Enko Capital injecte 56 milliards FCFA dans le solaire angolais

Vast array of solar panels at Ashalim Solar Plant in Israel's Negev Desert, showcasing clean energy.Photo : Lio Voo / Pexels

Enko Capital, véhicule d’investissement fondé par les frères camerounais Alain et Cyrille Nkontchou, vient de sceller un engagement de 100 millions de dollars, l’équivalent de 56,1 milliards de FCFA, dans une centrale solaire angolaise. Le projet, d’une puissance annoncée de 724 MW, est porté par Metalosul, filiale du conglomérat local Omatapalo Group. L’opération, l’une des premières d’envergure d’Enko dans le secteur énergétique africain, intervient alors que la maison de gestion supervise environ 1,6 milliard de dollars d’actifs et étoffe progressivement son exposition aux infrastructures critiques du continent.

Un pari énergétique aligné sur les besoins angolais

L’Angola, deuxième producteur d’hydrocarbures d’Afrique subsaharienne, cherche depuis plusieurs années à diversifier son mix électrique et à réduire la dépendance de son économie au pétrole. La capacité projetée de 724 MW situerait l’installation parmi les plus importantes infrastructures solaires en exploitation ou en développement du pays. Pour Enko Capital, dont les bureaux sont implantés à Londres, Johannesburg et Abidjan, la prise de position sur ce dossier offre un actif tangible, à revenus contractualisés sur le long terme, dans un marché où les besoins de financement dépassent largement la capacité des bailleurs publics.

Le choix d’un partenaire industriel local n’est pas anodin. Omatapalo Group dispose d’un ancrage solide dans la construction et l’industrie, ce qui sécurise la phase d’exécution. Reste que le tour de table définitif, le calendrier de mise en service et la structure de prise ferme de l’électricité produite n’ont pas été détaillés publiquement, autant de paramètres qui détermineront le rendement réel de la mise initiale.

Une offensive financière qui prend de l’épaisseur

Cette incursion énergétique s’inscrit dans une séquence plus large. Le 15 août 2025, le groupe Ecobank a confirmé que Bosquet Investments Ltd, fonds personnel d’Alain Nkontchou, avait conclu une transaction de plus de 65 milliards de FCFA pour racheter les 21,22 % détenus par le sud-africain Nedbank dans Ecobank Transnational Incorporated (ETI). L’opération propulse Alain Nkontchou au rang de premier actionnaire de la holding togolaise, devant Qatar National Bank et ses 13,5 % du capital. En consolidant les 2,86 % déjà portés par Enko Capital, la famille Nkontchou contrôle désormais plus de 24 % d’un réseau bancaire actif dans 35 pays africains.

Quatre jours plus tôt, le 11 août 2025, Enko Capital avait bouclé l’acquisition de 100 % de la filiale mauritanienne de Société Générale, opération engagée en janvier de la même année et conduite avec l’investisseur Oronte, présent en Mauritanie depuis 1999. Le montant n’a pas été divulgué. La conjonction de ces mouvements esquisse une stratégie d’enracinement méthodique dans la finance continentale, à un moment où plusieurs établissements européens, Société Générale en tête, accélèrent leur désengagement africain et libèrent des actifs bancables.

Le marché camerounais en filigrane

Le calendrier des cessions à venir pourrait ramener les Nkontchou sur leur terrain d’origine. Le dossier Société Générale Cameroun, dont l’État a préempté la cession pour mieux superviser l’arrivée d’un repreneur, figure parmi les actifs susceptibles de capter leur attention. Deux autres établissements, Commercial Bank Cameroon (CBC) et NFC Bank, sauvés de la faillite par la puissance publique, devront tôt ou tard trouver des partenaires stratégiques. Une entrée dans l’un de ces dossiers permettrait à Enko Capital ou à Bosquet Investments d’accroître la part des capitaux nationaux dans un secteur historiquement adossé à des actionnaires étrangers, aux côtés de figures locales comme Afriland First Bank.

Au Cameroun, l’empreinte des deux frères passe pour l’heure principalement par Enko Education, réseau de seize établissements scolaires haut de gamme implantés dans dix pays d’Afrique subsaharienne, dont le complexe La Gaité à Yaoundé. L’éventuelle adjonction d’un actif bancaire camerounais et la montée en puissance dans l’énergie solaire angolaise dessineraient un portefeuille combinant finance, infrastructures et capital humain, soit la trame désormais privilégiée par les investisseurs africains qui ambitionnent de peser sur les arbitrages du continent. Selon Investir au Cameroun.

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Moussa Kéita
Spécialiste des matières premières et de la transition énergétique, Moussa Kéita suit les filières pétrolières, gazières et minières africaines. Il s'intéresse particulièrement à la gouvernance des ressources extractives, aux nouveaux projets d'hydrogène vert et aux tensions géopolitiques autour des minerais stratégiques comme le cobalt et le lithium.

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