Crise économique : toujours pas de titres fonciers pour les gabonais

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La crise qui impacte durement la zone CEMAC continue de faire des victimes dans une économie sous régionale peu intégrée. Et ultra dépendante de ses recettes pétrolières. Malgré un début de diversification économique au Gabon, les effets ne sont toujours pas ressentis par les populations. Des entreprises continuent de fermer. Seul le secteur du bois, s’en sort haut la tête.

Le secteur qui pourrait avoir un effet rapide et réel sur l’économie gabonaise est le foncier. Et l’attribution de titres fonciers aux gabonais. Certains pays ont bien compris la profondeur de la richesse que constitue les réserves foncières. Elle est tout simplement totalement inexploitée, et pas valorisée au Gabon. Alors qu’attend le gouvernement pour attribuer ces titres fonciers?

Il est prouvé que cela permettra de relancer le secteur de l’immobilier, qui est en déliquescence actuellement. Les investisseurs ont arrêté de mettre de l’argent dans la construction d’immeubles. L’état qui était l’un des principaux bailleurs à du mal à payer ses dettes. Et les entreprises ne peuvent plus se permettre de payer des loyers exorbitants. En 2012, il fallait déjà plus de 180 jours pour attribuer des titres fonciers. En 2017, cette durée ne s’est guère améliorée. Et s’est peut être aggravée…

Jusqu’à 5 points de PIB inexploités

Le Gabon pourrait gagner jusqu’à 5% de PIB, rien qu’en attribuant à tous les demandeurs, leurs titres fonciers. C’est pourquoi il faut désormais attribuer des parcelles aux particuliers gabonais. Ils ont, pour beaucoup, de l’argent caché sous leur matelas. Et ils aimeraient l’investir. Et les banques sont prêtes à accorder des crédits aux titulaires de titres fonciers, pour les aider à construire leurs maisons. Dans une récente étude de la Banque Mondiale, un sondage a permis de mettre en place les priorités recherchées par les populations gabonaises. Et l’accès au titre foncier en est l’une des premières. Elle permet d’accorder un sentiment de sécurité, d’accomplissement pour beaucoup.

Plusieurs dizaines de milliards de recettes supplémentaires pour l’Etat!

L’attribution de ces titres fonciers permettra même à terme de lever des recettes supplémentaires par la création d’un impôt foncier. Plusieurs dizaines de milliards de francs CFA. En cette période d’assèchement des ressources financières, le Trésor Public ne rechignera pas dessus. Et pourquoi chercher à construire pour les autres, alors que les gabonais eux mêmes cherchent des terrains pour construire leurs propres maisons, telles qu’ils l’imaginent, dans le respect du code de l’urbanisme?

Alors, oui il faut un plan d’aménagement urbain respecté. Oui il faut des brigades de l’urbanisme qui soient opérationnelles. Mais la tâche n’est pas impossible. Si les acteurs concernés sont mis sous pression, il y aura des résultats pour les gabonais, et des bénéfices pour l’Etat!

L’ANUTTC et le Tribunal ont été défaillants!

En outre, le Gabon est toujours très mal classé dans le Doing Business à cause en partie de l’attribution de parcelle et de la sécurisation des titres fonciers quasi-impossible. Elle nécessite trop souvent de graisser la patte des agents, à chaque étape du processus: dans les ministères, dans les agences et même au tribunal pour obtenir le jugement définitif. Malheur à celui qui ne s’y conforme pas, son dossier sera gardé au chaud dans un tiroir plusieurs années… Car oui, tout un ministère a été suspendu pour corruption. Mais les mentalités restent difficiles à changer, et certains se croient toujours intouchables.

Faut-il y avoir de l’espoir avec l’arrivée d’un jeune nouveau Directeur Général à l’ANUTTC? Non. Si ce dernier n’a pas le soutien total du gouvernement, et une feuille de route claire, Oliver NANG EKOME ne pourra pas changer ce système mafieux, qui mène la vie dure au gabonais.

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About the Author

Prosper
Prosper possède 15 ans d'expérience dans le journalisme. Il a précedemment travaillé pour le journal le Républicain et Le Scorpion Akéklé à Lomé. Devant la montée en force de la presse en ligne et la chute des presses traditionnelles, il décide de monter le site d'information en ligne AfricTelegraph en 2015 et s'installe au Gabon.

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