Réunion du Comité d’orientation d’Afritac centre au Gabon : Un soutien aux Etats pour renforcer la viabilité du cadre macro-budgétaire

Régis Immongault préside la réunionRégis Immongault préside la réunion

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Le Gabon vient de prendre la présidence du Comité d’orientation du centre régional d’assistance technique du Fonds Monétaire International pour l’Afrique Centrale (AFRITAC). Pendant deux (2) ans, Régis Immongault a indiqué, au cours des travaux de la 20ème réunion du Comité d’Orientation, qu’il s’agira d’approfondir les axes stratégiques pendant les  travaux et qui devraient aider les pays membres à renforcer la viabilité du cadre macro-budgétaire en cette période de crise économique et financière.

En sa qualité de président en exercice du Comité d’Orientation, le ministre gabonais de l’Economie, de la Prospective et de la Programmation du Développement Durable a indiqué que les reformes structurelles sont d’une ampleur qui dépasse les capacités techniques, institutionnelles et financières des Etats. C’est le cas pour le Gabon, comme pour les autres pays de la CEMAC qui ont besoin du soutien constant des partenaires bilatéraux et multilatéraux et en particulier d’Afritac-centre dans son domaine de compétences pour leur mise en œuvre réussie.

C’est fort de cet enjeu que le Président gabonais, Ali Bongo Ondimba a personnellement saisi la Directrice Générale du FMI Mme Christine Lagarde pour insister sur la nécessité pour le FMI, dans le cadre de l’accord triennal, d’accompagner le Gabon dans le domaine spécifique du renforcement des capacités de l’administration, en particulier dans la gestion des finances publiques.  

En réponse à cette demande du chef de l’Etat, le département finances publiques du FMI, relayé par Afritac-centre ont mis au service de l’Administration gabonaise pour l’exercice qui s’achève une expertise avérée dans les domaines divers, notamment sur le plan de gestion des finances publiques, la surveillance multilatérale, la production des statistiques fiables, la gestion de la dette ainsi que la supervision du système bancaire et financier. Les travaux de la 20ème réunion du Comité d’Orientation du Centre régional d’assistance technique pour l’Afrique centrale ont été une occasion pour les Etats membres de mettre un accent particulier sur la contribution de cette institution financière internationale dans la mise en œuvre des réformes économiques. Ce, dans ce contexte difficile, où ils sont tous appelés à faire preuve de sacrifice.

Revenant sur l’évolution récente de la situation macroéconomique au Gabon et dans les autres pays de la zone CEMAC en présentant succinctement l’état d’avancement des reformes structurelles engagées par le gouvernement et pour lesquelles Afritac-centre joue un rôle décisif, Régis Immongault a fait observer que le Gabon, comme les autres pays de la CEMAC, a connu un choc brutal dû à la détérioration des termes de l’échange enregistrée depuis le second semestre 2014 et qui a profondément déséquilibré le cadre macroéconomique.

L’effondrement des cours du pétrole a entrainé dans l’ensemble de la zone CEMAC un ralentissement prononcé de la croissance économique qui est passée d’une moyenne de 5,1% entre 2012 et 2014 à 2,3% entre 2015 et 2017. Cette situation a entrainé à l’échelle de la CEMAC une détérioration des soldes budgétaires, une hausse tendancielle de l’endettement public, ainsi qu’une dégradation des comptes extérieurs marquée par une contraction vertigineuse des réserves de change au point de menacer la stabilité du FCFA.  

Situation préoccupante

Le  Gabon est l’un des premiers pays à élaborer un Plan de Relance de l’Economie (PRE) et à avoir conclu avec le FMI un accord triennal (2017-2019) au titre du Mécanisme Elargi de Crédit (MEDC) et soutenu par d’autres partenaires financiers internationaux.  La mise en œuvre du PRE soutenu par cet accord conjuguée aux efforts de diversification de l’économie entrepris au cours des dernières années ont permis d’enrayer la trajectoire négative et stabiliser le cadre macro-budgétaire.

Ainsi, à fin 2017, l’économie gabonaise a pu éviter une récession avec une croissance économique qui est restée positive à 0,7% ; un taux d’endettement limité à 59% du PIB et une reconstitution des réserves de change. Cet effort d’ajustement et de redressement économique s’est traduit par une première revue concluante du programme avec le FMI à fin décembre 2017. Néanmoins, malgré ce satisfécit du FMI et les frémissements observés dans la relance de l’Economie, la situation reste fragile et requiert le maintien de la discipline budgétaire et l’accélération des reformes structurelles.    

