RDC : une ONG dénonce les transferts financiers d’une banque vers le Hezbollah

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Cinq transferts d’argent douteux de plusieurs milliers de dollars ont eu lieu en 2011 pour soutenir l’organisation terroriste du Hezbollah.

Le groupe d’enquêteurs américains dit avoir découvert qu’une banque congolaise autorisait des transferts d’argent vers des entreprises ou des particuliers finançant le Hezbollah. La banque BGFI étant l’une des plus prestigieuses du pays, appartenant au frère du président Joseph Kabila, serait indexée.

Dans un rapport d’une vingtaine de pages, les enquêteurs, membres d’une initiative financée par l’acteur George Clooney et l’activiste des droits de l’homme John Prendergast, dénoncent le fait que ces opérations financières aient pu avoir lieu alors que la banque savait, selon eux, que les destinataires des transferts d’argent sont sous le coup de sanctions américaines pour financement du terrorisme.

Un groupe d’enquêteurs de l’ONG américaine Enough Project font observer que les employés de la banque congolaise auraient alerté leurs supérieurs sur l’aspect problématique de ces opérations bancaires et averti leur hiérarchie de ces transferts d’argent qui étaient destinés entre autres à des filiales de l’entreprise Congo Futur, dirigée par l’un des frères de Kassim Tajideen. Ces transferts d’argent avaient pour destinataire des entreprises qui ont un lien avec Kassim Tajideen, un homme d’affaires belgo-libanais sous les sanctions du gouvernement américain depuis 2009.

Toujours dans ce rapport, les transactions bancaires ont continué. Et le gouvernement congolais aurait même conclu de nouveaux marchés avec l’entreprise Congo Futur malgré les sanctions qui la visent. Une société qui est aussi sous le coup de sanctions américaines depuis 2010 pour des accusations là encore de financement du terrorisme. Le problème, c’est que des entreprises, dont on sait qu’elles sont liées à des personnes qui financent le terrorisme, ont effectué des transferts d’argent à travers cette banque congolaise et ce, malgré des sanctions américaines visant ces entreprises.

Bien que le BGFI, de son côté, a publiquement démenti la véracité de ces accusations, le groupe d’enquêteurs américains appelle les Etats-Unis et l’Union européenne à émettre de nouvelles sanctions à l’encontre des responsables de cette banque pour avoir délibérément autorisé des transferts d’argent frauduleux.

Réagissant mardi à ce rapport de l’Ong américaine Enough Project, le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mendé a rappelé que cette banque n’est pas dirigée par le président, mais par son frère. Et que celui-ci ne bénéficie d’aucune immunité. Si Enough Project a des preuves que cette banque travaille avec des organisations terroristes ou réputées terroristes, il y a une procédure de dénonciation qu’elle peut lancer.

« Tous les jours, des rapports comme ça tombent, ça nous fatigue un peu »,S’il y a des faits répréhensibles qui sont reprochés à la BGFI Bank, qu’il y ait un frère du président ou pas dans BGFI Bank, soyez certain qu’il y aura des poursuites. Nous ne pouvons pas accepter qu’ici, en République démocratique du Congo, nous puissions servir de couverture à des activités criminelles», a-t-il fait observer.

Lire aussi : Le Congo Brazzaville s’en remet au FMI pour améliorer ses recettes

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William Tambwe
William Tambwe, chroniqueur et éditorialiste pour Africtelegraph.

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