Guinée : Cegelec construira une centrale solaire de 50 MWc à Kindia

Vast array of solar panels at Ashalim Solar Plant in Israel's Negev Desert, showcasing clean energy.Photo : Lio Voo / Pexels

La Guinée franchit une étape supplémentaire dans la diversification de son mix électrique. Le groupe Cegelec, par l’intermédiaire de sa filiale VINCI Energies Guinée, a entamé le 18 avril 2026 la construction d’une centrale solaire photovoltaïque de 50 MWc à Kindia, dans l’ouest du pays. L’investissement, évalué à 192,5 millions d’euros, illustre la volonté de Conakry de réduire sa dépendance aux sources conventionnelles et d’accroître une capacité installée encore insuffisante face à la demande.

Kindia, située à moins de 150 kilomètres de la capitale, bénéficie d’un ensoleillement régulier et d’une position stratégique sur l’axe reliant Conakry aux régions minières de l’intérieur. Le site a été retenu à la fois pour ses qualités techniques et pour son accessibilité logistique, deux critères déterminants dans un pays où les délais de mise en service des infrastructures énergétiques restent un enjeu majeur.

Un projet solaire adossé à un volet transport vers Dabola

Au-delà de la production, le contrat confié à Cegelec intègre le déploiement d’infrastructures de transport d’électricité en direction de l’intérieur, avec pour point de mire la localité de Dabola, dans la région de Faranah. Cette composante réseau est stratégique. Elle conditionne la capacité du futur parc solaire à alimenter réellement les zones enclavées, où les coupures demeurent fréquentes et où l’essor des activités agricoles et minières impose une électricité stable.

Le choix d’articuler génération et évacuation dans un même marché traduit une inflexion méthodologique. Plusieurs projets antérieurs en Afrique de l’Ouest ont souffert d’un décalage entre la mise en service des centrales et la disponibilité des lignes. Conakry semble vouloir éviter cet écueil en confiant les deux volets à un même opérateur, en l’occurrence une filiale du groupe français VINCI, dont Cegelec constitue l’une des marques historiques spécialisées dans le génie électrique.

Conakry accélère la diversification de son mix énergétique

La Guinée dispose d’un potentiel hydroélectrique considérable, structuré autour des barrages de Kaleta et de Souapiti. Mais la saisonnalité de la ressource, combinée à l’augmentation rapide de la demande urbaine et industrielle, pousse les autorités à rechercher des compléments. Le solaire photovoltaïque, dont les coûts d’investissement ont fortement reculé au cours de la dernière décennie, constitue une réponse adaptée aux besoins de puissance supplémentaire en journée, période de pointe pour les centres urbains et les installations commerciales.

Les autorités guinéennes inscrivent le chantier de Kindia dans une stratégie plus large de renforcement des capacités nationales. L’objectif affiché est de sécuriser l’approvisionnement, de réduire le recours aux groupes thermiques coûteux et de soutenir l’électrification rurale. À 50 MWc, la centrale figurera parmi les plus importantes réalisations photovoltaïques du pays et rejoindra une liste encore restreinte d’actifs solaires de grande échelle en zone ouest-africaine francophone.

Cegelec et VINCI Energies, acteurs récurrents en Afrique

La présence du groupe sur le terrain guinéen n’est pas nouvelle. VINCI Energies a structuré depuis plusieurs années un réseau de filiales locales sur le continent, avec un portefeuille qui mêle génie électrique, infrastructures ferroviaires et projets industriels. La qualification de Cegelec comme opérateur marocain renvoie à l’ancrage régional du groupe, dont les équipes basées au Maroc pilotent régulièrement des chantiers destinés à l’Afrique de l’Ouest et centrale.

Pour les bailleurs et partenaires techniques, l’enjeu consistera à surveiller le respect du calendrier. Un projet de cette ampleur mobilise des équipements importés, des études environnementales, des travaux de voirie et un chantier d’évacuation long de plusieurs centaines de kilomètres si la liaison vers Dabola est menée à son terme. Le coût de 192,5 millions d’euros place le ratio autour de 3,85 millions d’euros par MWc, un niveau qui intègre vraisemblablement le volet transport, généralement plus onéreux que la seule production photovoltaïque.

Reste à connaître le schéma de financement définitif et les modalités de rachat de l’électricité par Électricité de Guinée. Ces paramètres détermineront la rentabilité du projet et sa capacité à servir de modèle pour de futurs appels d’offres. Selon Financial Afrik, le chantier a été officiellement lancé le 18 avril 2026.

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Moussa Kéita
Spécialiste des matières premières et de la transition énergétique, Moussa Kéita suit les filières pétrolières, gazières et minières africaines. Il s'intéresse particulièrement à la gouvernance des ressources extractives, aux nouveaux projets d'hydrogène vert et aux tensions géopolitiques autour des minerais stratégiques comme le cobalt et le lithium.

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