Algérie : La démission de Bouteflika étanchera-t-elle la soif des Algériens ?

Manifestation à Alger le 22 mars 2019 © AFP - RFI

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Depuis six (6) semaines. Banderoles après banderoles. Slogans après slogans. Vendredi après vendredi. Les Algériens administrent une leçon de démocratie, de ténacité et de maturité au monde. Nul besoin de violence. Aucun commerce vandalisé. Nulle part, ces scènes apocalyptiques qui ornent les fins ou les contestations de régime, si « traditionnelles », même dans les démocraties dites « développées ». La rue, rien que la rue. Sans armes. Sans pneu brûlé. Rien que de la pugnacité, de la foi et de la conviction en un idéal : celui du changement.

Le changement de vingt (20) ans de règne sans partage. Vingt ans d’imposition. Aussi pesant que le poids de l’âge qui empêche le président Abdelaziz Bouteflika de redresser le buste pour regarder ses concitoyens. Leur parler. Et leur dire pourquoi il s’entête dans son entêtement à rester à la tête d’un pouvoir qui n’a désormais de tête que l’envie d’un conglomérat de personnes avides de conserver des privilèges indus.

Semaine après semaine. Comme les termites qui construisent leur termitière. Motte de terre après motte de terre. Avec la conviction de la goutte d’eau qui est sûre qu’elle viendra à bout du granit avec l’aide du temps et de sa résistance, les Algériens ont réussi à dessouder le patriarche de ses amarres. L’armée a quitté son quai. Les jockeys  de l’économie ont déserté son écurie. Seul. Esseulé. Abandonné dans un désert de solitude, il a fini par lâcher du lest, encore et encore et toujours. Mais jamais assez pour contenter la faim de changement qui tenaille les manifestants massés dans les rues d’un pays en train d’écrire l’une des plus marquantes pages de son histoire.

L’arme invisible a tellement meurtri le président grabataire qu’il a finalement annoncé ce 1er avril 2019 sa démission avant la fin de ce mois, soit avant le « terminus » de ce mandat qu’il  voulait tant renouveler et qui a conduit à sa perte. Sa perte ? Non. Sa sortie par une porte de l’Histoire qui ne fera pas honneur à son nom et à sa lignée.

La décision de démissionner et d’enclencher «d’ importantes mesures » avant de quitter le palais présidentiel suffira-t-elle à étancher la soif apparemment inextinguible des Algériens ? La réponse par l’affirmative est une gageure. Les manifestants ne veulent pas le départ d’un individu. Ce n’est pas l’extirpation d’une pièce défectueuse, quand bien même elle serait importante, qui semble nourrir leur courage. Mais bien l’achat d’un nouveau moteur, la greffe d’un nouveau cœur à une Algérie qui a besoin de sortir des sentiers rances et révolus des dictateurs dynastiques à vie.

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Abdoulaye TRAORE
Correspondant Africtelegraph au Burkina.

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