Le Fonds monétaire international tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme. Alors que les tensions au Moyen-Orient continuent de perturber les marchés de l’énergie et le commerce mondial, l’institution estime que l’économie mondiale se rapproche progressivement d’un scénario plus dégradé, marqué par un ralentissement de la croissance et une inflation plus persistante.
Le conflit et ses conséquences sur les flux énergétiques inquiètent particulièrement les économistes internationaux, qui redoutent désormais des répercussions durables sur l’ensemble de l’économie mondiale.
Une croissance mondiale déjà fragilisée
Dans ses dernières prévisions publiées le mois dernier, le FMI tablait déjà sur une croissance mondiale limitée à 3,1 % cette année.
L’organisation pointait notamment les conséquences du conflit au Moyen-Orient et les perturbations provoquées dans le Golfe, où transitent une grande partie des exportations mondiales de pétrole et de gaz.
Le blocage partiel des flux énergétiques a entraîné une forte hausse des prix du pétrole ces dernières semaines, alimentant les tensions inflationnistes dans de nombreux pays.
Pour le FMI, le principal risque est désormais celui d’un conflit durable capable d’aggraver encore davantage les déséquilibres économiques mondiaux.
Le scénario « défavorable » se rapproche
La porte-parole du FMI, Julie Kozack, a reconnu jeudi que l’économie mondiale semblait progressivement se diriger vers le scénario le plus pessimiste envisagé par l’institution.
Le Fonds reste toutefois prudent dans son analyse. Selon l’organisation, les marchés financiers demeurent relativement stables pour le moment et les anticipations d’inflation restent encore sous contrôle.
Mais cette situation pourrait évoluer rapidement si les tensions énergétiques persistent dans les prochains mois.
L’inflation reste au cœur des inquiétudes
La principale crainte des banques centrales et des économistes concerne désormais l’évolution des anticipations d’inflation.
Lorsque les ménages, les entreprises et les investisseurs commencent à anticiper durablement une hausse des prix, leurs comportements changent. Les entreprises peuvent augmenter leurs tarifs par précaution, les salariés réclamer des hausses de salaires et les consommateurs accélérer certains achats.
Ce mécanisme peut alors entretenir lui-même l’inflation et rendre beaucoup plus difficile le retour à une situation stable.
Les prix de l’énergie jouent un rôle central dans cette dynamique. La hausse du pétrole finit progressivement par se répercuter sur les transports, l’industrie, l’alimentation ou encore les coûts de production.
Les banques centrales sous pression
Cette situation complique fortement la tâche des banques centrales, déjà confrontées depuis plusieurs années à une inflation élevée.
Si les prix repartent durablement à la hausse, les grandes institutions monétaires pourraient être contraintes de maintenir des taux d’intérêt élevés plus longtemps que prévu.
Un tel scénario pèserait directement sur l’investissement, la consommation et donc sur la croissance mondiale.
Les marchés surveillent désormais avec attention les prochaines décisions de la Réserve fédérale américaine, de la Banque centrale européenne et des autres grandes banques centrales.
Une économie mondiale toujours vulnérable
Le FMI rappelle que l’économie mondiale reste fragile malgré une certaine résilience observée ces derniers mois.
Après la pandémie, les crises énergétiques, les tensions commerciales et le retour de l’inflation, plusieurs pays affichent déjà un ralentissement économique marqué.
L’aggravation du conflit au Moyen-Orient pourrait ainsi devenir un nouveau choc majeur pour une économie mondiale encore convalescente.
De nouvelles prévisions attendues cet été
Le Fonds monétaire international doit actualiser ses prévisions économiques mondiales au mois de juillet.
Ces nouvelles estimations permettront de mesurer plus précisément l’impact des tensions géopolitiques sur la croissance, l’inflation et les marchés financiers.
D’ici là, l’évolution de la situation au Moyen-Orient restera l’un des principaux facteurs surveillés par les économistes et les investisseurs à travers le monde.

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