Déficit d’infrastructures en Afrique: La touche d’Arise Holding

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Le 30 octobre 2019, l’ambassade de France au Gabon a annoncé la vente à STOA Infra & Energy de 10% du capital de la société GSEZ Ports SA, filiale d’Arise Holding, un acteur logistique atypique qui gère le New Owendo International Port (NOIP) dédié au vrac et situé à 27km au Sud de la capitale gabonaise, Libreville.

La société d’investissement française STOA Infra & Energy a été créée en 2017 par la Caisse des dépôts française (CDG) et l’Agence française de développement (AFD).  Cette prise de sa participation affiche un intérêt des institutions financières pour les activités logistiques de GSEZ (Gabon Special Economic Zone), filiale d’Arise Holding.

En 2018, la structure Arise Holding a lancé des chantiers de construction dans les ports de San-Pedro, deuxième port ivoirien en Côte d’Ivoire et le premier port exportateur mondial de cacao, ainsi que celui de Nouakchott, en Mauritanie.

Elle compte parmi ses partenaires, l’institution financière Africa Finance Corporation (AFC), le gestionnaire mondial d’actifs Meridiam ainsi que les gouvernements du Gabon, de la Côte d’Ivoire et de la Mauritanie, en dépit d’une méconnaissance du grand public.

L’institution gouvernementale américaine de développement financier OPIC (Overseas Private Investment Corporation) a annoncé en septembre dernier, qu’elle réassurerait le nouveau terminal d’Arise dans le Port de l’Amitié (PANPA) de Nouakchott à hauteur de 24,8 millions de dollars.

Le Modèle économique de l’écosystème

Arise  est née du besoin de trouver des solutions innovantes aux difficultés rencontrées par tous les acteurs industriels du continent en matière de transport et d’énergie. Elle est issue de la vision de Gagan Gupta, membre du comité exécutif et directeur régional pour l’Afrique centrale du groupe d’agrobusiness Olam International Ltd.

Ce dernier est l’un des plus grands fournisseurs de denrées alimentaires et de matières premières industrielles au monde, avec des opérations importantes dans une vingtaine de pays africains. Il opère dans 70 pays.

C’est en 2010 que le concept d’Arise est né au Gabon, un pays à fort potentiel mais qui n’était alors qu’un petit exportateur de matières premières. Le pays a en effet centré sa production pendant des décennies sur le secteur florissant du pétrole et du gaz.

C’est pour répondre au besoin clair de diversification et de promotion d’industries alternatives qu’Arise a été amenée à fonder la Gabon Special Economic Zone, une zone industrielle au sein de laquelle opèrent 72 entités industrielles.

La GSEZ qui a été mise en place pour attirer les investisseurs industriels et établir une industrie locale a ainsi été centrée sur l’industrie du bois, alors quasiment inexistante. Gagan Gupta et son équipe ont alors créé ce qu’ils appellent le « modèle économique de l’écosystème », ce double objectif requérant davantage que des incitations financières.

Attirer des projets d’envergure

Arise au Gabon inclut des voies de chemin de fer destinées à relier des zones d’exploitation forestière au Port Owendo, via la GSEZ et plusieurs gares de chargement ; des installations de stockage et de traitement du bois, ainsi que des services auxiliaires dans la zone industrielle. Un écosystème très complet.

Arise se veut aussi un guichet unique pour les services gouvernementaux disponibles dans la GSEZ, ainsi que des services logistiques ad hoc pour les clients (sociétés forestières, sociétés de transformation du bois installées dans la zone franche et / ou sociétés exportatrices).

Cela a permis au Gabon de passer du statut de pays exportateur de grumes (troncs entiers) à celui de plus grand exportateur d’Afrique et deuxième exportateur au monde de feuilles de placage (bois transformé). Le pays peut se targuer d’avoir fondé une industrie du bois dynamique et durable.

Le modèle économique de cet écosystème correspond fondamentalement à ce que les experts estiment nécessaire pour le développement de nombreux pays subsahariens. Des investissements venus d’un secteur privé rentable dans une industrie locale à forte valeur ajoutée.

Et par la création d’infrastructures, de services logistiques intégrés pour accroître la compétitivité et de réglementations favorables aux investisseurs, cela a été rendu possible. Et dénote de ce qu’une entreprise née en Afrique peut attirer des investissements directs à une telle échelle. Toute chose qui a pour effet d’encourager les investissements étrangers non seulement dans l’entreprise Arise, mais aussi dans le pays.

Les Etats-Unis, la Chine et, assez loin derrière, l’Union européenne continuent d’ailleurs à lutter pour débloquer leurs fonds afin de financer sur le continent africain les quelques projets qu’ils estiment mûrs et capables de contribuer au développement de l’Afrique. Comme pour dire qu’il est possible d’y mener des projets d’envergure.

Ce modèle économique semble avoir visé juste, lui qui a convaincu l’OPIC et les institutions publiques françaises, mais aussi des investisseurs privés d’envergure. Alors que l’importance de l’Afrique dans l’économie mondiale est clairement établie et renforcée par les taux d’intérêt bas à l’Ouest ainsi que par la rivalité des dirigeants mondiaux sur le plan géopolitique, les entrepreneurs et dirigeants africains cherchent à exploiter ce contexte pour faire du profit et se développer.

Le modèle économique de l’écosystème développé par l’entreprise Arise est particulier car il sécurise les investissements étrangers et incite au développement, tout en contribuant fortement au « local content ».

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