Appui financier du FMI au Gabon : Régis Immongault se montre rassurant

Régis Immongault, ministre de l'économieRégis Immongault, ministre de l'économie

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642 millions de dollars, soit 382 milliards de F.CFA, c’est l’appui financier octroyé au Gabon par le FMI depuis le 19 juin dernier. Il n’en fallait pas plus pour ouvrir la voie à la polémique et aux commentaires les uns aussi extrêmes que les autres. Que retenir de toutes ces envolées ?

Contrairement à l’opinion qui s’est répandue comme une traînée de poudre, le Gabon n’est nullement sous tutelle du FMI. Tout comme l’accord financier que vient de lier le Gabon avec le FMI n’a rien à voir avec une économie gabonaise qui serait en faillite. Loin s’en faut.

Pour le ministre de l’Economie, Régis Immongault, « Le programme du Gabon avec le FMI entre en droite ligne de la vision du gouvernement axée sur le plan de relance économique, 2017-2019, qui a pour principal objectif une croissance inclusive dont le volet social constitue le socle ».

C’est avec toute la spontanéité qu’il a situé les origines et le contexte. « En réponse à la fragilisation du cadre macroéconomique elle-même consécutive à une conjoncture internationale difficile marquée notamment par une érosion des cours du pétrole rarement atteinte, c’est en toute responsabilité que le gouvernement de la République s’est mis dans une perspective proactive », a-t-il lancé.

C’est un programme de relance mis en place par le gouvernement gabonais

En effet, le ministre de l’Economie a noté pour s’en réjouir que dans une posture avant-gardiste, le président de la République, chef de l’Etat, Ali Bongo Ondimba, avait donné des fermes instructions au gouvernement via le Premier ministre pour élaborer un programme de relance économique bien avant la Conférence des chefs d’Etat de la CEMAC tenue le 23 décembre 2016 à Yaoundé au Cameroun.

C’est justement pour récompenser la vision, les efforts et la réactivité des autorités gabonaises face aux chocs dont les conséquences négatives fragilisent l’ensemble des pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), que le FMI et son conseil d’administration ont approuvé le programme présenté par le Gabon.

Pour l’éclairage des uns et des autres, le ministre s’est voulu rassurant. « Ce programme n’a rien d’égal avec ceux que l’on a connus dans les années 80 étiqueté programme d’ajustement structurel aux conséquences sociales dramatiques ».

De ce point de vue, le ministre de l’Economie se félicite de la même longueur d’onde qui prévaut entre les deux parties. D’une part le programme du Gabon avec le FMI découle d’une approche volontariste du gouvernement et d’autre part, pour ce qui est des conditionnalités émanant du FMI, elles sont conformes et prennent en compte l’amélioration de la position budgétaire et monétaire, la poursuite de la diversification et la reprise de la croissance économique en plus de la réduction de la pauvreté. Des préoccupations majeures soutenues par les autorités gabonaises.

L’économie gabonaise a des ressorts

Somme toute, il s’agit d’une série des mesures mises en œuvre depuis l’accession d’Ali Bongo Ondimba au pouvoir en 2009 et qui ont permis de jeter les bases de la résilience aujourd’hui reconnue à l’économie gabonaise.

Pour faire complet, il convient de noter qu’à cette architecture viennent se greffer d’autres axes stratégiques non moins importants comme rééquilibrer les finances publiques, renforcer la gouvernance économique notamment à travers l’amélioration de l’environnement des affaires, accompagner les filières stratégiques, la restructuration des entités publiques ainsi que le renforcement des instruments de financement de l’économie sans omettre la nécessité de réaliser des investissements productifs structurels et d’infrastructures destinés à développer la capacité productive du pays.

Notons également, comme le précise Régis Immaungoult, que la politique budgétaire avec le FMI vise à ramener le déficit global à 4,6 % du PIB en 2017 contre 6,6% en 2016.

Quant au déficit primaire hors pétrole, il viserait les 8,9% du PIB en 2017 contre 11% en 2016.

Le Gabon a déjà eu à subir de chocs antérieurement, mais sa capacité à résister était moindre.

Tout le contraire de ce qui se passe depuis 2014. En dépit du fait qu’il affronte l’un des chocs majeurs qu’il n’ait jamais subi (entre 2014 et 2015, les prix du pétrole ont chuté de plus de 50% et ce déclin s’est poursuivi en 2016), la croissance a mieux résisté que lors des épisodes précédents. Elle s’est située à 3% en 2015, 2,1% en 2016 et se prévoit à 1,1% pour le compte de 2017.

Le Gabon n’est pas en marge de ses pairs de la CEMAC

Autre détail à noter, l’intervention du FMI en zone CEMAC relève d’une initiative collective des pays de la sous-région telle que décidée par les chefs d’Etat lors du sommet de Yaoundé le 23 décembre dernier.

Outre le Tchad et la RCA qui sont déjà en programme avec le FMI, le Congo et la Guinée Equatoriale poursuivent leurs discussions en vue de s’engager dans un programme auprès de la même institution.

Aux dernières nouvelles, après le Gabon la semaine dernière, le tour est revenu au Cameroun qui vient de se voir octroyer par le FMI un prêt de 666,2 millions de dollars depuis ce lundi 27 juin 2017.

Hors zone CEMAC, tous les pays de l’UMOA sont en programme avec le FMI, convient-il de savoir. Et, à n’en point douter, ils ne s’en portent pas moins bien.

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