China Rare Earth Group : la Chine et sa politique de consolidation du secteur des terres rares

Des machines sur une mine à ciel ouvert.

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Après avoir créé en décembre 2021, un mastodonte des terres rares baptisé China Rare Earth Group, Pékin a obtenu début juin la fusion de China Northern Rare Earth Group avec ses sociétés holding. Cette politique de consolidation devrait permettre au géant asiatique d’augmenter sa production et de capter l’essentiel du marché des terres rares.

Pékin a franchi une nouvelle étape dans la consolidation de son industrie des terres rares. Début juin, il a obtenu la fusion de China Northern Rare Earth (Group), l’un des plus grands producteurs nationaux, avec deux de ses sociétés holding. Cette fusion se fait dans le cadre du processus triennal de réforme des SOE, lancé par le gouvernement en janvier 2020. Cette initiative vise à améliorer la concentration industrielle, à renforcer la compétitivité des entreprises et à réduire les coûts de gestion. 

Un conglomérat des terres rares au sud

La réunion de China Northern Rare Earth et de ses holdings intervient sept mois après la création de China Rare Earth Group. Ce mastodonte des terres rares est né en décembre 2021 de la fusion des principaux fournisseurs du sud du pays. A savoir Chinalco Rare Earth & Metals, China Southern Rare Earth Group et Minmetals Rare Earth. Ces groupes ont associé deux sociétés de recherche au projet. Il s’agit de Jiangxi Ganzhou et Ganzhou Zhonglan Rare Earth New Material Technology. A sa création, le conglomérar a reçu pour mission de stabiliser la production chinoise et d’aider à la revalorisation des prix.

Une arme géopolitique pour Pékin

Si elle domine toujours largement le secteur, la Chine a vu sa part dans la production mondiale fondre ces dernières années. Elle s’établissait à 58,3 % en 2020, contre 86 % en 2014. Avec China Rare Earth Group, l’empire du milieu espère que son poids remontera à 70% dans un horizon proche. Il sait que ce contrôle sur le marché des terres rares le met en position de force face à l’UE et les Etats Unis dans de futures négociations commerciales. Bruxelles et Washington dépendent respectivement de 90 et 80% des approvisionnements chinois.

60 de la production mondiale en 2021

Selon une récente étude de Shanghai Metals Market, la Chine devrait continuer à augmenter sa production de terres rares cette année, grâce à la demande croissante de véhicules électriques (VE) et la multiplication de projets de transition énergétique en Europe (éoliens et solaire). Cette demande pourrait être trois à sept fois supérieure aux niveaux actuels d’ici 2040, d’après l’Agence internationale de l’énergie (AIE). En 2021, la production mondiale d’éléments de terres rares s’est élevée à 280.000 tonnes, dont 168 000 tonnes rien que pour la Chine (60%).

Une hausse considérable des prix en quelques mois

Le géant asiatique a exporté, l’année dernière 48.918 tonnes, soit une hausse de 38% sur un an. En 2022, cette part devrait encore croître de 30%, tandis que la production annuelle augmentera probablement de 20 %. Du côté des prix, les analystes ont constaté une nette revalorisation. L’indice des prix compilé par l’Association chinoise de l’industrie des terres rares a progressé de plus de 85 % par rapport à juin 2021. Pour ne pas créer une bulle qui éclatera après, Pékin a demandé aux entreprises de proposer des tarifs raisonnables, lors d’une réunion avec ces dernières en mars.