La déclaration de Samuel Eto’o en faveur de Gianni Infantino intervient à un moment où la gouvernance du football mondial fait l’objet d’une attention renouvelée sur le continent africain. Président de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot) depuis décembre 2021, l’ancien attaquant vedette des Lions indomptables a indiqué qu’il voterait pour l’actuel patron de la Fédération internationale de football association (FIFA). L’annonce, publique et sans ambiguïté, positionne clairement le Cameroun dans le camp du président sortant.
Un soutien qui consolide l’axe Yaoundé-Zurich
Le geste politique n’a rien d’anodin. Samuel Eto’o s’est imposé, depuis son accession à la tête de la Fecafoot, comme l’une des voix les plus écoutées du football africain, cultivant une relation de proximité assumée avec Gianni Infantino. Le dirigeant helvético-italien, élu à la présidence de la FIFA en 2016 puis reconduit à Paris en 2023, a fait de son influence sur les fédérations africaines un pilier de sa stratégie électorale. Le ralliement affiché du président de la Fecafoot vient donc renforcer un dispositif déjà largement favorable à Zurich sur le continent.
Pour l’ancien buteur du Barça et de l’Inter Milan, ce positionnement n’est pas sans logique. La FIFA a multiplié ces dernières années les initiatives en direction du football africain, qu’il s’agisse de l’élargissement du format de la Coupe du monde à quarante-huit équipes à partir de 2026, du renforcement des programmes Forward de développement, ou encore de la valorisation des tournois de clubs. Le Cameroun, qui a accueilli la Coupe d’Afrique des nations en 2022, entend continuer à jouer un rôle central dans l’architecture continentale.
La Confédération africaine en toile de fond
Derrière le soutien à Infantino se dessine aussi la question du leadership au sein de la Confédération africaine de football (CAF). Depuis l’élection du Sud-Africain Patrice Motsepe à la tête de l’instance en mars 2021, avec l’appui explicite de la FIFA, l’équilibre entre Zurich et le Caire s’est nettement redessiné. Samuel Eto’o, dont les relations avec certaines fédérations voisines ont parfois été tendues, sait qu’un alignement clair sur Gianni Infantino lui garantit une écoute privilégiée dans les arbitrages continentaux.
Cette proximité n’a pas été sans frictions internes. Le président de la Fecafoot a dû composer avec des critiques récurrentes au Cameroun, portant sur sa gestion du sélectionneur, sur les résultats sportifs des Lions indomptables ou sur ses interventions publiques. Reste que sa stature internationale, forgée par une carrière de joueur exceptionnelle, lui confère une capacité de mobilisation que peu de dirigeants africains peuvent revendiquer.
Un vote symbolique dans un contexte africain fragmenté
Le poids réel du vote camerounais dépasse la simple arithmétique. Chaque fédération dispose d’une voix au congrès de la FIFA, mais les prises de position publiques d’une figure comme Samuel Eto’o produisent un effet d’entraînement. Elles envoient un signal aux autres associations nationales, en particulier dans les zones francophones et lusophones du continent, où les alignements sont scrutés avec attention. Le Cameroun est l’un des poids lourds sportifs du continent, cinq fois vainqueur de la CAN et régulièrement qualifié pour la Coupe du monde.
Par ailleurs, la déclaration s’inscrit dans une séquence où Gianni Infantino cherche à sécuriser ses appuis en amont des prochaines échéances institutionnelles. Le président de la FIFA a multiplié les déplacements sur le continent africain et les rencontres avec les dirigeants de fédérations. Un soutien nominatif venu de Yaoundé pèse davantage qu’un ralliement anonyme au sein d’un congrès.
Concrètement, la sortie d’Eto’o clôt toute spéculation sur une éventuelle défection camerounaise. Elle intervient alors que la FIFA prépare des chantiers structurants pour le football africain, du calendrier international à la répartition des revenus commerciaux liés au Mondial 2026 organisé conjointement par les États-Unis, le Canada et le Mexique. Selon Seneweb, le président de la Fecafoot a formulé son engagement en des termes dépourvus d’ambiguïté.
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