Sassou Nguesso interdit l’entrée d’un navire de Greenpeace à Pointe Noire

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POINTE NOIRE, Congo, 13 novembre 2017 – Le navire de Greenpeace (Greenpeace.com), l’Esperanza a été empêchée mardi d’accoster au port de Pointe Noire en République du Congo. Pendant deux jours, le navire avait mouillé dans les eaux congolaises.

Mais les responsables du port et du gouvernement de Pointe-Noire ont refusé de le faire accoster, affirmant n’avoir aucune connaissance préalable de l’arrivée du navire et des activités prévues sur le territoire congolais. Une réclamation dénoncée par Greenpeace Africa et ses partenaires locaux qui avaient déposé tous les documents nécessaires pour que le navire accoste au Congo.

L’Esperanza a fait un tour d’un mois sur la côte atlantique de l’Afrique centrale pour sensibiliser l’importance de la forêt du bassin du Congo. Le navire a fait une tournée au Cameroun et en République Démocratique du Congo (RDC) pour exhorter les acteurs environnementaux à sauvegarder et à gérer durablement la forêt du Bassin du Congo qui est la deuxième plus grande forêt pluviale du monde.

« Nous sommes profondément déçus par la réduction de l’espace libéral mis à la disposition des organisations de la société civile congolaise et de leurs partenaires pour un échange franc sur la conservation de l’environnement », a déclaré Victorine Che, chef du projet forestier de Greenpeace. « Le refus de permettre à notre bateau d’accoster en République du Congo ne peut que nous inciter à continuer notre rôle d’observateur environnemental et à approfondir nos efforts de collaboration avec les communautés locales et autochtones dont les moyens de subsistance dépendent de la forêt ».

Le Congo, mauvais élève du bassin du Congo en gestion environnementale

Nous sommes profondément déçus par la réduction de l’espace libéral mis à la disposition des organisations de la société civile congolaise et de leurs partenaires pour un échange franc sur les conservateurs environnementaux.

La forêt du bassin du Congo est la deuxième plus grande forêt tropicale du monde après l’Amazonie. La forêt sert de vaste puits de carbone qui doit être préservé. Les scientifiques ont récemment découvert les tourbières tropicales les plus étendues du monde dans les marécages de la RDC et de la République du Congo, qui stockent quelque 30 milliards de tonnes de carbone. La protection de ces ressources forestières précieuses n’est possible que si les deux pays collaborent avec les sociétés civiles et les communautés locales. Cependant, l’agriculture industrielle et l’exploitation forestière constituent une menace massive pour les tourbes.

« Tant d’autochtones qui ont voyagé de loin pour participer aux activités de la tournée en bateau à Pointe-Noire sont déçus par l’action du gouvernement », a déclaré Sylvie N. Banga, Coordonnatrice de la Plateforme pour la gestion durable des forêts; un groupement d’organisations nationales au Congo. « Nous avons également envisagé de discuter du texte de révision de la forêt et de sa mise en œuvre pour protéger les populations locales et autochtones », a ajouté Banga.

Le Fonds Bleu du Bassin du Congo, de la poudre aux yeux

Le gouvernement de la République du Congo a mobilisé les pays voisins dans le cadre de l’initiative du Fonds Bleu du Bassin du Congo, pour faire preuve de leadership sur les questions forestières du bassin du Congo. Le même gouvernement a empêché Greenpeace Africa, les sociétés civiles et les communautés locales et autochtones de se rencontrer pour discuter des problèmes de conservation des forêts à bord de l’Esperanza. Ces réunions visaient principalement à aborder les questions liées à la gouvernance forestière dans le pays et les défis associés aux droits des communautés tributaires des forêts.

« Ceci est contradictoire: un pays ne peut, d’une part, vouloir se rendre à la COP 23 à Bonn avec pour objectif de faire preuve de leadership sur les questions environnementales avec le Fonds Bleu du Congo et, d’autre part, restreindre le droit d’association des ONG qui sensibilisent à l’importance de la forêt du bassin du Congo », a déclaré Christian Mounzeo, président de l’organisation nationale: Rencontre pour la Paix et les Droits de l’Homme (RPDH) à Pointe Noire.

« Il est regrettable que les ONG et les communautés congolaises qui se sont présentées pour accueillir l’Esperanza à Pointe Noire », a conclu M. Mounzeo.

La tournée de l’Esperanza en Afrique centrale, qui a duré un mois, a débuté en prélude à la réunion sur le climat de la COP23 à Bonn, en Allemagne. Les gens de la région du Bassin du Congo ont utilisé un arbre de souhaits à bord du navire comme moyen d’amplifier les préoccupations des communautés locales qui dépendent de la forêt au niveau national et international lors de la prochaine réunion de Bonn. Les communautés locales et les populations indigènes du Cameroun et de la RDC ont également utilisé cet arbre pour envoyer leurs vœux écologiques aux dirigeants du monde qui se réuniront plus tard ce mois-ci en Allemagne.

La corruption du clan Sassou pointé du doigt par les ONG

Le secteur du bois au Congo fait vivre de nombreuses familles. Elle est l’un des moteurs essentiels de l’économie congolaise qui est au bord de la faillite. Les problèmes de gouvernance notamment dans l’attribution de permis forestiers au proche de Denis Sassou Nguesso et l’exploitation illégale de certaines essences a souvent été pointé du doigt par les ONG.

Elles affirment que ce revirement est dû à la volonté du Congo d’éviter de mettre à jour les problématiques de corruption qui gangrènent le secteur. Alors que le pays traverse actuellement une crise économique sans précédent. Les permis d’exploitation attribués aux chinois en dehors des cadres légaux sont eux aussi soulevés, alors que certaines hautes personnalités congolaises sont éclaboussées dans des scandales de conflits d’intérêt.

LIRE AUSSI : Cameroun: Greenpeace envoie son navire protéger la forêt du bassin du Congo

Pour répondre aux critiques, les autorités congolaises considèrent que les pays développés sont eux les vrais pollueurs. Et que l’organisation Greenpeace tente de freiner l’industrialisation du Congo pour préserver le capital carbone de la planète à leurs dépends.

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Prosper

Prosper possède 15 ans d’expérience dans le journalisme. Il a précedemment travaillé pour le journal le Républicain et Le Scorpion Akéklé à Lomé. Devant la montée en force de la presse en ligne et la chute des presses traditionnelles, il décide de monter le site d’information en ligne AfricTelegraph en 2015 et s’installe au Gabon.

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