La vérité sur la brèche de Saint-Louis du Sénégal

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La question de la brèche de Saint-Louis est souvent abordée dans la presse ou discutée dans le monde politique. Chacun y va de ses spéculations et de ses propositions.

Dans cet article, nous voulons rétablir la vérité sur la brèche de Saint-Louis et revenir sur les solutions préconisées à l’époque, qu’il urge d’appliquer aujourd’hui pour sauver Saint-Louis. Profondément préoccupé par l’érosion de la côte atlantique sur toute sa longueur, « le Président Wade avait d’abord réalisé à la Résidence de Popenguine, à titre d’illustration, un mur de deux kilomètres de long, 40 cm de large et trois mètres de profondeur dans la mer, à la limite du plateau continental » explique Oumar Sar ancien ministre de l’OMVS.

Pour un projet plus important et ailleurs, « la profondeur du mur dépendrait du niveau auquel on allait atteindre la roche imperméable du plateau continental qui existe dans tous les cas » dit-il. Pour Oumar Sarr, le Président Wade voulant avoir l’opinion d’un grand expert sur le mur fit appel à la SOMAGEC, une entreprise marocaine spécialisée dans les infrastructures portuaires qui avait réalisé un travail de reconquête de centaines de mètres sur la mer au Maroc, à Casablanca précisément, en vue de l’extension de la ville.

Le Président Wade, avant de porter cette question au Sommet des Chefs d’Etat de l’organisation s’en ouvrit au Président Taya, Président de la Mauritanie, qui déclara que c’était la première fois qu’il entendait cette suggestion d’une brèche au Nord du Fleuve, qu’il trouvait excellente l’idée et qu’il la soutiendrait, fait-il rappeler. « Il fut alors demandé à la SOMAGEC d’aller examiner cette proposition sur la boucle Nord du Fleuve et, en même temps, donner un point de vue sur les menaces qui pesaient sur la commune de Saint-Louis à partir de la Langue de Barbarie » a-t-il martelé.

SOMAGEC s’est rendu à Saint-Louis

Oumar Sarr a indiqué que les responsables de la SOMAGEC se rendirent à Saint-Louis mais, au lieu de se  limiter à donner un avis, considérèrent qu’il s’agissait d’un problème mineur, sans menace réelle et prirent sur eux la décision d’élargir la brèche sud. Sauf erreur, c’était en présence de responsables et techniciens de l’OMVS qui confirmèrentpar par la suite que ce qu’avait fait la SOMAGEC ne pouvait pas constituer un danger pour la ville de Saint-Louis.

L’ancien ministre de l’OMVS a souligné que le Président Wade avait l’habitude de dire que le problème de l’érosion marine de la côte ouest au Sénégal n’était pas un problème sénégalais mais africain. Il concerne tout le continent. « Il existe au Maroc, tout le long de la côte mauritanienne, en Gambie où la capitale Banjul est devenue pratiquement une île, en Sierra Leone, en Côte d’Ivoire, dans tout le Golf du Bénin où l’eau de mer pénètre sous le plateau continental parfois sur plusieurs kilomètres, au Ghana, au Togo, au Bénin, au Nigéria » a-t-il déclaré.

Pour les solutions préconisées, la 13ème Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’OMVS, tenue à Nouakchott le 21 mai 2003, a défini un cadre d’Orientation Stratégique dans lequel sont précisés les objectifs stratégiques de l’organisation. Le Président Macky SALL était particulièrement imprégné puisque, à l’époque, il était Ministre en charge de l’OMVS (mai 2001-Août 2003) avant de devenir Premier Ministre (2004 à 2007). Sous l’impulsion des chefs de l’Etat de l’OMVS, un programme appelé SITRAM (Système Intégré de Transport Multimodal), axé sur la réalisation d’infrastructures fluviales et routières, fut défini.

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Mapote Gaye
Mapote Gaye journaliste Sénégalais Consultant. Formateur en communication, Marketing et Management

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