Gabon / Marie Madeleine Mborantsuo face à la justice française : Le problème est ailleurs

Marie Madeleine Mborantsuo, Présidente de la Cour Constitutionnelle
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Pourquoi avoir attendu sa récente élévation au firmament (une de trop ?), pour faire un tapage médiatique au sujet d’une affaire qui date de trois ans ? Plongée dans le dédale des ombres et lumières.

C’est une dame discrète au brillant parcours académique. Diplômée de la Faculté de Droit de l’université Omar Bongo de Libreville, elle a poursuivi son cursus à la Sorbonne avant de soutenir une thèse à la faculté d’Aix-en Provence (France).

Son parcours professionnel riche en lauriers à l’image de son profil scolaire, fait d’elle une des personnalités de premier plan sur la scène politique nationale gabonaise depuis environ trois décennies et l’évocation de son nom impose respect et autorité.

Avant la Cour constitutionnelle qu’elle dirige avec brio depuis 1990, elle a présidé la Chambre des Comptes de la Cour suprême gabonaise. Du reste, et au-delà de ses charges contraignantes, elle a rang de consultant et d’expert auprès de nombreuses organisations régionales et mondiales en plus d’avoir des charges comme enseignante à l’université.

Elle, c’est Marie Madeleine Mborantsuo (3M ou MMM), présidente de la Cour constitutionnelle du Gabon.

Une ascension qui fait des jaloux

Qui ne rêverait pas de connaitre une telle ascension sociale aussi glorieuse après une enfance va-t-on dire modeste ? Chaque chose ayant son revers, il semble que l’animosité que génère son parcours étoilé serait à l’image de ses succès.

Dans les sphères juridiques à l’échelle internationale, elle fait l’unanimité et son rayonnement ne fait que connaitre de l’ascension. Tant elle enchaine les distinctions et la reconnaissance.

En 2016, déjà, elle présidait aux destinées de la Conférence des juridictions constitutionnelles africaines (CJCA).

Depuis le début du mois de mars 2017, elle a été portée à la tête de la Conférence mondiale de la justice constitutionnelle (WCCJS), une prestigieuse organisation mondiale qui regroupe en son sein 105 Cours et conseils constitutionnels et Cours suprêmes d’Afrique, d’Asie, d’Amérique et d’Europe : ce qui représente un nouveau palier franchi.

De ce que l’on en sait, ces organisations mondiales à caractère juridique constituent des arènes très hermétiques qui fonctionnent selon des règles très rigoureuses. Toute promotion en leur sein obéit à une éthique stricte propre et à une philosophie basée sur le mérite et la valeur intrinsèque des acteurs.

C’est donc dire que l’élévation de Marie Madeleine Mborantsuo à ce poste n’est pas un choix fortuit encore moins une sinécure. Elle fait plutôt figure et a valeur d’une reconnaissance planétaire de ses qualités d’élite avérées et de juriste rompue à la tâche ainsi que de son savoir-faire et son savoir-être.

Bizarrement, face à cette fulgurante ascension qui n’en est pas moins un motif de fierté pour elle individuellement, pour la nation gabonaise et le continent africain entier, car elle vient consacrer le travail de qualité que fournissent tous les membres qui composent la Cour, Gardienne des lois gabonaises, l’on assiste pour s’en étonner à la montée au créneau des réseaux de « saigneurs blancs d’Afrique aidés par leurs nègres de service » qui ont reçu visiblement cette nouvelle ascension de 3M comme une véritable gifle digne d’un véritable camouflet.

D’autant plus que d’après les inepties qu’ils essayent de faire véhiculer auprès de qui veut les entendre depuis les joutes électorales du 27 août 2016 qui ont donné Ali Bongo Ondimba vainqueur, Marie Madeleine Mborantsuo serait devenue « un paria indésirable, que son nom et sa figure, dans l’histoire du monde, seraient assimilés au déni de démocratie et à la violation outrageuse de la souveraineté d’un peuple ». C’est qui est faux et archi-faux.

La vérité n’a pas de tombe

Un grossier mensonge, au demeurant massivement soutenu par des milliers de personnes, peut-il se muer en vérité absolue ? L’exemple de Galilée est encore vivant et n’en continue pas moins de s’imposer comme un cas d’école.

Aux yeux de tous les observateurs avertis, l’élévation de MMM donne à tirer plusieurs enseignements. C’est un cinglant démenti qui vient remettre en cause les attaques de la Mission d’observation électorale de l’Union européenne contre la Cour constitutionnelle gabonaise qu’elle accuse, sans arguments juridiques, de n’avoir pas dit le droit lors du contentieux électoral né de la contestation des résultats ayant donné Ali Bongo Ondimba président élu du Gabon. C’est également par ricochet une marque de reconnaissance du bon travail fourni par les membres de cette Institution et sa présidente.

Le bonheur des uns faisant le malheur des autres, ils sont tombés du haut, ces réseaux des prédateurs impérialistes et nostalgiques de leur mythe de supériorité.

Ils ont été désabusés de n’avoir pas pu réussir à imposer à la tête du Gabon une marionnette à leur solde pour poursuivre leur entreprise de prédation de ce riche pays d’Afrique centrale.

