Devant les ambassadeurs réunis à l’Élysée, le président français a appelé à un regain d’investissement en Afrique, estimant que la France a trop laissé le terrain économique à d’autres puissances, notamment la Chine.
Lors de son intervention jeudi 7 janvier, Emmanuel Macron a plaidé pour un « partenariat africain » rénové, jugeant qu’il constitue un axe stratégique pour les années à venir. Il a rappelé que la nouvelle relation entre Paris et les capitales africaines repose désormais davantage sur les coopérations économiques que sur la présence militaire, en écho à son discours prononcé à Ouagadougou quelques années plus tôt.
Le chef de l’État a salué la création de dispositifs destinés à favoriser des échanges « d’égal à égal », avant de pointer un angle mort : la mobilisation insuffisante des entreprises françaises sur le continent. « Trop de nos groupes se sont désinvestis du continent africain », a-t-il déploré, évoquant en particulier le secteur bancaire où la France, selon lui, « était il y a quinze ans une puissance financière », avant de céder ses positions. « Tout le monde a vendu », a-t-il résumé, demandant à ses ministres de revoir la stratégie d’action.
En appelant à un réengagement, Emmanuel Macron a insisté sur la nécessité d’encourager les entreprises prêtes à se développer réellement. « Amenons des groupes français de plus en plus nombreux en Afrique, mais amenons des groupes qui ont faim », a-t-il lancé, estimant que seules les entreprises volontaires, offensives et prêtes à s’ancrer dans la durée doivent être soutenues. À l’inverse, « ceux qui ne se comportent pas bien ou ceux qui n’ont pas faim » n’auraient plus vocation à bénéficier de l’accompagnement public.
Les données confirment le recul évoqué par le président : depuis le milieu des années 2010, les investissements directs français en Afrique décroissent régulièrement, ne représentant qu’une part marginale du stock total d’IDE français. Cette dynamique s’inscrit dans une tendance plus large, les flux étrangers vers l’Afrique ayant eux-mêmes nettement diminué, avec une chute de près de 42 % au premier semestre 2025 par rapport à 2024.
Au-delà du diagnostic national, Emmanuel Macron a replacé le sujet dans la compétition mondiale. Il a évoqué la progression chinoise sur le continent et dans l’industrie globale. « La Chine va beaucoup plus vite, elle nous taille des croupières », a-t-il affirmé, estimant que l’Europe doit cesser de se voir comme un simple espace de marché et apprendre à se protéger contre « des pratiques déloyales », citant également la politique tarifaire américaine.
Pour Paris, l’enjeu est double : reconquérir une présence économique qu’elle estime affaiblie et adapter sa stratégie au nouveau rapport de force global. Derrière l’appel aux entreprises qui « ont faim » se dessine l’idée d’un capitalisme français plus conquérant dans un environnement concurrentiel et géopolitique en recomposition.



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