Botswana, Maroc, Tanzanie… l’Afrique séduit de plus en plus les investisseurs miniers

L’Afrique continue d’attirer les regards des investisseurs miniers internationaux. Riche en or, cuivre, cobalt, nickel ou encore lithium, le continent possède une part essentielle des ressources stratégiques nécessaires à la transition énergétique mondiale. Mais au-delà de la richesse du sous-sol, les groupes miniers scrutent désormais avec attention la stabilité politique, la qualité des infrastructures et la prévisibilité des règles fiscales avant d’engager des milliards de dollars dans de nouveaux projets.

C’est tout l’enjeu du classement annuel publié par le Fraser Institute, l’une des références mondiales du secteur extractif. Dans son enquête 2025 sur l’attractivité des investissements miniers, le centre de recherche a évalué 68 juridictions à travers le monde, dont 14 pays africains, en s’appuyant sur les réponses de 256 dirigeants et responsables de sociétés minières.

L’étude combine deux critères majeurs : le potentiel géologique et la perception des politiques publiques. Une méthode qui illustre une réalité bien connue de l’industrie minière : disposer de ressources naturelles ne suffit pas à séduire les investisseurs. Comme le rappelle Elmira Aliakbari, directrice du Centre for Natural Resource Studies du Fraser Institute, « un cadre réglementaire solide, associé à une fiscalité compétitive, rend une juridiction attractive pour les investisseurs ».

Le Botswana s’impose cette année comme le meilleur élève africain. Le pays atteint la 7e place mondiale avec un score de 85,99 sur 100, en forte progression par rapport à l’année précédente. Cette performance s’explique par une stabilité politique reconnue, un cadre réglementaire relativement prévisible et des infrastructures jugées plus fiables que dans de nombreuses autres économies africaines. Le Botswana bénéficie également d’une longue expérience dans la gestion de son industrie diamantifère, devenue un modèle de stabilité sur le continent.

Le Maroc confirme lui aussi sa montée en puissance dans le secteur minier africain. Classé 15e au niveau mondial avec un score de 78,97, le royaume gagne plus de quatre points en un an. Les investisseurs saluent notamment l’amélioration du climat des affaires et la perception plus favorable du potentiel géologique du pays, même si certaines réserves subsistent concernant l’accès aux données géologiques et l’efficacité du système judiciaire.

L’Afrique de l’Est affiche également des progrès notables. La Tanzanie grimpe à la 34e place mondiale et devient la quatrième juridiction africaine la plus attractive pour les investisseurs miniers. Le pays bénéficie de ressources importantes en or, nickel et minerais stratégiques indispensables aux technologies bas carbone. Cette progression reflète une amélioration progressive de la perception de l’environnement d’investissement par les acteurs du secteur.

Derrière ces bons résultats, plusieurs autres pays africains tentent de tirer leur épingle du jeu. La République démocratique du Congo reste incontournable grâce à ses immenses réserves de cobalt et de cuivre. Le Ghana demeure un poids lourd de la production aurifère africaine, tandis que la Namibie, l’Angola ou encore la Guinée continuent d’attirer les groupes internationaux.

Mais le rapport souligne aussi les fragilités persistantes du continent. Dans plusieurs pays, l’incertitude réglementaire, les risques politiques ou les difficultés logistiques freinent encore les investissements. Le Ghana, malgré son statut de premier producteur d’or africain, recule ainsi à la 53e place mondiale. Les dirigeants interrogés pointent notamment des inquiétudes liées à la stabilité des politiques minières et à la prévisibilité du cadre réglementaire.

Cette question de la gouvernance devient centrale à l’heure où la compétition mondiale pour les minerais critiques s’intensifie. Les besoins explosent sous l’effet du développement des véhicules électriques, des batteries, des infrastructures énergétiques et des technologies numériques. Lithium, graphite, cuivre ou nickel sont désormais considérés comme des ressources stratégiques par les grandes puissances industrielles.

Dans ce contexte, l’Afrique apparaît comme un acteur incontournable de la nouvelle économie mondiale des matières premières. Mais pour transformer cet avantage géologique en moteur durable de croissance, les États africains devront relever plusieurs défis : améliorer le climat des affaires, sécuriser les investissements et développer davantage la transformation locale des ressources afin de créer plus de valeur sur le continent.

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