Les investissements britanniques au Sénégal atteignent désormais 2 795 milliards de francs CFA, selon les données communiquées par l’ambassadrice du Royaume-Uni à Dakar, Carine Robarts. Cette enveloppe est portée par plus de cinquante entreprises britanniques actives dans le pays, couvrant un spectre sectoriel allant des hydrocarbures aux services financiers, en passant par les infrastructures et l’agro-industrie. La diplomate britannique a détaillé cette cartographie économique dans un entretien accordé à la presse sénégalaise, au moment où Londres cherche à repositionner ses intérêts commerciaux sur le continent africain.
Une empreinte britannique en progression sur le marché sénégalais
Le chiffre avancé par la représentante de la Couronne témoigne d’une densification progressive du tissu d’affaires britannique au Sénégal. Longtemps perçu comme un marché dominé par les acteurs français, l’écosystème économique dakarois attire désormais des opérateurs anglo-saxons dans des secteurs clés. Le pétrole et le gaz figurent parmi les moteurs de cette présence, notamment à travers les majors historiquement impliquées dans les projets offshore ouest-africains. Les services professionnels, le conseil et la finance complètent ce paysage.
La diversification des engagements britanniques répond à une lecture stratégique partagée à Londres depuis le Brexit. Privé du cadre communautaire européen, le Royaume-Uni multiplie les initiatives bilatérales pour consolider ses parts de marché hors du continent européen. L’Afrique de l’Ouest, et singulièrement le Sénégal, bénéficie de cette réorientation, porté par une stabilité institutionnelle relative et un pipeline de grands projets dans l’énergie, les transports et le numérique.
Hydrocarbures et énergie, socles de la relation bilatérale
Le démarrage de la production gazière au large des côtes sénégalo-mauritaniennes a placé les acteurs anglo-saxons au cœur de l’équation énergétique régionale. BP, opérateur du champ Grande Tortue Ahmeyim (GTA), incarne à lui seul une part significative de ce portefeuille britannique. Les premières livraisons de gaz naturel liquéfié issues du projet ont été annoncées début 2025, ouvrant une nouvelle séquence pour la balance commerciale sénégalaise. Autour de cette locomotive gravitent une constellation de sous-traitants, fournisseurs de services parapétroliers et cabinets d’ingénierie affiliés à la sphère d’affaires britannique.
Au-delà du gaz, les énergies renouvelables attirent également des capitaux venus de la City. Les instruments de financement climatique mobilisés par British International Investment, le bras financier du développement britannique, ont appuyé plusieurs opérations en Afrique subsaharienne ces dernières années. Dakar capte une fraction de ces flux, dans un contexte où la transition énergétique devient un axe partagé des agendas publics.
Un dialogue diplomatique tourné vers le commerce
L’activisme de l’ambassade britannique s’inscrit dans une logique de diplomatie économique assumée. Carine Robarts, arrivée à Dakar pour succéder à son prédécesseur, a fait du renforcement des échanges bilatéraux l’une de ses priorités affichées. Les missions commerciales, les forums d’affaires et les rendez-vous sectoriels se sont multipliés depuis deux ans, avec l’objectif de faire basculer la relation au-delà des seuls engagements diplomatiques traditionnels.
Cette dynamique rencontre les ambitions du nouveau pouvoir sénégalais. L’administration du président Bassirou Diomaye Faye, installée depuis avril 2024, a placé la souveraineté économique et la renégociation de certains contrats extractifs au cœur de son discours. Dans ce contexte, les partenaires étrangers doivent ajuster leur discours et leurs engagements contractuels. Les opérateurs britanniques ne font pas exception, même si leur implantation plus récente les expose moins aux procès en néocolonialisme économique que d’autres capitales européennes.
Reste que le chiffre de 2 795 milliards de francs CFA, s’il impressionne en valeur absolue, doit être relativisé au regard du stock d’investissements directs étrangers cumulés au Sénégal, largement dominé par les groupes français, marocains, chinois et émiratis. La marge de progression pour les capitaux britanniques demeure significative, notamment dans les infrastructures urbaines, l’économie numérique et l’agro-transformation. Les prochains mois diront si la dynamique impulsée par l’ambassade se traduit par de nouvelles annonces concrètes. Selon PressAfrik.
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