Le ministre de l’Economie affirme que la situation économique retrouve progressivement  une tendance vertueuse et que des efforts importants ont déjà été réalisés dans le cadre des réformes économiques. Néanmoins, malgré ces efforts, le gouvernement est conscient que le Gabon n’est pas sorti de la zone de turbulence et que de nombreux défis restent à relever.  

Le Gabon est engagé dans le cadre du programme avec le FMI à accélérer le rythme des réformes structurelles afin de recréer une dynamique de croissance économique positive, inclusive et durable. Ces réformes concernent à la fois les finances publiques, les mesures sectorielles et l’amélioration du climat des affaires. Sur le volet des ressources, le gouvernement est notamment engagé dans la mobilisation de nouveaux revenus hors pétrole afin de réduire la dépendance du Gabon à la rente pétrolière.

Plus généralement, le gouvernement s’attèle à renforcer les capacités de l’administration pour améliorer le rendement de des recettes fiscales et douanières à travers notamment des mesures de réduction de la dépense fiscale, la suppression des abattements illégaux, le rétablissement du tarif extérieur commun dans le système d’information et la dématérialisation des procédures fiscales à travaux des applications électroniques.

Ces réformes, sur le volet ressources doivent aboutir à brève échéance à la création de l’Office Gabonais des Recettes (OGR) qui va consacrer dès 2019 la fusion de l’administration douanière et fiscale pour assurer une meilleure optimisation de la collecte des impôts et taxes et s’approcher du potentiel fiscal. Concernant cette réforme emblématique décidée par le Chef de l’Etat, je voudrais m’adresser aux partenaires techniques et financiers pour vous annoncer la tenue prochaine d’une table ronde pour présenter l’état d’avancement de cette réforme et solliciter votre appui multiforme.  En effet, l’expérience des pays ayant réussi dans ce domaine montre clairement que l’appui des partenaires est un facteur clé de succès de cette réforme complexe et nécessaire.   

Du point de vue de la dépense publique, il dit que le gouvernement s’emploie à renforcer la maitrise des charges de fonctionnement, en particulier la masse salariale et la modernisation de la fonction publique à travers la mise en œuvre du projet de gestion des ressources humaines de l’Etat soutenu par la Banque mondiale. S’agissant des reformes sectorielles, l’action du Gouvernement vise la mise en œuvre des mesures concernant, notamment : Un cadre plus attractif pour favoriser la création d’emplois avec par exemple une exonération des charges patronales; la mise en œuvre d’un ambitieux programme visant à améliorer l’employabilité des jeunes, avec les appuis de la Banque Mondiale et de la BAD, en vue de résoudre à terme, le problème de disponibilité de la main d’œuvre qualifiée et de réduire par la même occasion le chômage des jeunes.   

Le climat des affaires

La volonté du Gouvernement est d’accélérer les réformes arrêtées dans le cadre du Haut Conseil pour l’Investissement (HCI), notamment la finalisation des réformes facilitant l’accès aux titres fonciers, et du cadre réglementaire et institutionnel adapté aux Partenariats Public-Privé (PPP), la rationalisation des procédures d’octroi de permis de construire ainsi que le renforcement de l’outil statistique pour améliorer la capacité de gestion macroéconomique.  Dans ce domaine du climat des affaires, la récente opérationnalisation du Guichet unique pour les investisseurs au sein de l’ANPI-GABON marque une étape décisive pour le Gabon dont l’ambition est de figurer dans le haut du classement en Afrique du rapport Doing Business de la  Banque mondiale d’ici à 2022. 

Régis Immongault a indiqué a, par ailleurs, souligné que cette présidence du Gabon coïncide avec le mandat du Président de la République, Chef de l’Etat, Ali Bongo Ondimba comme président en exercice de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC).  Tout en remerciant Afritac-centre pour tous les efforts déployés au cours des cycles passés, il souhaite que le 3ème cycle qui couvre la période novembre 2017- avril 2022 connaisse la même dynamique. Les Etats-membres sont invités à honorer leurs contributions et donner ainsi les moyens adéquats à Afritac-centre en vue d’assurer ses missions.

Quelques priorités ont été tracées, à savoir : moderniser les cadres institutionnels et renforcer les principales fonctions des administrations des revenus en vue d’améliorer la mobilisation des recettes douanières et fiscales; améliorer la gestion des finances publiques, y compris le soutien à la mise en œuvre des directives régionales au niveau des pays; appuyer la réalisation de prévisions budgétaires fiables; renforcer les statistiques macroéconomiques et des finances publiques et harmoniser les statistiques régionales; développer les marchés financiers locaux et régionaux de la dette intérieure; améliorer la régulation et la supervision des institutions financières notamment à travers la convergence des cadres réglementaires en conformité avec les normes internationales.

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William Tambwe
William Tambwe, chroniqueur et éditorialiste pour Africtelegraph.

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