Orange voit son chiffre d’affaires progresser de 3,5 % au T1 2026

Telecommunication tower reaching into a cloudy sky, capturing modern technological infrastructure.Photo : Chris F / Pexels

Le chiffre d’affaires d’Orange a progressé de 3,5 % au premier trimestre 2026, à 10,1 milliards d’euros, selon les comptes rendus publics par l’opérateur le 23 avril. L’EBITDAaL, indicateur de rentabilité opérationnelle privilégié par le groupe, gagne pour sa part 6,6 % à 2,6 milliards d’euros. Derrière ces agrégats consolidés, c’est la dynamique des filiales africaines et moyen-orientales qui retient l’attention des analystes, avec une croissance de 12,7 % des revenus régionaux. La zone devient ainsi le principal contributeur à l’expansion organique du groupe.

L’Afrique et le Moyen-Orient, locomotive confirmée du groupe

Longtemps considérée comme un relais de croissance prometteur, la division Orange Middle East and Africa (OMEA) s’impose désormais comme le pilier de la performance commerciale du groupe. Implanté dans dix-huit pays, de la Côte d’Ivoire au Maroc en passant par l’Égypte, la Jordanie et le Cameroun, l’opérateur y capitalise sur l’essor du mobile money, la montée en débit des réseaux 4G et les premiers déploiements 5G. La progression à deux chiffres enregistrée sur les trois premiers mois de l’exercice 2026 prolonge une trajectoire entamée de longue date, alors que l’Europe occidentale, marché historique, évolue à un rythme nettement plus modéré.

Cette bascule géographique se lit aussi dans l’évolution des usages. Les services financiers mobiles, regroupés sous la marque Orange Money, ont élargi leur base d’utilisateurs sur les marchés francophones d’Afrique de l’Ouest et centrale. L’opérateur y affronte la concurrence frontale de MTN, Moov Africa et, dans une moindre mesure, Airtel, sur un segment désormais considéré comme une infrastructure essentielle de l’inclusion financière. La convergence entre connectivité, paiement et services numériques constitue l’un des leviers qui explique l’écart de croissance entre la zone OMEA et les autres géographies du groupe.

Une rentabilité opérationnelle en nette amélioration

La hausse de 6,6 % de l’EBITDAaL, sensiblement supérieure à celle du chiffre d’affaires, indique que le groupe continue de tirer profit de ses efforts de rationalisation. Orange avait engagé ces dernières années un programme de simplification de son organisation européenne, avec des cessions d’actifs périphériques et une mutualisation accrue des infrastructures, notamment à travers Totem, sa filiale dédiée aux tours télécoms. Ces arbitrages, combinés à la discipline tarifaire et à l’amélioration du mix de services, commencent à se matérialiser dans les marges.

La dirigeante du groupe, Christel Heydemann, avait fixé lors de la présentation du plan stratégique Lead the Future une trajectoire de croissance rentable fondée sur trois priorités : la monétisation de la fibre en Europe, l’expansion en Afrique et au Moyen-Orient et le renforcement de la cybersécurité à travers Orange Cyberdefense. Le premier trimestre 2026 valide, pour l’essentiel, ces orientations, même si la performance reste inégale selon les pays européens.

Enjeux réglementaires et perspectives africaines

La dynamique africaine du groupe s’inscrit toutefois dans un environnement réglementaire exigeant. Plusieurs régulateurs nationaux, notamment l’Autorité de régulation des télécommunications du Sénégal (ARTP) et l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes de Côte d’Ivoire (ARTCI), ont renforcé leurs obligations en matière de qualité de service, de couverture rurale et de protection des données. Orange doit également composer avec la fiscalité spécifique appliquée aux opérateurs dans plusieurs juridictions, de l’Égypte au Mali, qui pèse sur la capacité d’investissement.

Reste que la trajectoire demeure favorable. Les investissements consacrés à la densification des réseaux mobiles, au déploiement progressif de la 5G au Maroc et en Jordanie et à l’expansion de la fibre optique dans les grandes métropoles africaines devraient entretenir la dynamique de revenus au cours des prochains trimestres. Pour les investisseurs et les décideurs publics, la performance d’OMEA illustre un basculement structurel : les marchés africains et moyen-orientaux, longtemps vus comme complémentaires, pèsent désormais de façon déterminante sur les résultats du groupe français. Selon Financial Afrik, ces chiffres consolident la place de la zone comme premier moteur de croissance d’Orange.

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About the Author

Prosper Mbouma
Journaliste économique spécialisé dans les télécommunications et la souveraineté numérique. Ancien correspondant pour plusieurs publications panafricaines, Prosper Mbouma suit depuis une décennie les stratégies des opérateurs mobiles, les politiques spectrales et l'infrastructure numérique de l'Afrique francophone. Il analyse régulièrement les implications géopolitiques de la 5G et des câbles sous-marins.

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