Gabon / Régis Immongault : « Les 200 millions de dollars servent à payer le solde auprès des créanciers du Club de Paris en 2008 »

Régis ImmongaultRégis Immongault

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Le Gabon a procédé avec succès le 07 aout 2017, à une opération d’emprunt obligataire international pour un montant de 200 millions de dollars.

Pour le ministre de l’Economie Régis immongault, la finalisation de cette émission traduit la confiance des experts économiques et financiers internationaux à la capacité de l’économie gabonaise à surmonter à moyen terme les difficultés conjoncturelles auxquelles elle fait face dans un contexte international marqué par plusieurs incertitudes.

L’emprunt obligataire a mobilisé des fonds pour combler le déficit budgétaire 2017, de l’ordre de 148,5 milliards de francs CFA par rapport à 2016. En janvier dernier, les obligations à cinq ans affichaient un rendement de 5,74% contre 7,12% en janvier 2016 et 6,5% en juin 2016. Le ministre de l’Economie fait savoir que cet emprunt obligataire s’est opéré dans un contexte difficile et qui n’est pas traditionnellement propice.

Malgré que le taux d’intérêt est de 6,5% pour une maturité de 6 ans, il s’est exprimé en ces termes : « Je suis heureux que l’opération se soit bien déroulée, surtout qu’il n’y a pas longtemps, avec la forte dégradation de la notation souveraine de la dette gabonaise par l’agence Moody’s, l’obligation gabonaise sur le marché secondaire se vendait en dessous du pair ».

Régis Immongault a, en outre, précisé que cette nouvelle émission prévue dans la LFR 2017 n’a aucun impact haussier sur l’endettement. Les Fonds levés servent à payer le solde de l’emprunt obligataire de 2007, emprunt qui avait permis de réaliser l’opération de buy back auprès des créanciers du Club de Paris en 2008.

Cet emprunt rentre dans la stratégie d’endettement du Gabon et a été pris en compte dans le cadrage arrêté avec le FMI. Il s’agit d’un nouvel emprunt obligataire qui doit permettre d’envisager sereinement le bouclage des opérations financières pour l’année 2017 et pour lesquelles des échéances importantes sont prévues.

Plus particulièrement, dans le cadre du programme avec le FMI, compte tenu des contraintes qu’impose l’environnement international sur les finances publiques, Il avait été arrêté le principe d’un refinancement de l’emprunt échéance 2017. « Le taux d’intérêt de l’émission obligataire effectuée en 2007 (pour 10 ans) était de 8,20% et la présente est à 6,85% : Il s’agit donc d’une opération de gestion active des engagements (liability management) », a-t-il rappelé.

Tout en insistant que lesdites ressources seront exclusivement dédiées à cet engagement. Elles ne sont pas destinées au financement des charges de fonctionnement de l’Etat. Une opération, selon Régis Immongault, qui n’a aucun effet haussier sur la dette publique.

En définitive, le ministre de l’Economie est d’avis que c’est un signal fort que le gouvernement perçoit de persévérer dans la mise en œuvre des réformes économiques et financières avec l’appui des partenaires au développement, afin d’augmenter la résilience de l’économie.

Pour M. Immongault, ce sont les réponses pertinentes à toutes les interrogations qui ont permis de convaincre les marchés surtout avec l’aide des messages rassurants du FMI. Ce qui s’est traduit par une souscription de l’ordre de trois fois le montant recherché. Plus précisément pour un montant recherché de 200 millions de dollars, les investisseurs ont proposé 600 millions de dollars. Un motif de satisfaction qui lui a permis de donner raison au président de la République Ali Bongo Ondimba qui, très tôt, a instruit le gouvernement pour la mise en place d’un Plan de relance économique (PRE) et d’accélérer les réformes structurelles indispensables pour notre économie.

Il convient de souligner que l’emprunt obligataire de 200 millions de dollars rentre dans le cadre de la stratégie de soutenabilité de la dette arrêtée avec le Fonds monétaire international, relativement à la mise en œuvre du PRE.

Du point de vue technique, l’opération a consisté à la réouverture du titre gabonais échéance 2025 pour un montant de 200 millions de dollars. Les nouveaux titres sont fongibles dans la souche existante et porteront donc également un coupon de 6,95%. Mais le succès de la présente émission tient de ce que contrairement à l’émission initiale de 2015 (-émission au pair-), elle s’est faite à un rendement inférieur, soit 6,85%.

Faut-il rappeler que le besoin de financement identifié était de 200 millions de dollars, en relation avec l’encours de l’emprunt obligataire 2007 échéance 2017. Ce qui justifie l’autorisation parlementaire pour ce montant qui a été tenu en compte au cours de cette opération qui avait commencé avec une campagne d’échange avec les principaux investisseurs pour leur présenter les développements économiques et financiers récents, ainsi que les axes stratégiques de la politique économique et sociale mise en œuvre au Gabon.

Suivie d’une procédure rigoureuse d’analyse du Gabon par des cabinets juridiques et des spécialistes des questions économiques et financières sur tous les aspects de la vie politique, économique, sociale et judiciaire.

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