La grande offensive numérique chinoise en Afrique : colonisation 2.0 ou opportunité piégée ?

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Depuis plusieurs années, l’Afrique assiste à une véritable invasion technologique venue d’Asie, principalement de Chine, menaçant d’emporter toute souveraineté numérique du continent dans un raz-de-marée incontrôlable. Les investissements chinois en infrastructures numériques africaines atteignent aujourd’hui des montants astronomiques, plaçant de nombreux pays africains dans une position de dépendance inquiétante.

Des câbles sous-marins aux centres de données gigantesques, en passant par les infrastructures mobiles et le déploiement massif de la 5G, les entreprises chinoises telles que Huawei et ZTE ont réussi à étendre une emprise technologique presque totale sur le continent. Mais derrière ces avancées spectaculaires se cachent des préoccupations profondes : espionnage numérique, transferts massifs de données personnelles, cyberattaques récurrentes et contrôle politique croissant exercé indirectement par Pékin.

En Éthiopie, au Kenya, en Afrique du Sud ou au Nigeria, l’influence chinoise dans les infrastructures numériques commence à inquiéter sérieusement les experts et observateurs internationaux. La Chine, en contrôlant les plateformes numériques vitales de ces nations africaines, pourrait théoriquement bloquer ou ralentir les services de communication, contrôler les flux d’informations, ou même mener des opérations de surveillance numérique à grande échelle sur les populations locales.

Cette inquiétude se concrétise déjà avec l’installation de systèmes de reconnaissance faciale et de surveillance électronique dans des pays comme l’Ouganda ou le Zimbabwe, officiellement destinés à « sécuriser » les villes, mais potentiellement utilisables à des fins de contrôle et de répression politique. Une dérive technologique qui rappelle étrangement les pratiques de contrôle social déjà déployées par Pékin sur son propre territoire.

Au-delà de la seule surveillance numérique, la dépendance technologique envers la Chine expose l’Afrique à des risques économiques majeurs. Les contrats d’infrastructures sont souvent assortis de conditions financières opaques, entraînant les États africains dans des spirales de dettes insoutenables. La dette liée aux technologies chinoises est devenue un piège subtil dans lequel les pays africains tombent un à un.

Face à cette menace, les gouvernements africains semblent paralysés par leur besoin de financements rapides et conséquents, incapables de résister aux offres chinoises, aussi risquées soient-elles. Dans ce contexte critique, seule une prise de conscience massive et urgente de la société civile et une coordination efficace à l’échelle continentale pourraient enrayer cette dépendance technologique croissante avant qu’elle ne devienne totalement irréversible.

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