Gabon / Eric Dodo Bounguendza : Une épine au pied du PDG ?

Eric Dodo Bounguendza du PDGEric Dodo Bounguendza du PDG

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Avec le choix du nouveau secrétaire général, le Parti démocratique gabonais se serait-il tiré une balle dans le pied ? C’est ce que semblent penser certains PDgistes qui estiment que le choix porté sur la personne d’Eric Dodo Bounguendza est une erreur de casting et ne pourrait qu’enfoncer davantage le parti vers des profondeurs abyssales.

Eric Dodo Bounguendza assumera le poste de secrétaire général du Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir) jusqu’à la tenue du prochain congrès, en remplacement de Faustin Boukoubi démissionnaire, a-t-on appris via un communiqué émanant du parti.

L’annonce a été faite le mardi 15 août 2017 au terme d’une réunion extraordinaire du Bureau politique du Parti qui s’est tenue au palais du Bord de mer sous la conduite du Grand camarade et président du parti, le chef de l’Etat Ali Bongo Ondimba.

Aussitôt que cette fumée blanche est-elle sortie du palais du Bord de mer que l’ascension de ce fils de Lastourville au sommet du secrétariat général a-t-elle été accueillie par des réactions plutôt mitigées au sein de l’opinion.

Comble d’étonnement, les cris d’orfraie les plus incisifs se sont élevés particulièrement du côté des fils et filles ressortissants de Lastourville, chef lieu de la province de l’Ogooué Lolo, dans le sud-est du Gabon, d’où est originaire le nouveau promu.

D’après quelques témoignages glanés à chaud dans la foulée, très peu de militants membres de cette formation politique ne s’attendaient à cette promotion et se disent surpris par cette décision.

Si certains relativisent et se disent qu’il est là juste le temps d’une période intérimaire, du côté de ses pourfendeurs, les raisons de critiquer le dévolu jeté sur l’ex patron du Centre d’études politiques du parti ne manquent pas.

Vieux de presque un demi-siècle, pour avoir été aux commandes de ce pays depuis sa création le 12 mars 1968, le Parti démocratique gabonais a une histoire particulière faite des luttes épiques, avancent-ils.

De ce point de vue, expliquent-ils, le Parti compte en son sein des éminents cadres et des fortes personnalités à mêmes de le « driver » et qui ont la particularité de faire figure de véritables machines politiques et des rocs indéboulonnables dont la légitimité repose sur des postes électifs et une base avérée.

Comment, s’interrogent-ils, peut-on se permettre de placer à la tête d’une formation de cette envergure une personne non auréolée d’un brin de légitimité politique sans du reste avoir jamais goûté aux délices d’un poste électif.

Il ne s’est fait jamais élire nulle part et ne jouit d’aucun charisme ni leadership.

Des atouts nécessaires pour galvaniser et persuader les cadres ou les masses afin que le parti reprenne du poil de la bête, s’insurgent quelques cadres Lastourvillois qui ont requis l’anonymat.

Certes, il peut ne pas s’agir des règles écrites mais du moins reconnait-on que même à l’échelle des vieilles démocraties comme la France métropolitaine, le choix au poste de secrétaire général de parti obéit à une certaine tradition qui voudrait que son récipiendaire soit représentatif et détenteur d’une base politique qui s’adosse sur une légitimité scellée au travers d’un poste électif.

Un choix aux allures d’une Tunique de Nessus

A un moment, poursuivent-ils, où le pays traverse des moments difficiles et que le parti connait des soubresauts, la logique aurait voulu que l’on puisse propulser à la tête du parti une personnalité dont la carrure s’impose d’elle-même pour être capable d’aider le bateau PDG à maintenir le cap.

Pour cela, il faut que le détenteur de ce poste ait et justifie des états des services et d’une carapace susceptible de lui permettre de supporter cette charge.

Pour beaucoup de Lastourvillois, cette responsabilité pourrait vite se révéler une véritable tunique de Nessus pour l’heureux promu.

Par ailleurs, un observateur averti maitrisant la sociologie politique de Lastourville sous couvert d’anonymat reste formel. Pour lui, le choix porté sur Eric Dodo Bounguendza est une erreur de casting de trop.

Pour lui, le néo secrétaire général du PDG traîne plusieurs faiblesses. Outre le fait qu’Eric Dodo Bounguendza a des origines hybrides…, il ne dispose d’aucune base politique, il a un mauvais caractère en plus d’être un pervers narcissique.

Aussi, notre source rappelle-t-elle que Lastourville a encore en mémoire ses frasques du temps où Paulette Missambo, ministre de l’Education à l’époque, l’avait nommé comme Directeur de cabinet.

Suite à ses hauts faits et son dédain vis-à-vis des natifs de Lastourville, les ressortissants du terroir ont fini par obtenir son éviction de ce poste à travers une pétition.

Par quelle pirouette le nouveau secrétaire général du PDG, au profil aussi contesté dans sa supposée base arrière qui n’existe que de nom, pourrait-il réussir dans sa mission de présider aux destinées d’une formation politique aussi glorieuse comme l’aura été le Parti démocratique gabonais, s’interroge-t-on en épilogue. Wait and see.

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About the Author

Lazard Obiang
Lazard possède 10 ans d'expérience dans le journalisme en ligne. Il s'occupe pour AfricTelegraph de l'actualité politique et économique au Cameroun, au Gabon et au Congo. Il travaille avec différentes presse en ligne au Gabon notemmant lenouveaugabon.com.

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