Bassirou Diomaye Faye continue de dérouler son agenda de consultations au sommet de l’État. Le président sénégalais a reçu au Palais de la République un septième ancien Premier ministre, prolongeant ainsi une séquence d’audiences entamée avec les chefs de gouvernement qui se sont succédé sous les présidences précédentes. L’initiative, peu commune sous les mandats antérieurs, vise à recueillir l’expérience institutionnelle de figures ayant exercé la fonction de coordination de l’action gouvernementale.
Une méthode de consultation devenue routine présidentielle
Depuis son arrivée au pouvoir en avril 2024, le successeur de Macky Sall a multiplié les signaux d’ouverture envers les responsables politiques de tous bords. La série d’audiences accordées aux anciens chefs de gouvernement traduit une volonté affichée de bâtir des passerelles, malgré le discours de rupture qui a porté la coalition Diomaye-Sonko au pouvoir. Chaque entretien, organisé dans l’enceinte du Palais, se conclut généralement par une déclaration brève de l’invité à la presse présidentielle.
Ces rendez-vous ne sont pas anodins sur le plan symbolique. Le Sénégal a connu, depuis l’indépendance, une vingtaine de Premiers ministres, dont certains ont marqué durablement la conduite des affaires publiques. En consultant individuellement ces personnalités, Bassirou Diomaye Faye se ménage un accès direct à la mémoire administrative et politique de l’appareil d’État, au-delà des clivages partisans qui structurent la scène nationale.
Un signal politique adressé à l’opposition et aux partenaires
La démarche présidentielle intervient dans un contexte tendu, marqué par la reddition des comptes engagée contre plusieurs cadres de l’ancien régime et par la préparation de réformes institutionnelles d’ampleur. En recevant successivement sept anciens Premiers ministres, le chef de l’État cherche à désamorcer l’image d’un pouvoir replié sur sa majorité et à reconstituer un dialogue avec des figures qui conservent une influence dans l’administration, les partis et les réseaux économiques.
Les observateurs de la vie politique dakaroise relèvent que ces audiences servent également de baromètre. Elles permettent au Palais de mesurer la disponibilité de personnalités expérimentées pour accompagner, à titre consultatif, certains chantiers de l’exécutif. Plusieurs anciens locataires de la Primature ont, à l’issue de leur entretien, salué la qualité des échanges sans pour autant prendre d’engagement public envers la majorité au pouvoir.
L’exercice n’est pas sans précédent en Afrique de l’Ouest, mais sa systématisation au Sénégal singularise la séquence ouverte par Bassirou Diomaye Faye. Au Bénin, en Côte d’Ivoire ou au Mali, des consultations comparables ont déjà été organisées dans des phases de transition ou de réorientation stratégique. Dakar paraît s’inspirer de ces modèles tout en y imprimant sa propre cadence.
Un agenda institutionnel chargé pour le chef de l’État
Au-delà du symbole, ces audiences mobilisent un temps présidentiel précieux, à l’heure où plusieurs dossiers exigent l’arbitrage du chef de l’État. La renégociation de contrats miniers et pétroliers, la réforme de la justice, le pilotage de la dette publique et la préparation du prochain exercice budgétaire occupent simultanément l’attention de l’exécutif. Le maintien du rythme des consultations témoigne de la place accordée par le Palais à la dimension politique de la gouvernance.
Reste à savoir si ce cycle d’entretiens débouchera sur des décisions tangibles. Plusieurs hypothèses circulent à Dakar : création d’un cadre informel de concertation, nomination d’anciens Premiers ministres dans des missions ponctuelles, ou simple capitalisation discrète de leurs conseils. Le Palais n’a, à ce stade, communiqué aucune feuille de route formalisée à l’issue des audiences déjà tenues.
La séquence devrait se poursuivre dans les prochaines semaines, d’autres anciens chefs de gouvernement étant attendus au Palais. Le président sénégalais entend ainsi compléter son tour d’horizon avant d’éventuelles inflexions de sa méthode de gouvernement. Selon Seneweb, ce septième entretien confirme la régularité d’une démarche désormais identifiée comme une marque du quinquennat en cours.
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