Eclipse sur l’Afrique qui gagne

Ne s’étant pas avoués vaincus, ce sont eux qui font la mue par presse interposée, et qui s’adaptent et changent des stratégies. La recette est bien connue.

C’est le lynchage médiatique en guise de représailles contre l’Institution, Gardienne des lois, madame le président en tête, dont le rendu du contentieux électoral n’a pas donné vainqueur le cheval de leur écurie.

C’est à cet exercice qu’ils se livrent actuellement, pour faire tourner la manivelle, jeter l’opprobre, le mépris en plus d’étaler le venin de leur racisme primaire.

Les articles parus dans la presse française (Canard enchaîné) relayés par RFI et sur le plan local faisant état d’une enquête en France qui mettrait en évidence des propriétés immobilières appartenant à la présidente de la Cour constitutionnelle et des mouvements financiers suspects au niveau de ses comptes n’ont rien à avoir avec des faits avérés comme tels.

En plus, peut-on parler d’une condamnation sans jugement en droit ? Voilà autant d’éléments qui laissent établir qu’il s’agit ni plus ni moins d’une vaste campagne qui participe d’une logique de dénigrement et de diabolisation doublée d’une connotation punitive contre tous ceux qui sont le symbole et les porte-étendard d’une Afrique fière de se construire ses propres voies de développement selon un modèle qui prend en compte sa culture et respectueuse de ses lois. Et Marie Madeleine Mborantsuo en fait partie.

A en croire les éléments en notre possession, des amalgames sont versés et injectés à dessein dans la presse pour créditer ce qui s’apparente visiblement à de la manipulation pure et simple proche d’une cabale.

La recette de la manipulation

Quand un avocat est mis à contribution par madame le président de la Cour constitutionnelle pour suivre le dossier de succession de son enfant décédé, en France, l’on allègue que cela aurait un lien avec la soi-disant enquête sur les biens immobiliers et ou des sommes d’argent suspectes. Ce n’est pas tout.

Pour ne prendre que le cas d’une propriété qu’aurait Marie Madeleine Mborantsuo en Afrique du Sud, d’après nos investigations, c’est plutôt l’Hôtel Michel Angello qui a été filmé et qu’on lui attribuerait exprès pour la dénigrer et semer le doute sur sa moralité.

L’avalanche des écrits orduriers sans fondements faisant entre autres état d’une polémique imaginaire autour de la visite que la présidente de la Cour constitutionnelle aurait rendue à Jean-Claude Marin, procureur général près de la Cour de cassation de France, un ami de longue date, en est un autre exemple ridicule dénué de tout fondement.

Quand, convient-il de le rappeler, la même presse avance qu’une décoration lui aurait été décernée à l’occasion de son passage à la Cour de cassation où elle répondait à une invitation pour la rentrée du barreau de Paris le 28 novembre 2016, ceci n’est que pure allégation mensongère qui désinforme en lieu et place d’informer.

Des appartements en France ! Quoi de plus normal et où serait le problème dès lors qu’il soit établi que c’est le fruit de la sueur de son front ? Du reste, quand il s’agit d’assurer la tranquillité et la sécurité à ses enfants qui y séjournent pour raison d’études, la pratique n’en serait-elle pas courante pour des nombreux acteurs politiques majeurs ressortissants d’Afrique ? Pourquoi pas elle ?

Pour une personne de la trempe de Marie Madeleine Mborantsuo, auteur d’une carrière riche et aussi remplie, peut-on s’imaginer qu’un appartement à Paris ou ailleurs soit-il un fait hors de portée assimilable à un bien mal acquis? Voyons !

Hallali sur la morale de Tartuffe

En revanche, quel sort la justice française aidée par le Traitement du renseignement et action contre les circuits financiers clandestins (TRACFIN) et la même presse de l’Hexagone ont-t-elles eu à réserver quand il s’était agi des biens de Monsieur Ping dont les révélations ont été rendues publiques dans le contexte électoral d’août 2016 ? On n’a entendu que silence. Vraiment trop facile !

Tout est beau et sans reproche dès lors que l’on émarge dans les rangs de l’opposition à qui la virginité est garantie en un quart de tour en dépit de trois de décennies passées au cœur du pouvoir.

Pour faire justice et s’ériger en presse libre et professionnelle, l’on ne se doit pas faire fi du fait qu’à la Cour constitutionnelle gabonaise, les décisions sont prises de façon collégiale et personne n’a de voix prépondérante, si président soit-il. Par conséquent, sachons raison garder!

Pourquoi faire une fixation et ériger madame le président de la Cour constitutionnelle au rang de bouc-émissaire sur qui l’on doit essuyer tous les péchés du monde ?

A quelle époque sommes-nous ? Se croit-on encore à l’époque du triomphe de la morale de Tartuffe : une morale pour eux, une autre pour nous ? Ces questions en valent la chandelle.

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About the Author

Lazard Obiang
Lazard possède 10 ans d'expérience dans le journalisme en ligne. Il s'occupe pour AfricTelegraph de l'actualité politique et économique au Cameroun, au Gabon et au Congo. Il travaille avec différentes presse en ligne au Gabon notemmant lenouveaugabon.com.

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