Junior Binyam : « La CAN est un évènement planétaire aujourd’hui »

CAN Total Gabon 2017

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Le porte-parole de la Confédération africaine de football (CAF), Junior Binyam, a tenu ces propos au cours d’un entretien qu’il nous a accordé, à Libreville, quelques temps après le tirage au sort de la 31ème édition de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) Total Gabon 2017, prévu dès le 14 janvier prochain.

Africtelegraph : Quelle est la prochaine étape après le déroulement de la phase finale ?

Junior Binyam, porte-parole de la CAF : La prochaine étape principale, c’est la compétition qui débute le 14 janvier prochain. Dès maintenant, les équipes qualifiées doivent se préparer. Mais les organisateurs, à savoir la CAF et le COCAN Gabon 2017 doivent parachever leur préparation avant l’arrivée des premières équipes. Si l’on considère les délais règlementaires, les équipes devront arriver trois jours avant le premier match, c’est-dire autour du 11 janvier. Mais il se pourrait que des équipes souhaitent se préparer au Gabon et donc arrivent plutôt. Au plus tard, au niveau infrastructurel, nous serons prêts à la mi-décembre, sur celles où on avait encore à opérer des détails. Ce jeudi 20 octobre, nous avons lancé le programme de volontaires et cela fait partie des choses qui doivent se faire dans l’intervalle qui nous sépare de la compétition. Il faut qu’il y ait une effervescence et une mobilisation autour de la compétition pendant ces trois mois qui précèdent l’évènement.

Africtelegraph : Comment se feront les accréditations à la phase finale pour les médias audiovisuels ?

Junior Binyam : Le processus ne change pas. Maintenant que le tirage au sort est fait, parce que souvent c’est un élément déterminant pour certains médias qui doivent savoir qui joue où et quand, pour pouvoir dimensionner leurs budgets et leurs équipes. Pour vous répondre, on ouvre le processus d’accréditation des médias pour la phase finale lundi 24 octobre 2016. Et la procédure sera ouverte pendant environ 5 semaines. Elle sera la même pour ceux qui s’accréditent à travers l’espace médias de la CAF. Il faudra passer par l’espace media de la CAF. Ceux qui n’ont pas un compte devront le créer. Je sais qu’ici au Gabon, la commission communication du comité local d’organisation a été d’un grand support pour un certain nombre de médias. Il faudrait que ceux qui ont déjà une idée de l’accréditation de faire de la pédagogie pour les autres.

Africtelegraph : La procédure n’est-elle pas plus compliquée pour les médias audiovisuels ?

Junior Binyam : La chose est certainement plus complexe pour les radios et les télévisions parce qu’il y a des questions de droits audiovisuels. Même quand on n’a pas les droits, il reste une marge pour les non détenteurs de droits. Il y a toujours des choses à faire en marge de la compétition. La plupart du temps ce qui est proscrit pour les non détenteurs de droits, c’est de filmer les matches c’est de pouvoir les diffuser en direct. Mais tout ce qui est à la périphérie de la compétition leur est généralement accordé. Et une fois qu’on satisfait les demandeurs de droits, on s’intéresse aux autres. La CAN est un évènement planétaire aujourd’hui. Si on n’avait pas eu tous ces non détenteurs de droits, la compétition n’aurait pas la notoriété qu’elle a aujourd’hui. L’accompagnement des médias est indispensable.

Africtelegraph : Pourquoi les droits de retransmission de la CAN augmentent-ils à une vitesse vertigineuse ?

Junior Binyam : Nous sommes dans une ère où la dimension commerciale dicte la conduite à tenir. Mais nous veillons à ce qu’il reste un espace pour le droit à l’information. On peut comprendre que les médias en Afrique n’ont pas le matelas financier nécessaire pour faire face à des coûts de droit qui deviennent de plus en plus importants.

Africtelegraph : Etes-vous au courant des rumeurs persistantes selon lesquelles le stade omnisport Omar Bongo ne sera pas concerné pour cette CAN Total 2017 ?

Junior Binyam : Nous ne sommes plus au niveau des rumeurs. Le président de la CAF s’est prononcé sur la question. Le stade Omar Bongo ne fera pas partie des sites retenus. Déjà que c’était un bonus. Le cahier de charges de la CAF demande à chaque pays hôte d’avoir quatre sites de compétition aux normes. Le Gabon en proposait cinq. Et dans un passé récent, le seul cas de figure où on a eu cinq sites de compétition, c’était en Afrique du Sud en 2013. Et tout le monde sait qu’on avait cinq sites parce que l’Afrique du Sud avait tout l’héritage de la Coupe du Monde 2010 et donc un nombre incalculable d’infrastructures.

