Gabon : L’urgence d’accoucher le nouveau gouvernement

Emmanuel Issoze Ngondet, le nouveau Premier ministre gabonais (2)

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Après la pluie, vient le beau temps. Fini les querelles politiciennes qui ont failli briser le statut de havre de paix et faire basculer le pays dans un cycle de violences. Place à la reconstruction du « Gabon neuf provinces pays » et à la consolidation de l’unité nationale.

Depuis l’élection présidentielle d’août 2016, le Gabon traverse une situation politiquement volatile, économiquement fragile et socialement plombée.

Si l’on doit admettre que sur le plan économique, la crise internationale rampante provoquée par l’érosion abyssale du prix du baril de pétrole avait déjà drastiquement secoué et fragilisé le tissu économique gabonais que l’on sait dépendante à hauteur de plus de 60% des recettes pétrolières, il apparait cependant évident que les violences post électorales consécutives à la contestation des résultats donnant vainqueur Ali Bongo Ondimba se sont ajoutées pour assombrir davantage le climat et faire le lit à un environnement politique plus qu’hostile à toute croissance.

La paix sociale était sérieusement menacée et inondée par des messages de haine et de violence sans pareille ampleur auparavant. Bref, le pays était, point besoin de s’en cacher, au bord de l’implosion.

La tension était vive et aux yeux des observateurs et analystes de tous bords, le Gabon n’était pas loin de basculer en une poudrière.

Le gouvernement a presque tourné le dos au travail, préoccupés étaient ses membres par des débats et des querelles politiciennes pour sauvegarder leurs strapontins plombant davantage toute velléité de progrès et de relance.

Le dialogue : un modèle de catharsis

Puis, prenant en compte ce baromètre politico-social, agissant en homme d’Etat en sa qualité de garant de la nation et de la stabilité des Institutions, le chef de l’Etat Ali Bongo Ondimba a ouvert la voie de la concertation pour décrisper la situation. C’est dans ces conditions que vint le dialogue politique inclusif et sans tabou désiré et voulu par tous.

Pour l’ensemble des acteurs politiques, toutes tendances confondues, les acteurs économiques et autres organisations de la société civile, la nécessité de se parler était devenue la condition sine qua non pour apaiser les tensions et faire retrouver au pays non seulement les fils du dialogue mais également et surtout les conditions de la reprise économique.

Achevé au mois de mai dernier, aujourd’hui, le dialogue avec ses conclusions est derrière nous. Face à la morosité économique ambiante qui continue de s’abattre sur les populations dont le pouvoir d’achat s’amenuise de jour en jour, les attentes des populations se font pressantes.

Les rentrées des classes, scolaire et académique, pointent à l’horizon et les regards des populations sont tournés vers le plan de relance économique soutenu par un accord de financement et un programme avec le Fonds Monétaire International (FMI) qui tarde à se matérialiser contre malheureusement les intérêts supérieurs de la Nation.

Par la néfaste campagne d’une opposition peu scrupuleuse et peu préoccupée du sort des populations dont elle prétend défendre les intérêts, le Gabon était présenté à l’extérieur comme étant une destination à risque peu enviable éloignant par conséquent l’arrivée de tout investissement extérieur.

Une déstabilisation qui a fait courir au pays le risque de la mise en quarantaine de la part de la communauté internationale qui a commencé à manifester des signes de frilosité vis-à-vis des autorités gabonaises.

Et comme il n’y a pas de vérité que le temps ne révèle, les populations sont lasses de ce jeu et veulent voir s’accélérer la satisfaction de leurs attentes « hic et nunc ». Conscientes qu’elles sont de ce que leurs intérêts ne trouveront satisfaction ni dans les égoïsmes ni dans les manipulations des discours politiciens.

La main de la métropole : Une caution de taille

Pour ce faire, il est impératif que le pays retrouve la voie de la croissance et que les différents acteurs politiques et ceux de la société civile puissent fumer le calumet de la paix. Vouloir considérer qu’il existe un Gabon de la majorité et un autre Gabon de l’opposition est une réalité qu’il convient de ne pas laisser en aucun cas prospérer.

Le récent message adressé au chef de l’Etat Ali Bongo Ondimba de la part de son homologue français, Emmanuel Macron, arrive à point nommé et n’est pas à prendre pour un fait anodin. Il fait figure et a valeur d’une caution morale et politique de taille.

Ce qui constitue un gage et un véritable prélude à la normalisation des relations avec la métropole et la communauté internationale et par ricochet à la relance économique du pays.

Alors, trêve des polémiques et de la résistance. Place à la reconstruction du pays et bons vents au nouveau gouvernement dont l’annonce est réclamée à cor et à cri par les populations, car les défis sont pressants.