L’ARTP dépasse ses objectifs avec 45,6 milliards de FCFA en 2025

Telecommunication tower reaching into a cloudy sky, capturing modern technological infrastructure.Photo : Chris F / Pexels
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L’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP) du Sénégal a dépassé ses objectifs budgétaires pour l’année 2025, avec un montant total de 45,6 milliards de FCFA recouvrés au profit de l’État. Le chiffre, dévoilé par la direction générale du régulateur, dépasse la cible initialement fixée dans la loi de finances. Il conforte la place de l’ARTP parmi les structures publiques les plus contributives au budget national, aux côtés des régies fiscales et douanières.

Une performance qui dépasse les projections budgétaires

Le montant recouvré par l’ARTP se décompose en redevances réglementaires, contributions au Fonds de développement du service universel des télécommunications et droits liés à l’exploitation des fréquences hertziennes. Ces ressources proviennent principalement des trois opérateurs mobiles actifs sur le marché sénégalais — Sonatel, Free et Expresso — ainsi que des fournisseurs d’accès internet et des acteurs du secteur postal. La progression observée en 2025 confirme la tendance haussière enregistrée ces dernières années, portée par l’expansion des usages numériques et l’essor du mobile money.

Le dépassement des objectifs tient également à un effort de recouvrement renforcé, avec une stratégie de contrôle plus systématique des déclarations des opérateurs. L’ARTP avait annoncé en début d’exercice la volonté de resserrer son dispositif d’audit technique et financier, afin de s’assurer que les chiffres d’affaires déclarés correspondent effectivement aux volumes de trafic et aux revenus générés. Cette orientation s’inscrit dans une dynamique plus large de modernisation de la régulation sectorielle au Sénégal.

Un régulateur devenu pilier des finances publiques

Au-delà de la performance comptable, le résultat publié par l’ARTP envoie un signal politique fort. Le gouvernement dirigé par le Premier ministre Ousmane Sonko a placé la transparence financière et la mobilisation des ressources internes au cœur de son programme économique. La contribution du régulateur des télécoms s’aligne sur cet objectif, dans un contexte où l’État sénégalais cherche à consolider ses marges budgétaires face à la pression de la dette et aux exigences de financement des projets d’infrastructures.

Le secteur des télécommunications représente une part croissante du produit intérieur brut sénégalais, estimée entre 7 et 10 % selon les années. Les redevances versées par les opérateurs constituent donc un levier fiscal majeur, que l’ARTP administre pour le compte du Trésor public. La filiale d’Orange, Sonatel, demeure de loin le premier contributeur, compte tenu de sa position dominante sur les segments du mobile, du fixe et des services data.

Des chantiers de régulation encore ouverts

Malgré la bonne tenue des recettes, l’ARTP doit composer avec plusieurs dossiers structurants. Le déploiement de la 5G, officiellement lancé en 2024 avec l’attribution de licences à Sonatel et Free, continue de soulever des questions tarifaires et de couverture territoriale. Le régulateur surveille par ailleurs les conditions de concurrence sur le marché du mobile money, où la rivalité entre opérateurs télécoms et établissements financiers s’intensifie.

La question du service universel demeure également sensible. Les zones rurales et périphériques peinent encore à bénéficier d’une connectivité de qualité, malgré les prélèvements opérés sur les chiffres d’affaires des opérateurs pour alimenter le fonds dédié. L’arbitrage entre rentabilité des recettes pour l’État et investissements concrets dans la couverture territoriale reste au cœur des débats entre le régulateur, les opérateurs et les autorités politiques.

Pour l’exercice 2026, l’ARTP devrait poursuivre la consolidation de ses recettes tout en affinant ses instruments de mesure de la qualité de service. La montée en puissance des data centers, la question de la souveraineté numérique et la régulation des plateformes numériques étrangères figureront parmi les dossiers les plus exposés. Selon PressAfrik.

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