Affaire Veolia-État gabonais : Le patronat français intimide le premier ministre

Pierre Gattaz du Medef pour VeoliaPierre Gattaz du Medef pour Veolia

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Une correspondance du président du Mouvement des entreprises de France (Medef) adressée au chef du gouvernement, Emmanuel Issoze Ngondet, le 26 février, lui rappelle les enjeux de la coopération entre la France et le Gabon avant d’annoncer une procédure judiciaire dans le différend qui oppose Veolia à l’Etat gabonais.

Dans le film “Les Crocodiles du Botwanga”, le directeur Afrique de “Totelf” rappelle au “capitaine Bobo” président du Botwanga que rompre avec “Totelf” au profit des chinois c’est menacer les intérêts de la France et par conséquent s’attendre à des représailles de la part de Paris.

Une intimidation que ne va d’ailleurs pas digérer le « Capitaine Bobo ». Sans vouloir bien sûr comparer le président Ali Bongo au personnage du « Capitaine Bobo”, on peut dire que c’est exactement le même scénario qui est observé au Gabon dans l’affaire qui oppose l’État au groupe français Veolia.

Si on revient dans le film, “le Capitaine Bobo” veut vendre le bois et le pétrole aux Chinois parce qu’il estime que ceux-ci au moins lui apportent satisfaction pour le développement réel de son pays. Tandis que la  France n’est là que pour « piller » sans apporter le moindre développement, au contraire contribue à l’accroissement de la pauvreté.

Suite à la mauvaise qualité de service offert aux Gabonais dans le cadre de l’approvisionnement en eau potable, l’État a eu la lucidité et le courage de mettre un terme à son partenariat avec cette entreprise après qu’elle ait quitté elle-même la table des négociations. Sans tarder, la France a réagi à travers son Patronat, le Mouvement des Entreprises de France (Medef).

Le patron du Medef, Pierre Gattaz, dans une sortie épistolaire tente d’intimider le premier ministre gabonais en lui faisant des leçons de morales et en le menaçant par le recours aux procédures judiciaires. Cependant, les Gabonais s’interrogent sur cette attitude de la France.

Le Gabon étant un pays ami de la France, doit d’abord veiller à ses intérêts et à la protection de son peuple comme le fait d’ailleurs l’hexagone partout dans le monde. De ce fait, le partenariat entre la France et le Gabon doit être gagnant-gagnant et non tromper l’autre au nom de sa suprématie diplomatique, financière, économique, technologique, culturelle et militaire.

La France, pays des droits de l’homme, devrait-elle accepter que les Gabonais n’aient pas accès aux éléments de base que sont l’eau et l’électricité? La France, pays des écologistes, devrait-elle cautionner la destruction de l’environnement par une de ses entreprises et exposer les populations à de gros risques?

Le Medef a-t-il pensé à la responsabilité sociétale des entreprises? Autrement, la France qui lutte contre le réchauffement climatique devrait-elle accepter qu’une de ses entreprises soit à l’origine de la pollution de l’environnement?

Est-ce que la suprématie de la France envers le Gabon, si tel est le cas, lui confère la violation de ses propres principes au nom du profit? Oui, défendre ses compatriotes et ses intérêts, mais le Medef devrait commencer par investiguer pour savoir réellement ce qui s’est passé au lieu de prendre partie comme il le fait et soutenir l’imposture des compatriotes.

Car, ce n’est pas aujourd’hui que Veolia est implanté au Gabon. De plus, le Medef n’est pas intervenu lorsque Veolia a été épinglé par la justice américaine. Qu’a fait le Medef? Son président n’est pas allé faire des leçons de morale et intimider le procureur général du Michigan tout simplement parce que c’est une affaire de rapport de force.

C’est devenu récurent ces mauvais services qu’offrent les entreprises françaises en Afrique. En dehors de Veolia, plusieurs forfaits ont été commis par d’autres. Les pays africains ont certes besoins d’investisseurs, mais ceux qui sont sérieux et même en défendant leurs intérêts ne causent la chute du continent.

Certains français qui ont le Gabon dans leur collimateur vont certainement exploiter cette affaire pour accentuer leur processus de déstabilisation. La preuve, les intimidations du Medef à l’endroit de tout un chef du gouvernement en disent beaucoup. Mais, le Premier ministre reste serein comme Pierre Gattaz a lui même dit : « la transparence sera faite sur ce dossier et que la justice sera rendue de façon loyale ». Le diable a la montre, Dieu a le temps!

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Mballa
Destin Mballa, journaliste camerounais.

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