Fête du 20 mai : Paul Biya renvoie le remaniement

Paul Biya, président du Cameroun

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Les membres du gouvernement viennent de recevoir leur carton d’invitation à la réception solennelle du palais de l’unité, à l’occasion de la fête nationale. A moins que ce soit un subterfuge pour les endormir.

L’équipe Yang 3 et assimilés, les dirigeants de sociétés publiques et parapubliques ainsi que les corps constitués de l’Etat, viennent de recevoir chacun son carton d’invitation pour la traditionnelle réception solennelle offerte par le couple présidentiel pour le 20 mai.

Cet acte, selon des observateurs de la scène politique camerounaise, est de nature à laisser croire que le chef de l’Etat ne remaniera pas l’équipe gouvernementale avant une semaine. C’est donc un laps de temps qui vient d’être accordés aux dirigeants dont plusieurs, donnés partants depuis des mois, voire guettés par l’opération Epervier en rapport avec leur gestion de la chose publique, sont atteints de fébrilité  en attendant le coup de tête présidentiel.

Ces derniers dont plusieurs rescapés du léger mouvement de début d’octobre 2015, se sentent d’autant plus rassurés (ne serait-ce que provisoirement) que le chef de l’Etat n’a pas pour habitude de créer des bouleversements de l’exécutif au 5ème mois de l’année, excepté le 16 mai 1988.

Mais rien n’est en réalité garanti, Paul Biya étant réputé homme de surprises, et se laissant rarement dicter l’agenda de la rue. Une source sécuritaire indique que le président de la République a, voici quelques jours, reçu en concertation les hauts responsables de la défense, de la sûreté nationale, de la gendarmerie ainsi que du renseignement, pour les instruire de procéder à une surveillance de plus en plus resserrée, mais surtout discrète, des bâtiments ministériels.

De même les déplacements de plusieurs personnalités, en délicatesse avec la justice sont aujourd’hui sous une veille étroite.  De plus et cela s’est avéré à plusieurs reprises, Paul Biya est bien connu pour donner l’impression de rassurer ses collaborateurs, quitte à les limoger quelques minutes après une audience.

Qui plus est un carton d’invitation à la réception du 20 mai à Etoudi ne peut être considéré comme un signe de crédit accordé par le sommet de l’Etat à quelques individus, le palais de l’unité étant connu pour avoir souvent accueilli le 20 mai en soirée, des anciens membres du gouvernement ou dirigeants de sociétés.

Autre argument qui milite pour la prudence: le cabinet civil de la présidence de la République, émetteur des cartons d’invitation dispose d’un fichier quasi-automatique qui livre les mêmes noms à quelques nuances près à toutes les occasions solennelles. D’où une anxiété réelle qui continue d’habiter les huiles du pays.

De mvomeka’a, son village natal, où il séjourne depuis deux semaines où presque, Paul Biya dont le retour à Yaoundé, siège des institutions, est annoncé, fait perdre  le sommeil à plus d’un.