Pétrole : la production de Glencore au Cameroun recule de 14% début 2026

Offshore oil platform in urban harbor, showcasing industrial scenery and oceanic platform structure.Photo : Paul Uchechukwu / Pexels

La production pétrolière attribuable à Glencore au Cameroun a poursuivi son érosion au premier trimestre 2026. Selon le rapport trimestriel diffusé le 30 avril par le négociant suisse, le volume revenant effectivement au groupe s’est limité à 36 000 barils sur la période janvier-mars, contre 42 000 barils un an plus tôt. Le recul atteint 14% en glissement annuel, confirmant une tendance baissière déjà observée sur les derniers exercices.

Un actif camerounais en déclin structurel

Le Cameroun figure parmi les actifs pétroliers non opérés de Glencore, catégorie qui regroupe également les participations en Guinée équatoriale. Sur l’ensemble de ce portefeuille, la production attribuable au trader zougois s’est établie à 739 000 barils équivalent pétrole entre janvier et mars 2026, contre 883 000 un an auparavant. La contraction globale, de 16%, illustre la difficulté du groupe à enrayer le vieillissement de ses gisements offshore en Afrique centrale.

En base brute, c’est-à-dire avant répartition entre les partenaires de la coentreprise, la production camerounaise affiche un visage moins dégradé. Elle ressort à 147 000 barils sur le trimestre, contre 151 000 barils au premier trimestre 2025. Le tassement se limite à 3% sur un an, mais grimpe à 6% par rapport au quatrième trimestre 2025, lorsque les puits avaient livré 156 000 barils. L’écart entre la baisse brute et la baisse attribuable suggère une évolution des termes contractuels ou de la part revenant au partenaire suisse.

Le déclin naturel des champs en cause

Le rapport ne livre aucune explication spécifique au cas camerounais. Glencore avance toutefois une justification d’ordre général pour l’ensemble de ses actifs non opérés : le déclin naturel des champs, phénomène inéluctable qui touche les gisements matures à mesure que la pression des réservoirs s’amenuise. Cette dynamique frappe particulièrement les bassins sédimentaires du golfe de Guinée, où l’exploitation remonte à plusieurs décennies et où les nouveaux investissements peinent à compenser l’épuisement des structures historiques.

Le négociant relève néanmoins une amélioration séquentielle de son portefeuille non opéré, en progression de 22% par rapport au trimestre précédent. Cette embellie technique tient à l’achèvement de travaux de réparation sur des installations situées en aval, intervenus au second semestre 2025. Ce type d’incident, qui pèse mécaniquement sur les volumes remontés, illustre la fragilité opérationnelle des chaînes de production vieillissantes et la nécessité d’arbitrages permanents entre maintenance et rentabilité.

Un poids résiduel dans le portefeuille du trader suisse

La position du Cameroun dans la cartographie pétrolière de Glencore continue de se marginaliser. Avec 36 000 barils attribuables sur le trimestre, le pays ne représente plus que 4,9% du portefeuille non opéré du groupe. La Guinée équatoriale, créditée de 703 000 barils équivalent pétrole, capte l’essentiel des volumes et conforte son statut de pivot régional pour le négociant helvétique. L’écart entre les deux juridictions s’est creusé au fil des trimestres, alimentant les interrogations sur l’horizon économique des participations camerounaises.

Cette trajectoire intervient dans un contexte fiscal sensible. Glencore a indiqué en mai 2026 avoir versé 18,5 milliards de FCFA aux autorités camerounaises sur deux ans, dont moins de 5 milliards au titre de l’impôt sur le revenu. Le recul des volumes produits, s’il se confirme dans les prochains trimestres, pèsera mécaniquement sur les contributions futures du groupe au budget de l’État, à l’heure où Yaoundé cherche à sécuriser ses recettes d’hydrocarbures face à la maturité avancée de ses bassins. La Société nationale des hydrocarbures (SNH) avait déjà signalé, à fin septembre 2025, une chute de 31% de la production attribuable à Glencore.

Reste que le pays demeure un acteur secondaire mais réel dans la stratégie africaine du trader. La capacité du groupe à maintenir un niveau minimal de production conditionnera la pertinence de son maintien dans le pays, dans un secteur où les arbitrages de portefeuille s’accélèrent sous la pression des cours et des exigences de retour sur capital. Selon Investir au Cameroun.

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Moussa Kéita
Spécialiste des matières premières et de la transition énergétique, Moussa Kéita suit les filières pétrolières, gazières et minières africaines. Il s'intéresse particulièrement à la gouvernance des ressources extractives, aux nouveaux projets d'hydrogène vert et aux tensions géopolitiques autour des minerais stratégiques comme le cobalt et le lithium.

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