Gabon : Ali Bongo Ondimba exalte le patriotisme

Le président Ali Bongo Ondimba s'adresse aux gabonaisLe président Ali Bongo Ondimba s'adresse aux gabonais

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Tout en exaltant l’amour de la patrie dans son discours à l’occasion de la fête de l’Indépendance, le chef de l’Etat Ali Bongo Ondimba n’a pas manqué d’en dresser les contours par opposition au nationalisme. Histoire d’éviter tout amalgame.

Il n’y avait pas belle entame pour le président d’une République aussi cosmopolite que d’appeler ses compatriotes à la responsabilité collective en ce jour de fête, celle d’aimer la patrie.

Aussi a-t-il perçu la nécessité de lever tout équivoque avant d’aller plus loin : « Le patriotisme est l’acceptation et l’implication de l’autre, quelles que soient ses origines, dans l’œuvre de construction de la nation ».

Cet avertissement du chef de l’Etat en valait la chandelle dans un pays comme le Gabon, espace de brassage par excellence, dont la construction appelle les efforts de tous sans discrimination.

Aussi, les propos du président du président de la République se sont-ils voulus pro-actifs pour prévenir contre le nationalisme, souvent source de dérapages et d’exclusion.

« Les idées prétendument nationalistes partout où elles ont prospéré n’ont conduit qu’à la ruine et à la désolation des peuples », prévient Ali Bongo Ondimba.

Les motivations d’évoquer un tel sujet ? Le numéro un gabonais les puise bien au sein de la société gabonaise, car d’après lui « certains compatriotes, de plus en plus nombreux hélas, se laissent tenter par les idées populistes, irresponsables et dangereuses, qui au nom d’un prétendu nationalisme, prônent le repli sur soi et le rejet de l’autre, du seul fait de ses origines ».

Sans doute, le président de la République a-t-il voulu tacler ainsi les acteurs politiques de l’opposition. En mal d’idées porteuses et de vision, ces acteurs qui n’ont rien à proposer tombent dans les égouts du populisme pour tenter d’exister politiquement.

 Passant outre la recommandation d’Omar Bongo disant que « lorsqu’un étranger nous apporte sa force de travail, apportons-lui notre amitié en retour », les opposants passent le plus clair de leur temps à lancer des piques au chef de l’Etat qu’ils accusent de faire la part belle aux étrangers au détriment des gabonais autochtones.

 Pour le chef de l’Etat, le Gabon aurait à beaucoup gagner en laissant aux personnes qui ont choisi le Gabon comme leur pays, l’opportunité de magnifier, célébrer leur nation et contribuer à son développement.

Un incendie commence bien par un petit feu. Raison pour laquelle, Ali Bongo Ondimba qui anticipe sur les événements se montre intransigeant.

Il dénonce : « Se fondant au départ sur le rejet de l’étranger par la préférence nationale, le nationalisme finit par se muer en préférence provinciale ou religieuse, pour finir en préférence ethnique ou tribale ».

Point d’ambiguïté ! Oui au patriotisme dont le chef de l’Etat s’est fait le chantre dans son discours et par ricochet, non nationalisme, source des « génocides et épurements ethniques » à l’intérieur d’un même pays. A bon entendeur…. !

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Tambwe
Willy Tambwe, chroniqueur et éditorialiste pour Africtelegraph.

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