Africtelegraph : Le stade Omar Bongo accuse-t-il un grand ou un léger retard ?

Junior Binyam : Les travaux au niveau du stade Omar Bongo accuse un léger retard. On n’a donc pas voulu qu’au moment où on officialise les calendriers et les sites, on annonce un match dans un stade qui pourrait ne pas être prêt le moment venu. Il est possible qu’il soit prêt. Mais on a préféré prendre des options sur des infrastructures qui sont certaines. Il n’y a aucune rumeur.

Africtelegraph : N’est-ce pas un manquement du pays organisateur ?

Junior Binyam : Il est clair qu’aujourd’hui, on revient à la formule réglementaire de quatre sites et que le stade Omar Bongo qui devait accueillir le match d’ouverture et la finale n’est plus retenu comme site de compétition. Mais ce n’est pas un manquement de l’Etat gabonais, ce n’est pas un manquement du Gabon en tant que pays hôte. Je me répète le cahier de charges prescrit quatre sites de compétition et deux terrains d’entraînement annexés à chaque site de compétition.

Africtelegraph : Libreville a une cinquantaine de radio et de télévisons périphériques. Ne seront-ils pas exclus alors qu’ils peuvent donner une autre dimension à l’évènement ?

Junior Binyam : Les droits concernent la diffusion en directe des matches. Il y a une logique de marchés. C’est le marché qui dicte. Chez les militaires, on dit que c’est le terrain qui dicte la manœuvre. On peut selon la position du marché dire que c’est devenu trop cher. Peut-être qu’en Afrique on continue d’avoir les prix les plus bas pour les droits. On a un spectacle qui, pour le mettre en place, il coûte excessivement cher. On a également des engagements aujourd’hui que ce soit au niveau infrastructurel qu’au niveau structurel, marketing, image qui font qu’on a besoin de cet argent. Les joueurs qui viennent, les fédérations qui se mobilisent, cela a forcément un coût. On ne peut pas être dans les conditions du passé. Les non détenteurs peuvent faire la séance officielle d’entraînement, la conférence de presse d’avant match, et même certaines activités après les matches, c’est-à-dire la conférence de presse de la zone-mixte, la seule chose qu’on ne permet pas aux non détenteurs de droits, c’est de pouvoir avoir des matches en directe, des caméras dans le stade quand les matches se disputent. Il faut aussi que nos médias soient éduqués. Quand vous donnez un badge de non détenteurs de droits, le propriétaire essaie toujours d’outrepasser ce qui est permis. A partir de ce moment celui qui paie et constate en bout de chaîne qu’il a exactement les mêmes droits que celui qui n’a pas payé. Il aura tendance à ne plus payer. C’est la mort programmée forcément de l’institution qui organise cette compétition. Car elle tire l’essentiel de ses ressources de ces droits télé et marketing. On donnera la priorité aux agences de presse car la CAN arrivera en Australie par exemple grâce aux agenciers.

Africtelegraph : Sur le plan local, n’y a-t-il pas une mesure qu’on puisse attendre de vous pour que les journalistes gabonais qui sont nombreux à ne pas avoir un passeport, puisse couvrir la CAN Total 2017 sans ce document ?

Junior Binyam : Le principe des règles ce sont les exceptions. Au Rwanda, en janvier, on a dû faire une entorse parce que dans l’Afrique de l’Est il y a huit pays dans lesquels vous pouvez circuler sans passeport. On a eu effectivement des journalistes qui n’avaient pas de passeport, mais qui pouvaient partir de la Tanzanie ou de l’Ouganda, pour venir au Rwanda. Dans ces cas, on a dû faire une entorse au cas par cas. Mais je n’ai pas encore eu du comité local une demande qui irait dans le sens d’avoir un nombre important des hommes de médias au Gabon qui ne soient pas détenteurs de passeport. Mais comme je vous ai dit, à situation exceptionnelle on s’ajuste. Rien n’est coulé dans le marbre. On garde quand même une certaine flexibilité par rapport à chaque environnement.

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Lazard Obiang
Lazard possède 10 ans d'expérience dans le journalisme en ligne. Il s'occupe pour AfricTelegraph de l'actualité politique et économique au Cameroun, au Gabon et au Congo. Il travaille avec différentes presse en ligne au Gabon notemmant lenouveaugabon.com.

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