Gabon : Le laboratoire du CIRMF prêt à recevoir les échantillons du virus Ebola de la RDC

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Le laboratoire du Centre international de recherches médicales de Franceville (CIRMF) au Gabon est en alerte pour recevoir des échantillons suspects de la République démocratique du Congo.

Contacté par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), les équipes du laboratoire sont prêtes à recevoir des échantillons de virus d’Ebola actuellement traités par l’Institut national de recherche biomédicale de Kinshasa.

Hautement sécurisé dans l’immense parc de 40 hectares qui abrite le CIRMF en périphérie de Franceville, chef-lieu de la province du Haut-Ogooué (sud-est du Gabon), le P4, comme l’appellent les chercheurs, est le deuxième laboratoire moderne en Afrique centrale après celui de Johannesburg spécialisé dans les fièvres hémorragiques virales et les arboviroses (maladies virales).

Face à l’épidémie d’Ebola qui se vit dans le nord de la RDC et aux risques possibles d’extension à d’autres pays d’Afrique centrale, les équipes se mobilisent pour traiter ce virus le plus dangereux. Seules quatre personnes, trois chercheurs et un technicien sont autorisées à pénétrer dans le P4 via un badge d’accès dédié, d’après le docteur Illich Mombo, virologue et responsable de ce laboratoire bien particulier, placé sous vidéosurveillance et entouré d’une clôture électrique.

Lorsqu’on y pénètre pour « inactiver » les virus suspects et dangereux – parmi lesquels celui d’Ebola qui a fait depuis six semaines 28 morts en République démocratique du Congo (RDC) – les chercheurs revêtent des combinaisons qui les protègent des pieds à la tête. Celles-ci seront ensuite détruites, une fois le travail terminé. « Même l’air qu’ils respirent est filtré », détaille-t-il sur les mesures draconiennes destinées à éviter tout risque de contamination aux effets potentiellement dévastateurs.

Lorsque le virus a été « inactivé », il passe avec d’infimes précautions du P4 vers d’autres laboratoires du CIRMF où sera déterminée avec une extrême précision sa nature, grâce à un matériel moderne et performant dont peu de laboratoires dans le monde sont équipés. Entre l’arrivée d’un échantillon suspect et le rendu des résultats du diagnostic, il faut en moyenne de 24 à 48 heures, a précisé Illich Mombo.

Pour sa part, Gaël Darren Maganga, coresponsable de l’unité Émergence des maladies virales du CIRMF, affirme que le centre de Franceville ne reste pas les bras croisés en attendant l’arrivée éventuelle de ces échantillons: outre le diagnostic sur les virus, il maintient une activité de « veille passive et active ». La veille passive consiste à aller faire un prélèvement sur un animal mort à la suite d’une sollicitation, aussi à aller nous-mêmes sur le terrain faire des recherches et des prélèvements, explique-t-il.

Installé à 800 mètres des autres bâtiments datant des années 1970, le P4 est situé bien à l’écart des bâtiments principaux. Il est interdit de le photographier ou de le filmer. Les équipes du CIRMF, où travaillent et vivent 150 personnes, sont dédiées à 60% à la recherche. Elles s’intéressent aussi de très près aux chauves-souris, « réservoir potentiel du virus Ebola », selon le Dr Maganga. Elles vont ainsi régulièrement en capturer sur tout le territoire gabonais pour leur prélever des échantillons de salive, de matières fécales et de sang.

Créé en 1979 par l’ancien président gabonais Omar Bongo Ondimba pour étudier l’hypo-fécondité dans son pays, le CIRMF a par la suite étendu ses activités à la recherche contre le sida, le paludisme, le cancer, les virus et les maladies tropicales négligées qui, selon l’OMS, affectent un milliard de personnes dans le monde. Il est financé par l’Etat gabonais ainsi que par la coopération française. Sa réputation attire de nombreux chercheurs, étudiants et stagiaires venus d’Afrique, d’Asie, d’Europe et des Etats-Unis.

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William Tambwe
William Tambwe, chroniqueur et éditorialiste pour Africtelegraph.

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