Cameroun: L’unité célébrée dans la désunion

La désunion au Cameroun

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La fête nationale est célébrée ce 20 mai sur toute l’étendue du territoire national sous fond de tensions sociales.

Le président de la République, Paul Biya préside ce jour la grande parade civile et militaire marquant la 45e fête nationale de l’unité du Cameroun. Ces festivités interviennent au moment même où l’unité nationale présente de graves fissures.

La crise anglophone dans la région du Sud-Ouest et du Nord-Ouest, le chômage, la corruption, le terrorisme, et toute sorte d’injustices sociales sont les maux qui menacent la cohésion sociale et le vivre ensemble. Le mal est profond au point où beaucoup se demandent ce que l’on célèbre exactement chaque 20 mai.

Raison pour laquelle certains partis politiques de l’opposition à l’instar du Social democratic front (Sdf) et du Cameroon people’s party (Cpp) ont décidé de ne pas prendre part à ces festivités. Ainsi, Ni John Fru du Sdf et Edith Kah Walla du Cpp ont lancé un appel au boycott à ces moments censés rassembler tous les citoyens du Cameroun autour d’un idéal : l’unité nationale.

Le Sdf justifie sa position en évoquant l’incapacité du président Biya, à trouver des solutions adéquates aux problèmes des Camerounais. Le Chairman parle également du manque de volonté du chef de l’Etat à fournir un Code électoral à ses concitoyens. Cette position de Ni John Fru Ndi s’appuie sur ce qu’il qualifie d’inertie gouvernementale face à la profonde crise sociopolitique qui menace la paix et l’unité nationale.

Le Cpp également maintient son appel au boycott à ces festivités. Edith Kah Walla précise que l’unité nationale suppose le rassemblement et non l’exclusion de certains groupes. Cependant, le parti de Kah Walla reste divisé autour de cette question.

Entre les militants disposés à prendre part au défilé et ceux qui sont contre, la fracture semble profonde. Des divergences qui fragilisent l’unité du jeune parti dont la première participation à l’élection présidentielle remonte en 2011.

Par contre, d’autres formations politiques de l’opposition y prendront part. On a à cet effet l’Undp (Union nationale pour la démocratie et le progrès), le Fsnc (Front pour le salut national du Cameroun). Mais aussi, l’Upc (Union des populations du Cameroun), Udc (Union démocratique du Cameroun) et le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc).

S’agissant du Mrc, son président National, Maurice Kamto a souligné l’urgence de donner un contenu à l’unité nationale du Cameroun. Cette fête, selon le Mrc, intervient dans un contexte marqué par la crise anglophone qui perdure dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Mais aussi à cause de la posture de défiance et provocation de l’Etat vis-à-vis du peuple.

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Destin Mballa
Destin Mballa, journaliste camerounais.

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