Centrafrique : Vers un retour à la paix ?

Signature d'un accord de paix pour la Centrafrique

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Le gouvernement Centrafricain et 14 groupes rebelles ont signé un accord de paix le 19 juin à Rome en Italie. C’était en présence du président de la communauté Catholique de Sant’Egidio, Marco Impagliazzo.

Il a fallu du temps pour parvenir à cet accord qualifié par certains d’historique. Lundi dernier, 14 groupes rebelles se sont engagés sous l’égide de la communauté Sant’Egidio à cesser le feu et à déposer les armes en Centrafrique.

Cet accord fait en 16 pages est le résultat d’un long processus de paix entamé depuis novembre 2016 par les autorités Centrafricaines. Il prévoit l’intégration des membres de groupes armés dans les forces de défenses Centrafricaines. Aussi, le gouvernement centrafricain s’engage à obtenir la représentativité des groupes militaires à tous les niveaux dans le processus de désarmement.

Ces groupes feront désormais partie de toutes les institutions du pays. Par ailleurs, les signataires s’engagent à restaurer l’Etat sur toute l’étendue du territoire national. Des résolutions qui répondent aux préoccupations des ex-Seléka majoritairement musulmans, représentant 20% de la population et qui se plaignent d’être marginalisés.

La question qui se pose est de savoir si ledit accord de paix qui est signé au moment où le pays court le risque d’une instabilité généralisée sera respecté ? Les principaux groupes Anti-Balaka et Ex-Séléka qui s’affrontent depuis la chute du président Bozize en 2013 vont-ils mettre fin à leur différend et respecter cet accord ? Là est tout le problème comme l’indique Thierry Vircoulon, chercheur à l’institut français des relations internationales (Ifri).

Pour ce chercheur, la Centrafrique ne manque pas d’accords de paix, mais plutôt des forces pour les faire appliquer. Mais la communauté Sant’Egidio y croit fermement à cet accord. Car un engagement similaire par le passé a permis de quitter la présidence de transition pour élire un nouveau président (Faustin Archange Touadéra). Mais aussi à l’arrêt des massacres et un retour au calme.

Cependant, cet accord a très peu de chance de survie. Car, sur les 16 préfectures dont dispose ce pays, 14 sont sous le contrôle de différents groupes rebelles. Et même, l’armée centrafricaine qui est en phase de reconstruction ne dispose que de trois bataillons qui d’ailleurs sont encadrés par l’Union Africaine.

Jusqu’ici, le président Touadéra n’a pas encore le contrôle de tout le territoire national. Et la crise qui perdure fait des victimes tous les jours. Espérons que les efforts entrepris pour aboutir à cet accord ne seront pas vains.

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Destin Mballa
Destin Mballa, journaliste camerounais.

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