Madagascar : les bonnes relations du père Pedro avec le président Andry Rajoelina

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Engagé depuis 50 ans contre la pauvreté à Madagascar, le père Pedro a réalisé une tournée des médias européens pour promouvoir son nouveau livre Résiste !, qui appelle à se battre pour faire évoluer la situation sur cette île de l’océan indien. L’occasion de revenir notamment sur les bons rapports qu’entretient le prêtre catholique avec le président de la République malgache Andry Rajoelina.

Madagascar compte près de 30 millions d’habitants. Parmi eux, plus de 80% vit sous le seuil de pauvreté, c’est-à-dire avec moins de deux euros par jour. Une situation dramatique face à laquelle il convient d’agir. Et certaines personnes consacrent leur vie à lutter contre la misère dans le pays, comme le père Pedro, fondateur de l’association humanitaire Akamasoa qui souhaite redonner leur dignité humaine aux populations les plus fragiles grâce à un logement décent, à la scolarisation obligatoire des enfants, ou encore à un travail rémunéré.

L’homme vient de quitter Madagascar pour faire la promotion de son nouveau livre Résiste ! à travers l’Europe. Objectif : alerter sur le sort de cette île et de ses habitants, souvent laissés pour compte par l’aide internationale. Il invite également à ne pas perdre espoir face aux multiples drames qui frappent la terre : réchauffement climatique, misère, guerres, pandémie… L’ouvrage coécrit avec l’auteur Pierre Lunel appelle à entrer en résistance au nom de la fraternité, au nom de l’espérance ou encore au nom des enfants un peu partout dans le monde. « On doit résister à tout. À la société de consommation, à l’indifférence, à l’injustice, à la violence », précise l’auteur.

Le père Pedro est né en 1948 à Buenos Aires, de parents réfugiés slovènes. Ce religieux catholique lazariste apprend tout d’abord les métiers du bâtiment en aidant son père maçon. Le baccalauréat en poche, il quitte la capitale pour passer l’été avec les indiens mapuches, un peuple vivant dans la Cordillère des Andes. Durant son séjour, le père Pedro construit avec des étudiants catholiques une maison type pouvant inspirer les locaux. Cette expérience, suivie d’une autre l’été suivant dans la tribu de Matacos (frontière bolivienne), lui donnent envie de se consacrer aux plus pauvres et à Dieu.

Alors âgé de 17 ans, l’argentin décide de rentrer au noviciat pour devenir prêtre. Il entame le séminaire chez les pères Lazaristes et étudie la philosophie et la théologie au Colegio Maximo de San Miguel (banlieue de Buenos Aires). Un cursus durant lequel il croisera le futur Pape François qui achève ses études en théologie. Le père Pedro approfondira ensuite sa formation à l’Université de Ljubljana, en Slovénie.

C’est en 1970 que l’histoire entre Madagascar et le père Pedro débute, date à laquelle il se rend à Vangaindrano, l’une des régions les plus précaires du sud-est du pays, pour être maçon dans les paroisses Lazaristes. Le croyant en profite pour aider les paysans à améliorer les cultures (riz, café, céréales…) et créer des groupes de réflexion pour faciliter leurs conditions de travail.

Il termine ensuite ses études de théologie à l’Institut catholique de Paris, avant de voyager en Israël, en Russie et aux États-Unis. Il prononce à l’âge de 27 ans ses vœux de missionnaire dans l’église Lazariste parisienne, épousant ainsi la cause de Saint Vincent de Paul en vouant sa vie au service des plus démunis. Le père Pedro sera ensuite ordonné diacre dans la cathédrale de Ljubljana puis prêtre au sanctuaire national de Notre Dame de Lujan, en Argentine.

En 1976, il repart à Madagascar pour être curé de la paroisse de Vangaindrano, et luttera au quotidien contre la pauvreté durant 13 ans. Voyant l’ampleur de la misère dans tout le pays, le curé décide de fonder en 1989 l’association Akamasoa (les amis fiables et sincères en Français), dans le but de contribuer à la réhabilitation humaine et à la réinsertion économiques des plus fragiles. Elle est reconnue d’utilité publique par le gouvernement malgache depuis 18 ans.

Depuis la création de cette association humanitaire, plus de 550 000 personnes ont bénéficié d’aides diverses (logement, formation, emploi, scolarisation, soin, nourriture…). En 2021, le père Pedro a construit 22 villages, placé 35 384 personnes en centres d’accueil, scolarisé 17 252 enfants, construit 3 601 logements ou bien créé 3 097 emplois.

La force d’Akamasoa repose en partie sur le rapport de confiance instauré entre l’homme de foi et le Président de la République Andry Rajoelina. Dès son arrivée au pouvoir (2019), le chef de l’État a souligné le travail accompli par le père Pedro, tout en l’encourageant à poursuivre ses actions, notamment auprès des plus jeunes, et ce, dans l’intérêt général de la Nation.

Andry Rajoelina a même donné la plus haute distinction malgache à Akamasoa, « La Grande Croix de l’Ordre National du Mérite », pour ses 30 années de vie consacrées aux plus pauvres du pays. Une vraie reconnaissance pour le peuple et tous les membres de l’association.

De plus, le Président s’engage concrètement pour soutenir Akamasoa dans ses missions, en fournissant par exemple des médicaments pour tous ses centres de santé. Il a également versé 114 845 856 Ariary (25 000 euros) pour les malades et les hospitalisés en 2021.

Lors de la traditionnelle messe de Noël du 25 décembre dernier officié par le père Pédro au village Akamasoa, Andry Rajoelina a également remis à l’association un chèque de 112 454 796 (24 479 euros), avec l’espoir que « cette célébration de la naissance de Jésus-Christ apporte joie, espoir et surtout renaissance et paix à nous tous et à nos familles ». Selon le Président, l’argent provient d’une partie des bénéfices de la vente de tambavy, une boisson à base de plantes médicinales produite par l’IMRA (Institut malgache des Recherches appliquées).

L’épouse du Président Mialy Rajoelina a aussi offert aux enfants des jouets et des friandises. « Nos enfants sont de notre responsabilité. Ils ne sont pas nés pour vagabonder, faire la manche, nous devons nous en occuper et les protéger », avait lancé le chef de l’État.

En 2020, ce dernier s’est également engagé à prendre en charge les études supérieures des meilleurs élèves issus du village d’Akamasoa qui ont réussi leur examen du baccalauréat. Andry Rajoelina a aussi annoncé qu’un Centre de Formation professionnelle sera construit au centre Mahatsara d’Akamasoa permettant aux jeunes de prendre leur avenir en main.