Les vannes des bailleurs de fonds fermées à la RDC

Le Premier ministre congolais, Bruno Tshibala

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La RDC n’inspire pas confiance autant dans sa stabilité que dans sa gestion. La Banque mondiale (BM) vient de classer ce pays dans le rang des pays africains où la qualité des politiques publiques, autrement dit la gouvernance, fait défaut.

Avec cet indice sombre, le pays ne peut donc s’attendre à grand-chose de la Banque mondiale concernant les appuis budgétaires attendus par Kinshasa.

La BM, qui partage avec le FMI la dénomination des institutions de Bretton Woods, regrette que toutes les chances de la RDC de bénéficier de nouveaux financements de son guichet concessionnel sont limitées. Dans un rapport publié depuis son siège de Washington, la BM constate que pour 38 des 54 pays du continent, la qualité des politiques et des institutions nationales a reculé.

Or, ce rapport sert de base à l’allocation des prêts et dons aux pays africains les plus pauvres. Dans le classement établi, la RDC est classée dans les rangs des pays africains qui ont connu un net recul en termes de gouvernance, affichant un recul de 0,1.

Pour les habitués des couloirs de la BM, ce rapport vise la gouvernance de ce qu’est le Doing business pour le climat des affaires, publié annuellement par la Société financière internationale (IFC), filiale du groupe de la Banque mondiale dédiée au secteur privé. Intitulé : « Evaluation des politiques et des institutions nationales en Afrique (CPIA) », la dernière mouture du rapport décrit un état des lieux préoccupant de la gestion économique, des politiques structurelles et d’inclusion sociale ainsi que du secteur public dans certains pays du continent.

L’on se souvient encore de ce refus du Fonds monétaire international d’accorder des crédits budgétaires à la RDC dans le cadre du soutien à sa balance des paiements. Répondant, dans sa lettre du 29 juin 2017, au gouvernement congolais, la directrice générale du FMI avait posé le préalable d’une « trajectoire crédible vers la stabilité politique » pour ouvrir les vannes du FMI à la RDC. Un prérequis qui va pratiquement doucher toutes les prétentions du gouvernement.

C’est un mauvais signal pour les bailleurs des fonds. Et par ce temps de vaches maigres où les finances publiques frôlent le rouge, le rapport de la BM réduit sensiblement les marges de la RDC de prétendre à divers appuis budgétaires. Comme le FMI, la BM s’est engagée sur la même voie. La terre serait-elle déjà en train de se dérober sous les pieds de Bruno Tshibala ?

Même si ce rapport n’est pas bien connu du grand public, ses conclusions pèsent dans l’orientation de la politique de crédit de la BM. Il est prouvé que ce rapport est décisif dans la clef de répartition des aides financières aux pays les plus pauvres, d’autant que la CPIA mesure les capacités des États à asseoir des institutions et des politiques favorables au développement inclusif.

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William Tambwe
William Tambwe, chroniqueur et éditorialiste pour Africtelegraph.

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