Chili : Le sexe s’invite dans l’église catholique

Pape FrançoisPape François

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Allo ! Allo ! Dérives sexuelles à grande échelle au sein de l’épiscopat chilien mais au-delà, c’est tout l’édifice catholique romain qui se trouve sérieusement ébranlé.

Si le droit canonique a montré ses limites pour stopper la pédophilie sous toutes ses formes, le temps n’est-il pas venu de livrer les ministres de Dieu accusés de  déshumaniser leurs ouailles aux prescrits et à la rigueur du droit pénal ordinaire pour se débarrasser de l’étoffe d’une église complice ?

En tout cas, c’est le dilemme cornélien que le pape argentin François doit affronter avec la force de l’esprit saint ou l’inspiration du Saint-Esprit. La nuance en vaut la chandelle.

Il ne faut pas différer les problèmes en permanence. Il faut savoir mettre le doigt là où ça fait mal.

Le vendredi 18 mai dernier, jour où l’ensemble des évêques chiliens, accusés d’avoir couvert des actes pédophiles, remettaient leur démission au pape, l’église chilienne a enregistré une véritable secousse tellurique du à ce nouveau scandale sexuel.

Les atteintes sur mineurs, les relations sexuelles tarifiées dans des maisons de passe, est-il révélé dans l’enquête qui dénonce ce scandale, n’ont pas pu préoccuper outre mesure en dépit des nombreuses alertes  parvenues au sommet de leur hiérarchie.

Quatre jours plus tard,  soit le 22 mai, le tour est venu à l’évêque de Rancagua, à 80 km au sud de Santiago d’annoncer la suspension de 14 prêtres qui ont « commis des actes qui peuvent constituer des crimes dans les domaines civil et canonique ».

D’après les témoignages d’une paroissienne de la ville de Rancagua, les prêtres impliqués s’étaient façonné une nébuleuse avec une structure pyramidale qui se faisait appelée « la famille ».

Dedans,  du plus gradé au moins gradé, cette pègre s’était attribuée des noms de code dont « la grand-mère », pour le chef de bande,  suivi par « les tantes », « les filles », « les petites filles », tous des prêtres, dénonce-t-elle.

« C’était une espèce de confrérie, de secte composée d’un groupe de prêtres qui avaient des pratiques contraires à leur condition de curé avec des jeunes de 15 à 29 ans, en tout cas à mon époque », a-t-elle témoigné.

Majeurs, mineurs, tout était bon, sans distinction, soutiennent les accusations portées dans l’enquête.

Pour enfoncer le clou : « Les membres de ce groupe se rendent régulièrement à Santiago pour avoir des relations sexuelles tarifiées avec des jeunes prostituées », ajoute-t-on.

Les éléments de l’enquête ne ménagent pas du tout l’hiérarchie de l’église. Les responsables avaient reçu des alertes avec des précisions de taille sur les noms de prêtres déviants et leurs pratiques sans suite, soutient-on dans l’enquête.

L’évêque Goic, qui fait partie des évêques démissionnaires tout comme le pape argentin François se sont toujours cachés derrière l’absence des preuves.

Même les récents aveux d’un prêtre comme Luis Rubio qui a reconnu les faits n’ont rien fait pour ébranler les positions figées de plus hauts responsables de l’église.

Pas plus tard qu’en janvier 2018, Mme Fernandez qui dit avoir fait parvenir une lettre à l’épiscopat chilien déclare que c’est resté lettre morte.

Les associations de victimes avaient porté des sérieuses critiques contre l’attitude du pape François accusé d’être  laxiste et débonnaire.

Elles exigeaient déjà en janvier 2018 des sanctions contre le clergé, soupçonné d’agressions sexuelles. Rien n’y fait.

Pour l’heure, le moins que l’on puisse dire est que le Saint père reconnait qu’il s’agit d’un naufrage collectif qui appelle une solution collective.

Du coup, certaines questions se posent. Doit-on en rester à une simple reconnaissance des faits comme c’est d’ailleurs le cas maintenant de la part des autorités de l’église ? Des simples regrets suffisent-ils pour remettre à l’honneur les vœux d’obéissance et chasteté, pilier de l’église catholique romaine ? Doit-on en rester aux bonnes intentions, suspensions, délocalisation géographique des prêtres ou trouver refuge dans la loi de l’Omerta pour espérer rendre ses lettres de noblesse à une église plus proche de la déperdition qu’autre chose ?

Si l’on admet que tout homme est un homme, donc faillible, l’on se doit également d’admettre que prêtre ou pas, tout le monde est égal devant la justice. Qu’il s’agisse de la justice de Dieu ou celle des hommes. Alors, le débat est ouvert !

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William Tambwe
William Tambwe, chroniqueur et éditorialiste pour Africtelegraph.

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