En raison d’une sécheresse sans fin, les dromadaires éthiopiens perdent leur bosse

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Les sécheresses se multiplient dans la Corne de l’Afrique, notamment en Ethiopie. Le pays connait même la pire sécheresse de son histoire, au point que les dromadaires n’ont même plus de quoi se nourrir pour remplir leur bosse. Une situation qui alarme les organisations humanitaires.

Si les images d’enfants n’ayant plus que la peau sur les eaux semblent insuffisantes pour interpeller le grand public, peut que celles montrant des dromadaires sans bosse feront réagir. Depuis fin 2020, en Ethiopie, il n’a pratiquement pas plu. Le mois d’avril dernier, théoriquement l’un des plus arrosés de l’année, n’a offert que de l’air brûlant et sec et de la terre poussiéreuse et stérile.

Deuxième pays d’Afrique par sa population, derrière le Nigeria, l’Ethiopie traverse la pire sécheresse de son histoire et même les camélidés n’ont plus de réserve. Constituée de 15 kilos de graisse, la bosse du dromadaire correspond à son stock de nourriture. Aujourd’hui, bon nombre de ces animaux n’ont plus de bosse du tout, particulièrement dans l’Est du pays, où la situation est la plus dramatique.

Même si les épisodes de sécheresse font partie de l’histoire du continent africain, ils se sont multipliés par deux en l’espace de 20 ans. L’Ethiopie n’a pas connu de saison des pluies depuis 2019. Hier, l’Agence France Presse (AFP) racontait l’histoire d’une famille dont les 3 ânes et les 100 chèvres sont morts de faim, et les dromadaires se sont mangés entre eux pour survivre.

Selon le bureau des Affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) la sécheresse actuelle a tué près de 1,5 millions de têtes de bétail dans le pays, dont près de deux tiers en région Somali. Quand on sait que l’élevage est source de nourriture, de revenus et d’économies pour une majorité d’habitants de la région, il y a toutes les raisons d’être inquiet pour leur survie. « Entre 5,5 et 6,5 millions d’Ethiopiens (soit entre 5 et 6% de la population) sont en grave sécurité alimentaire en raison de la sécheresse », alerte l’OCHA.