Monnaie électronique en Afrique Centrale : Les transferts hors CEMAC suspendus

Transfert d'argent de mobile à mobile

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La mesure prise par le gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC) le 19 juin 2017 vise à encadrer le secteur.

Face à la montée du terrorisme, de diverses formes de criminalités et du blanchiment d’argent, de nombreux pays africains ont pris des mesures pour encadrer l’usage des services de transfert mobile d’argent (Mobile Money). Le bal a été lancé en Afrique de l’Ouest où l’usage de ces services est assez important par rapport aux pays des autres sous région du continent noir.

Ainsi, la Côte d’Ivoire et le Mali en début d’année ont interdit jusqu’à nouvel ordre les transferts internationaux mobile money. Bien que l’Afrique centrale n’ait pas suivi sa  sœur de l’Ouest immédiatement dans cette décision, la Banque des Etats de l’Afrique Centrale a tout d’abord sensibilisé. La BEAC avait même par la suite menacé de suspendre les transferts mobiles Money au Cameroun par exemple estimant qu’ils faisaient une concurrence déloyale avec les banques.

Pour Abbas Mahamat Tolli, les opérateurs Orange et Mtn ne devraient exercer que dans la téléphonie. Leur entrée dans le transfert de monnaie électronique participait à la chute des entreprises privées nationales opérant dans le secteur de la banque et finance. Ceci en raison du fait qu’Orange et Mtn sont des entreprises étrangères au Cameroun et en Afrique centrale. Mais la BEAC a dû surseoir sa menace.

Cependant, elle a décidé en début de cette semaine, de mettre un coup d’arrêt aux transferts mobile money hors de la zone CEMAC (communauté économique des Etats de l’Afrique centrale). Le gouverneur de la BEAC invite les banques à cesser toute opération de transfert de fonds à l’international dans le cadre des activités de monnaie électronique, par le canal de leurs partenaires techniques.

Il soupçonne les partenaires techniques, opérateurs de téléphonie mobile, d’être en réalité les véritables émetteurs de monnaie électronique. Mahamat Tolli pense aussi que ce sont ces derniers qui assurent la gestion des transferts à l’international.

De telles actions, selon lui, constituent une violation grave de l’esprit et de la lettre de la réglementation régissant, non seulement l’activité d’émission de la monnaie électronique, mais ceci est également une entrave à la réglementation des changes.

Cette mesure, selon le patron de la BEAC, vise aussi à lutter contre le blanchiment d’argent, l’évasion fiscale et le financement du terrorisme et même des coups d’Etat. La mesure qui prend effet immédiatement expose les contrevenants à des sanctions prévues par la réglementation en vigueur.

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Destin Mballa
Destin Mballa, journaliste camerounais.

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