Cameroun : Quand Biya renonçait à la prêtrise

Le président du Cameroun Paul BiyaLe président du Cameroun Paul Biya

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Alors que son père souhaitait qu’il soit homme d’église, l’actuel président du Cameroun va quitter le petit séminaire contre tout attente et pour une raison encore inconnue pour devenir plus tard homme politique.

Comme une tradition à l’époque coloniale au Cameroun, chaque famille catholique envoyait un de ses fils dans une institution religieuse pour devenir plus tard homme d’église (prêtre, évêque, archevêque et même Cardinal). Même si certains n’ont pas réalisé cette volonté qui émanait toujours des parents, de nombreuses hautes personnalités et élites que compte la société camerounaise actuellement sont passées par des écoles catholiques et même des séminaires. Parmi celles-ci, l’actuel président de la République du Cameroun, Paul Biya.

Étienne Mvondo Assam voulait voir son deuxième fils Paul Biya devenir prêtre de l’église catholique romaine au lieu d’homme politique. La voie était déjà tracée à cet effet pour que Paul Barthélemy Biya Bi Mvondo soit un prélat. Dès 1940 donc, le jeune Paul Biya entame ses études primaires  à l’école catholique de Nden par la région du Sud.

Puis, il s’inscrit au pré-séminaire Saint-Tarcisius d’Edéa dans le Littoral. Quelques temps après, il est admis au petit séminaire saint-Joseph d’Akono situé à une soixantaine de kilomètres de Yaoundé la capitale. Après quelques années d’études à d’Akono, Paul Biya contre toute attente et de manière brusque abandonne le petit séminaire pour une raison qui demeure mystérieuse jusqu’à ce jour pour intégrer le Lycée général Leclerc de Yaoundé.

Sa sortie du Lycée général Leclerc est sanctionnée par un baccalauréat de l’enseignement secondaire général option philosophie et lettres. Bénéficiaire d’une bourse, le fils d’Étienne Mvondo Assam va poursuivre ses études supérieures en France.

Après ses formations universitaires en politique, droit et économie, Paul Biya revient au Cameroun nanti d’un diplôme de hautes études en science politique. Il entre dans l’administration où il est nommé comme chargé de mission à la présidence. Gravissant les échelons, il est tour à tour directeur de cabinet du ministre de l’éducation nationale, directeur de cabinet civil et cumulativement secrétaire général de la présidence de la République. Puis Premier ministre et enfin président de la République.

Bien que n’étant pas prélat, Paul Biya n’a pas abandonné les habitudes des religieux ni même ne s’est éloigné de l’église. Au contraire, il est resté très proche. C’est d’ailleurs cette proximité avec les hommes de l’église catholique qui va emmener le gouverneur français d’Outre mer, Louis Paul Aujoulat, lui-même missionnaire laïque influent à le recommander au président Ahmadou Ahidjo.

Aujourd’hui, Paul Biya vit toujours comme un prince catholique : vaniteux et modéré dans un palais au silence de monastère. Comme les religieux, il exclu les femmes aux postes stratégiques de l’appareil de l’Etat et entretien toujours le culte du secret comme à l’église catholique.

Il est Passionné de philosophie, de chant grégorien, et rend au moins une visite au pape presque chaque année. C’est d’ailleurs pourquoi, des Papes ont fait plusieurs voyages au Cameroun. Jean Paul II, puis Benoît XVI. Lui également ne manque pas de prendre part aux cérémonies d’envergures à la place saint pierre à Rome comme cela était le cas à l’occasion de la canonisation du Pape Jean Paul II par le Pape François. Paul Biya homme politique, reste proche de Dieu.

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Destin Mballa
Destin Mballa, journaliste camerounais.

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