La Société des pétroles du Sénégal (PETROSEN) serait confrontée à une échéance financière particulièrement lourde. D’après une information rendue publique par le journaliste et éditorialiste Madiambal Diagne, un groupement de créanciers réclamerait à la compagnie pétrolière nationale le règlement d’une créance de 165 milliards de FCFA, avec une date butoir fixée au 27 mai. La somme, considérable au regard du bilan de l’entreprise publique, place Dakar face à un défi de trésorerie immédiat et soulève la question du soutien éventuel de l’État actionnaire.
Un ultimatum qui interroge la solidité financière de PETROSEN
Le montant évoqué représente une charge significative pour une compagnie qui, ces dernières années, a multiplié les engagements pour financer sa participation dans les grands projets gaziers et pétroliers du pays. PETROSEN détient en effet des parts dans les chantiers structurants Sangomar, exploité avec l’australien Woodside, et Grand Tortue Ahmeyim (GTA), opéré conjointement avec BP et Kosmos Energy à la frontière maritime avec la Mauritanie. Ces participations supposent des appels de fonds réguliers, généralement couverts par endettement.
L’ampleur de la créance réclamée laisse penser qu’il s’agirait d’un syndicat bancaire ou d’un pool d’établissements ayant accompagné le financement de ces actifs amont. Le caractère collectif de la démarche, évoqué par Madiambal Diagne, suggère une coordination des créanciers, mécanisme habituel lorsque les inquiétudes sur la capacité de remboursement d’un emprunteur se cristallisent. Reste à connaître la nature exacte des instruments concernés et les éventuelles garanties souveraines adossées à ces lignes.
Un contexte budgétaire sénégalais déjà tendu
L’affaire intervient dans une séquence économique délicate pour Dakar. Les nouvelles autorités, installées depuis l’arrivée au pouvoir de Bassirou Diomaye Faye et de son Premier ministre Ousmane Sonko, ont procédé à un audit des finances publiques dont les conclusions ont conduit à une dégradation marquée de la notation souveraine du pays par les agences internationales. La révision à la hausse des chiffres de la dette publique a refroidi une partie des investisseurs, accentuant le coût de refinancement des entités publiques sénégalaises.
Dans cet environnement, le moindre signal de tension sur une compagnie stratégique comme PETROSEN se diffuse rapidement auprès des prêteurs internationaux. La filière hydrocarbures était présentée, sous l’ancien exécutif, comme le futur moteur de la transformation économique du pays, avec des premières recettes effectivement perçues depuis le démarrage de Sangomar en 2024. Mais la cadence de montée en production et le partage de la rente font l’objet de débats internes qui retardent les arbitrages.
Pour les créanciers, la question centrale demeure la capacité de la compagnie à générer un flux de trésorerie suffisant pour honorer ses échéances sans appel systématique au budget de l’État. À défaut, une renégociation, voire une recapitalisation, pourrait s’imposer.
Une révélation qui s’inscrit dans un climat politique chargé
La sortie de Madiambal Diagne, figure médiatique connue pour ses prises de position critiques à l’égard du pouvoir en place, intervient dans un contexte de polarisation entre l’exécutif et une partie de la presse sénégalaise. L’éditorialiste avance des chiffres précis sans que la compagnie ou le ministère de tutelle n’aient, à ce stade, apporté de réponse publique détaillée. Le silence officiel alimente les spéculations sur la véracité du montant et sur l’identité des créanciers concernés.
Au-delà du bras de fer médiatique, l’épisode met en lumière la nécessité, pour les compagnies pétrolières nationales africaines, de renforcer la transparence sur leur structure de dette. Plusieurs homologues régionaux, de la SNPC congolaise à la SNH camerounaise, ont connu par le passé des épisodes comparables de tensions de trésorerie face à des syndicats bancaires. La gestion des engagements liés aux participations dans les blocs offshore constitue désormais un point de vigilance pour les agences de notation et les bailleurs multilatéraux.
L’échéance du 27 mai, si elle se confirme, sera scrutée comme un test grandeur nature de la signature financière de l’État sénégalais à travers son bras pétrolier. Selon Dakaractu.
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