Terrorisme : Le Cameroun débordé par les réfugiées Nigérians

Les réfugiés nigérians au Cameroun

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A Kolofota dans la région de l’Extrême-Nord où le flux ne fait qu’augmenter, le gouverneur Midjiyawa Bakary qui appelle désormais le Nigéria à la prise de ses responsabilités prévoit le rapatriement de ces personnes d’ici le 15 juillet prochain.

La ville de Kolofata dans le département du Mayo Sava, région de l’Extrême Nord est débordée par l’afflux des réfugiés nigérians fuyant les exactions de Boko Haram. Au cours d’une visite des sites d’accueil des réfugiés, le gouverneur de ladite région, Midjiyawa Bakary s’est dit très préoccupé par l’augmentation du nombre des réfugiés.

Parmi ces personnes, on note majoritairement des vieillards, des femmes et des enfants, vivant dans des conditions déployables. La plupart des sites n’ont pas de toilettes, ni eau potable, les réfugiés en plus sont mal nourris, mais aussi il est difficile d’assurer leur sécurité dans ces conditions.

C’est la raison pour laquelle le numéro 1 de la région de l’Extrême-Nord demande leur rapatriement immédiat. Mais le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) s’y oppose fermement en évoquant au passage la résolution tripartite entre le Cameroun, le Nigeria et le HCR.

Cette résolution veut que les réfugiés regagnent volontairement leur pays d’origine. Mais le gouverneur Midjiyawa Bakary pense que le Nigéria qui est un vaste territoire avec ses 36 états fédérés peut mieux s’occuper de ses réfugiés. Seuls trois Etats fédérés sont touchés par Boko Haram. Midjiyawa Bakary a donc prévenu: d’ici mi juillet, les rapatriements des nigérians seront faits avec ou sans le consentement du HCR.

Il faut rappeler que depuis le jeûne du ramadan, le nombre d’attentat a presque doublé au Nigéria. Les exactions de Boko Haram sont quasi quotidienne dans la partie Nord-Est du Nigéria frontalière avec le Cameroun. Boko Haram procède par des enlèvement, vols de bétails, attentas suicides. Et, les populations terrorisées fuient vers le Cameroun.

A cet effet, la ville de Kolofata est très sollicitée. Conséquences, le nombre de réfugiés qu’accueille le Cameroun par mois est passé de 182 à 937. Des réfugiés qui viennent s’ajouter aux 19 600 personnes déplacées internes réparties sur 28 sites de la ville de Kolofata. Le Lycée Bilingue de cette ville seul abrite 4920 personnes venues principalement des localités de Greya, Aldjé, Wawouli, Wavouze, Bamé. Conséquences, la ville est débordée car sa capacité d’accueil ne lui permet plus de continuer à recevoir les personnes déplacées suites aux exactions de Boko Haram.

En plus de sa capacité d’accueil limitée, la ville de Kolofata elle-même est la cible d’attentat terroriste. En quelques jours seulement dès le debut du jeûne du ramadan, pas moins de 15 attaques se sont produites à Kolofata. La dernière en date qui s’est déroulée le 21 juin, a fait au moins 10 morts et une trentaine de blessés.

Il a d’ailleurs été constaté qu’avec l’augmentation du nombre de réfugiés, les attentats suicides ont pris  une ampleur importante. Résulats de course, les Camerounais se méfient désormais des femmes et enfants nigérians réfugiés dans leur territoire. Car les terroristes de Boko Haram utilisent beaucoup plus les femmes et les enfants pour perpétrer les attaques kamikazes.

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Destin Mballa
Destin Mballa, journaliste camerounais.

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