sévère mise en garde a été faite contre de possibles « crimes contre l’humanité » et un « grand danger de génocide ».

Malgré le vote massif du Parlement burundais qui a approuvé la semaine dernière un projet de loi prévoyant que le pays se retire de la CPI, marquant une nouvelle étape dans son isolement croissant vis-à-vis de la communauté internationale, plusieurs ONG de défense des droits de l’Homme sont montées au créneau pour déplorer ce vote en avertissant que le gouvernement de Bujumbura tentait ainsi de dissimuler au monde des violations des droits de l’Homme. Elles ont réitéré leurs appels à la procureure de la CPI, Fatou Bensouda, d’ouvrir dans les plus brefs délais une enquête sur la situation au Burundi, afin que les auteurs des graves crimes commis ne demeurent pas impunis.

Cette tentative de priver la communauté internationale de ses yeux et ses oreilles au Burundi pour continuer de commettre, à huis clos et en toute impunité, des graves crimes appellent une réponse forte et immédiate de l’Union africaine et des Nations unies. L’UA et l’ONU doivent déployer une force internationale capable de mettre un terme à l’escalade continue de la violence. Pour le moment, le Burundi ne semble pas avoir officiellement demandé par écrit son retrait de la CPI. Si une telle demande est envoyée, le départ du Burundi de la Cour ne sera effectif que dans un an. La procureure de la CPI, Fatou Bensouda, avait lancé en avril un examen préliminaire sur des meurtres, tortures et viols dans ce pays.

Déjà, les violences ont fait plus de 500 morts et poussé plus de 270.000 personnes à l’exil. Une sortie de la CPI ne mettrait pourtant pas automatiquement le pays à l’abri de la justice internationale. La CPI ne peut certes pas enquêter de sa propre initiative sur un pays non membre, mais elle peut le faire si le Conseil de sécurité de l’ONU l’y autorise, comme ce fut le cas pour le Darfour (2005) et la Libye (2011). « Le retrait de la CPI et l’expulsion du bureau des droits de l’Homme des Nations unies du sol burundais constituent une escalade significative de la politique de renfermement du régime burundais.

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Lazard Obiang
Lazard possède 10 ans d'expérience dans le journalisme en ligne. Il s'occupe pour AfricTelegraph de l'actualité politique et économique au Cameroun, au Gabon et au Congo. Il travaille avec différentes presse en ligne au Gabon notemmant lenouveaugabon.com.

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