L’accord conclu entre la Côte d’Ivoire et le Fonds monétaire international (FMI) au titre de la sixième revue du mécanisme élargi de crédit (MEDC) confirme la solidité de la coopération financière entre Abidjan et l’institution de Bretton Woods. Conclu au niveau des services, ce compromis doit encore être entériné par le conseil d’administration du FMI avant tout décaissement effectif. Il intervient dans un contexte où la première économie de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) cherche à consolider ses équilibres macroéconomiques tout en préservant son rythme d’investissement public.
Un programme charnière pour la stabilité macroéconomique ivoirienne
Le programme appuyé conjointement par le mécanisme élargi de crédit et la facilité élargie de crédit avait été approuvé par le conseil d’administration du FMI en 2023, pour une enveloppe globale dépassant trois milliards de dollars sur quarante mois. Il vise à reconstituer les marges budgétaires érodées par les chocs successifs liés à la pandémie, à la guerre en Ukraine et au resserrement monétaire mondial. La sixième revue marque ainsi une étape avancée dans la mise en œuvre de ce dispositif, dont l’objectif central reste le retour à un déficit public conforme à la norme communautaire de 3 % du produit intérieur brut.
Pour Abidjan, l’enjeu dépasse la seule mécanique des décaissements. Le sceau du FMI fonctionne comme un signal envoyé aux marchés internationaux, alors que la Côte d’Ivoire a multiplié ces dernières années les émissions sur les marchés financiers, notamment en eurobonds. Conserver la confiance des investisseurs internationaux conditionne le coût de la dette, dans un environnement où les primes exigées sur les signatures africaines demeurent élevées.
Discipline budgétaire et soutenabilité de la dette
La conclusion de cette revue suppose que les autorités ivoiriennes ont satisfait aux principaux critères quantitatifs et structurels fixés par le programme. Parmi les axes habituellement scrutés figurent la mobilisation des recettes intérieures, la maîtrise de la masse salariale et la rationalisation des dépenses fiscales. Le ministère des Finances et celui du Plan poursuivent en parallèle une réforme de l’administration fiscale destinée à élargir l’assiette, jugée encore trop étroite au regard du potentiel économique du pays.
La trajectoire de la dette publique constitue l’autre point de vigilance. Si elle reste considérée comme soutenable par le FMI, son rythme d’accumulation impose une gestion fine du calendrier de remboursement. Les arbitrages portent notamment sur le dosage entre financement concessionnel, recours au marché régional de l’UEMOA et émissions internationales. Le gouvernement ivoirien a, par ailleurs, ouvert plusieurs chantiers liés à la gouvernance des entreprises publiques, considérées comme un facteur de risque budgétaire latent.
Une signature scrutée à l’échelle régionale
L’accord technique avec le FMI intervient alors que plusieurs pays voisins négocient ou renégocient leurs propres dispositifs avec l’institution. La Côte d’Ivoire, qui pèse environ 40 % du PIB de l’UEMOA, joue un rôle d’ancrage pour la zone franc. Sa capacité à tenir un programme exigeant sans heurter sa croissance, attendue au-dessus de 6 % cette année, est observée de près par les bailleurs comme par les agences de notation.
Reste à connaître le calendrier précis de l’examen par le conseil d’administration du FMI, qui devrait se prononcer dans les prochaines semaines. Une approbation déclencherait le versement de la tranche associée à cette sixième revue, renforçant les réserves budgétaires à l’approche d’échéances de financement importantes. Les autorités ivoiriennes devront, dans le même temps, articuler la poursuite du programme avec les priorités politiques nationales, notamment les engagements pris en matière d’infrastructures et de protection sociale.
À ce stade, la communication officielle insiste sur la convergence de vues entre les équipes du FMI et le gouvernement, gage de prévisibilité pour les partenaires économiques du pays. Selon Abidjan.net, l’accord au niveau des services scelle l’aboutissement des discussions menées dans le cadre de cette sixième revue.
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