RDC : Les autorités entretiennent-elles une milice dans le Kasaï ?

Une milice soutenue par le gouvernement

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Le conseil des droits de l’homme des Nations Unies réuni le 20 juin à Genève en Suisse, soupçonne les “Bana Mura” d’être à la solde du gouvernement congolais et de perpétrer des massacres sur instruction de ce dernier.

Les autorités congolaises sont accusées par le conseil des droits de l’homme de l’ONU d’avoir armé une milice appelée Bana Mura pour combattre la rébellion du défunt chef traditionnel Kamuina Nsapu. Mardi  dernier, au cours d’une session de travail dudit conseil, le haut commissaire aux droits de l’homme des Nations Unies, Zeid Ra’ad Zeid Al-Hussein s’est indigné du soutien de cette milice par le gouvernement congolais.

La milice Bana Mura soutiendrait les forces armées de la République Démocratique du Congo (Fardc) dans les combats contre les autres groupes armés précisément les rebelles Kamuina Nsapu. Soupçonnés d’être proche du gouvernement, les Bana Mura auraient perpétrés selon les Nations Unies des massacres contre les civils des groupes ethniques luba et lulua, dont sont issus les miliciens Kamuina Nsapu.

Des attaques qui selon l’ONU s’élèvent à des centaines  de morts. Parmi les victimes, on a enregistre les enfants âgés de moins de deux ans décédés des suites de mutilations. Au fur et à mesure que le temps passe, le bilan ne fait que s’alourdir. D’un autres côté, le conseil des droits de l’homme de l’Onu dénonce les violences commises par les miliciens Kamuina Nsapu. Zeid Ra’ad Zeid Al-Hussein parle d’attaques ciblées contre des agents de l’Etat et évoque la présence de nombreux enfants dans les rangs de la milice Kamuina Nsapu.

Un récent rapport de l’église catholique présenté au conseil des Nation Unies à Genève témoigne de l’intensité des violences dans le Kasaï. L’église catholique parle de plus de 3300 morts dans six diocèses de la région en quelques mois seulement. A ces morts s’ajoute de nombreuses pertes matérielles: près de 3700 maisons ont été incendiées et 20 villages détruits. Aussi, l’église catholique déplore la destruction de ses 300 bâtiments qui abritaient 141 écoles.

Les responsables de ce carnage sont selon l’église catholique, les forces gouvernementales. Mais le gouvernement n’a pas tardé à réagir face à ce rapport. Le porte-parole du gouvernement a indiqué que ce bilan sera confronté aux chiffres officiels. Au regard de ces statistiques, le conseil des droits de l’homme des Nations Unies pensent que le gouvernement congolais ne rempli pas sa mission première qui est la protection des personnes et des biens.

De ce fait, Zeid Ra’ad Zeid Al-Hussein demande l’ouverture d’une enquête internationale. En dehors des 42 fosses communes découvertes, l’ONU pensent fermement qu’il en existe d’autres. Mais la demande d’ouverture d’une enquête de l’ONU se heurte à l’opposition du gouvernement congolais.

Le régime de Joseph Kabila pense que les Nations Unies ne cherchent pas où il faut car, s’ils existent des fosses communes, celles-ci se trouveraient dans les « tshiotas », qui sont les centres d’initiation des miliciens. Ce centres d’initiation sont selon les autorités congolaises, des véritables boucheries humaines. La position de Kinshasa est d’ailleurs soutenue par d’autres pays africains. Kinshasa se dit disposé pour une enquête afin de faire la lumière sur ces atrocités.

Il faut rappeler que bien avant les accusations du haut commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme portant sur l’armement d’une milice par les autorités, c’est l’ambassadrice des États-Unis à l’ONU qui passait à l’offensive.

Nikki Haley, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, affirmait détenir un nouveau rapport faisant état d’une vaste compagne de meurtres et viols des femmes et enfants impliquant les militaires congolais. Washington tout comme les Nations Unies restent déterminés à trouver les coupables des atrocités du Kasaï. Surtout les assassins des deux experts des Nations Unies. Mais la demande d’ouverture d’une enquête internationale pourra être lettre morte avec le refus de Kinshasa.

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Destin Mballa
Destin Mballa, journaliste camerounais.

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